Victimes d’une brouille diplomatique, des Israéliens rentrent enfin du Maroc
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Victimes d’une brouille diplomatique, des Israéliens rentrent enfin du Maroc

Le groupe a quitté le Maroc mercredi en direction de Paris, puis a pris un avion privé du couple milliardaire américain Sheldon et Miriam Adelson afin de rentrer en Israël

Des citoyens israéliens arrivent à l'aéroport Ben Gurion de retour d'un voyage au Maroc en pleine épidémie de coronavirus. (Capture d'écran : Twitter)
Des citoyens israéliens arrivent à l'aéroport Ben Gurion de retour d'un voyage au Maroc en pleine épidémie de coronavirus. (Capture d'écran : Twitter)

Jeudi matin, un groupe de 26 Israéliens a atterri à l’aéroport Ben Gurion. Ils ont finalement été rapatriés du Maroc après une brouille diplomatique qui a duré plusieurs semaines en pleine crise du coronavirus.

Le groupe a quitté le Maroc mercredi soir en direction de la France sur un vol de rapatriement français Casablanca-Paris. Ils ont ensuite embarqué à bord d’un avion privé appartenant aux milliardaires américains Sheldon et Miriam Adelson, a rapporté le journal Israel Hayom.

Le journal, possédé par Sheldon Adelson, a fait savoir que l’élu du Likud Nir Barkat avait contacté le couple Adelson pour lui demander de l’aide afin de rapatrier des voyageurs israéliens dans le pays.

Sur son compte Twitter, Nir Barkat a remercié M. Netanyahu pour son « aide » ainsi que les milliardaires américains Miriam et Sheldon Adelson, soutiens affichés du président américain Donald Trump, pour avoir prêté leur avion privé.

Des images mises en ligne par M. Barkat montrent des personnes débarquant à l’aube d’un avion, le visage barré de masque sanitaire ou protégé par une visière en plastique, tenant deux banderoles, l’une remerciant les Adelson et l’autre le roi du Maroc, Mohammed VI.

« L’affaire a été gérée par des responsables et des réseaux secrets, et sous la responsabilité directe du conseil de sécurité nationale dépendant du Premier ministre » Netanyahu, a dit à l’AFP une source proche de Nir Barkat. Sollicité par l’AFP, le bureau de M. Netanyahu n’a pas souhaité commenter.

Selon la Treizième chaîne, au début de l’épidémie mondiale, Israël aurait contacté le gouvernement marocain et commencé à coordonner les efforts pour rapatrier les Israéliens coincés dans le royaume.

L’initiative avait néanmoins été abandonnée après que le ministre des Affaires étrangères Israel Katz eut tweeté qu’il était entré en contact avec la communauté juive au Maroc pour permettre le départ des citoyens bi-nationaux du Maroc et d’Israël.

Les autorités marocaines ont souvent mis en avant la tradition de tolérance du pays et se sont efforcés de restaurer les synagogues et les cimetières juifs. Comme la majorité des États arabes, le Maroc n’entretient pas de relations diplomatiques officielles avec Israël, mais des Juifs israéliens s’y rendent chaque année pour voir le pays de leurs ancêtres, célébrer des fêtes religieuses et faire des affaires – certains présentant à l’entrée des passeports français ou autres, ce qui complique la compilation de données précises sur ces voyageurs.

Des officiels marocains auraient été scandalisés par le tweet de Katz, qu’ils ont jugé vexant. Ils ont donc refusé de laisser les Israéliens quitter le pays sur un vol commercial ou privé.

Les voyageurs israéliens ont commencé à manquer d’argent. Ils ont été hébergés dans les maisons de membres de la communauté juive à Casablanca et des hôtels de Marrakech, payés par le gouvernement marocain, selon un reportage de la Radio de l’armée le mois dernier.

Le ministre des Affaires étrangères Israel Katz à un meeting du Likud, à Safed, le 24 février 2020. (Crédit : David Cohen/FLASH90)

Début mai, les négociations entre les gouvernements israélien et marocain ont repris. C’est l’homme d’affaires israélo-marocain Ilan Khatuel qui a chapeauté les discussions, devenant le responsable de facto des Israéliens coincés au Maroc, avec l’aide d’un homme appelé « Maoz » par la Treizième chaîne. « Maoz » est le chef des relations avec le monde arabe au sein du Bureau du Premier ministre. Les Israéliens ont fini par être autorisés à rentrer chez eux.

« Malheureusement, nous n’avons pas de relation diplomatique avec le Maroc donc il fallait faire via des intermédiaires et des contacts », a dit à l’AFP Shimon Mercer-Wood, porte-parole de l’ambassade israélienne à Paris.

« On a demandé l’aide du Quai d’Orsay (le ministère français des Affaires étrangères) et ils étaient d’accord pour donner des places à des citoyens israéliens sur un vol de rapatriement français. Nous sommes très reconnaissants aux Français pour ça », a-t-il ajouté.

Le mois dernier, la Radio de l’armée avait rapporté que le gouvernement marocain avait refusé d’approuver un projet de rapatriement israélo-émirati.

Dans un rare geste d’amitié, les Émirats arabes unis auraient proposé d’envoyer un avion au Maroc pour faire rentrer les Israéliens piégés en proposant même de payer le vol conjoint. Mais Rabat avait refusé, soulignant qu’il était le seul responsable pour les Israéliens, sans toutefois proposer de solution alternative.

La communauté juive marocaine a été durement touchée par le virus.

Alors que de nombreux pays ont fermé leurs frontières aux étrangers par crainte de l’épidémie, le royaume est allé un cran plus loin, en interdisant à ses ressortissants de rentrer.

Le gouvernement marocain redoute un afflux de cas importés qui pourraient déborder le système hospitalier du pays. Jeudi, le pays a recensé 188 décès liés au coronavirus.

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