Venezuela : Macron « se soumet » à Trump, accuse Villepin
Selon l'ex-Premier ministre, le président "a préféré ne pas surréagir" craignant "d'irriter" son homologue américain "car il a le sentiment de devoir mener le combat de l'Ukraine"

L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a accusé dimanche Emmanuel Macron de se « soumettre » aux États-Unis de Donald Trump avec sa réaction « irresponsable » à la capture du dictateur vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines.
« Emmanuel Macron se soumet », a estimé de Villepin sur BFMTV, en dénonçant une « logique de soumission et de vassalisation » de la France.
Selon lui, le président français « a préféré ne pas surréagir, puisqu’il a craint à un moment donné d’irriter Donald Trump, en raison de la décision américaine d’intervenir à Caracas, car il a le sentiment de devoir mener un combat qui, pour lui, est plus important : le combat de l’Ukraine. Et donc, il a choisi sa cible. Ce qu’il ne comprend pas, ce qui lui échappe, c’est que tous ces sujets sont aujourd’hui liés. Ne pas réagir à ce qui se passe au Venezuela, c’est s’affaiblir dans la négociation sur l’Ukraine », a-t-il développé.
Samedi, le chef de l’État a dit « prendre acte » de la fin du régime de Nicolas Maduro, sans évoquer les attaques américaines ayant abouti à la capture du dictateur vénézuélien.
Cette prise de position a suscité de nombreuses critiques au sein de la classe politique française, surtout à gauche.
Une réaction « aveugle, inconsciente des réalités et irresponsable en ce qui concerne l’avenir de notre pays et l’avenir de l’Europe », selon de Villepin dimanche.
The Venezuelan people are today rid of Nicolás Maduro’s dictatorship and can only rejoice.
By seizing power and trampling on fundamental freedoms, Nicolás Maduro gravely undermined the dignity of his own people.
The upcoming transition…
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) January 3, 2026
« La première chose que devraient faire les Européens, c’est de marquer clairement ce qui est inacceptable pour nous dans la décision américaine et de se doter de leviers. C’est une urgence absolue […] C’est l’inverse de ce qu’a fait Emmanuel Macron hier soir », a encore jugé l’ancien ministre des Affaires étrangères sur BFMTV.
« Nous sommes en train de nier notre propre identité historique », a martelé celui qui s’était fait remarquer en 2003, alors qu’il était chef de la diplomatie de Jacques Chirac, par son discours à l’ONU contre la guerre en Irak engagée par les États-Unis de George W. Bush, et qui ne cache pas ses ambitions présidentielles pour 2027.







