Viktorov : le conflit israélo-arabe déstabilise le Moyen-Orient, pas l’Iran
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Viktorov : le conflit israélo-arabe déstabilise le Moyen-Orient, pas l’Iran

Pour l'envoyé russe, Israël est l'agresseur quand il attaque des livraisons d'armes du Hezbollah, et pas de preuve que le groupe terroriste a creusé les tunnels sous la frontière

L'ambassadeur russe en Israël Anatoly Viktorov à l'ambassade russe de Tel Aviv, au mois de novembre 2019. (Crédit : Raphael Ahren/TOI)
L'ambassadeur russe en Israël Anatoly Viktorov à l'ambassade russe de Tel Aviv, au mois de novembre 2019. (Crédit : Raphael Ahren/TOI)

L’ambassadeur de Russie en Israël a déclaré mardi que c’est le conflit de l’Etat juif avec les Palestiniens et d’autres entités arabes qui déstabilise le Moyen-Orient, et non l’Iran.

L’ambassadeur Anatoly Viktorov a également accusé Israël d’être un agresseur pour avoir attaqué des cargaisons d’armes destinées au groupe terroriste Hezbollah soutenu par l’Iran, et a remis en question le fait que les tunnels découverts sous la frontière entre Israël et le Liban aient été creusés par l’organisation libanaise.

« Le problème dans la région n’est pas les activités iraniennes », a déclaré M. Viktorov au Jerusalem Post. « C’est un manque de compréhension entre les pays et le non-respect des résolutions de l’ONU dans le conflit israélo-arabe et israélo-palestinien ».

Se référant aux frappes aériennes en Syrie, attribuées à Israël, qui visaient des positions militaires iraniennes et des convois d’armes se dirigeant vers le Hezbollah, Viktorov a déclaré qu’Israël est responsable des violences.

« Israël attaque le Hezbollah, le Hezbollah n’attaque pas Israël », a-t-il dit, ajoutant qu’Israël ne devrait pas attaquer « les territoires des membres souverains de l’ONU ».

Viktorov a également rejeté l’idée selon laquelle Israël coordonne de telles attaques avec la Russie, affirmant que tout avertissement donné par Jérusalem à Moscou sur de telles attaques concerne la sécurité des forces russes en Syrie – là pour soutenir le régime alors qu’il réprime une guerre civile qui perdure.

Des colonnes de fumée à la suite d’une attaque aérienne israélienne présumée au sud de Damas, en Syrie, le 20 juillet 2020 (AFP)

« Il n’est pas question que nous approuvions des frappes israéliennes en Syrie, ni dans le passé, ni dans le futur », a-t-il souligné.

Israël dispose d’un canal de communication avec la Russie pour empêcher les militaires des deux pays de s’affronter dans l’arène syrienne. Cependant, en 2018, la Russie a blâmé Israël lorsque les défenses aériennes syriennes ont accidentellement abattu un avion russe lors d’un raid aérien, tuant les 15 membres d’équipage.

Israël, qui admet rarement mener les frappes, poursuit une campagne déterminée visant à empêcher les combattants soutenus par l’Iran de prendre pied en Syrie.

La campagne a comporté des milliers de frappes aériennes sur des cibles liées à l’Iran et sur des convois d’armes présumés, selon des informations et des témoignages de responsables s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

Concernant les tunnels découverts par l’armée israélienne l’année dernière sous la frontière nord et qui, selon Tsahal, ont été creusés par le Hezbollah en préparation d’un futur assaut majeur sur le pays, Viktorov a déclaré qu’il n’y avait « aucune preuve que le Hezbollah ait creusé ces tunnels ».

Tsahal révèle ce qu’il a dit être le plus long tunnel d’attaque transfrontalier creusé par le Hezbollah depuis le Liban vers Israël, le 29 mai 2019. (Armée israélienne)

Viktorov a également blâmé les Etats-Unis pour avoir quitté l’accord nucléaire de 2015 entre l’Iran et les puissances internationales qui a levé les sanctions contre l’Iran en échange du démantèlement de son programme nucléaire.

L’accord, toujours soutenu par les autres signataires – dont la Russie – est en train de s’effondrer alors que l’administration Trump a réimposé des sanctions sévères et que l’Iran a augmenté son enrichissement d’uranium.

M. Viktorov a déclaré qu’il était « regrettable » que les États-Unis se soient retirés du plan d’action global conjoint (JCPOA), et a ajouté que c’était ce qui avait conduit l’Iran à commencer à abandonner ses propres engagements dans le cadre de l’accord. Cela aussi, a-t-il dit, est « regrettable ».

Sur une note plus positive, il a déclaré que la Russie soutient les récents accords de normalisation négociés par les Etats-Unis entre Israël et les Emirats arabes unis et le Bahreïn, ainsi que les démarches en vue d’un accord similaire avec le Soudan.

Mais il a déclaré que le conflit israélo-palestinien doit encore être traité dans le but de parvenir à une solution à deux États.

« Nous croyons fermement que la question palestinienne ne doit pas être mise de côté », a-t-il déclaré. « La normalisation ne devrait pas remplacer une solution palestino-israélienne, car ce problème restera et continuera à mettre en danger non seulement les pays et les peuples de la région mais aussi beaucoup d’autres dans le monde », a-t-il déclaré.

Viktorov a réitéré l’offre de la Russie d’accueillir les pourparlers israélo-palestiniens à Moscou.

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