Virus : au Québec, les rassemblements facilités à Noël – mais pas à Hanoukka
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Virus : au Québec, les rassemblements facilités à Noël – mais pas à Hanoukka

Les groupes juifs canadiens crient à l'injustice, disant que la politique sanitaire doit aussi s'appliquer aux communautés juives pour les fêtes à venir

Des membres de l'équipage d'un avion passent devant un café Starbucks vide à l'aéroport international  Pierre Elliott Trudeau à Montréal, le 17 mars 2020. (Crédit :  JOCELYNE ZABLIT/AFP via Getty Images)
Des membres de l'équipage d'un avion passent devant un café Starbucks vide à l'aéroport international Pierre Elliott Trudeau à Montréal, le 17 mars 2020. (Crédit : JOCELYNE ZABLIT/AFP via Getty Images)

JTA — Les groupes juifs du Québec ont exprimé leur déception après l’annonce par la province de son intention d’autoriser les petits rassemblements à Noël. Cependant, les regroupements à l’occasion de Hanoukka resteront, pour leur part, interdits.

Les Québecois pourront se retrouver à dix personnes maximum et par jour pendant quatre jours fin décembre, une autorisation donnée dans la mesure où les familles se seraient probablement rassemblées, indépendamment du taux d’infection à la COVID-19 à ce moment-là. Il avait été interdit de se regrouper pendant le Thanksgiving canadien, le mois dernier, mais cette interdiction n’avait pas été respectée et le nombre de cas avait rapidement augmenté dans tout le pays en conséquence.

Le Premier ministre du Québec, François Legault, a expliqué que les dates du 24 au 27 décembre avaient été choisies de manière à permettre aux résidents du pays de se mettre en quarantaine, avant et après, sans perturber les calendriers scolaire ou professionnel. Mais il a également dit qu’il pensait que les Québécois avaient besoin de passer du temps avec leurs familles et que leur permettre de se retrouver redonnerait de l’espoir pendant une période par ailleurs bien sombre.

« Noël, les fêtes, c’est un moment de l’année qui est précieux et souvenons-nous que la famille est la base de nos existences », a-t-il commenté la semaine dernière.

Interrogé sur d’éventuelles exceptions faites à l’interdiction des rassemblements dans la province – et en particulier pendant Hanoukka qui, cette année, durera du 10 au 18 décembre – François Legault a répondu par la négative.

Une réponse qui a été très critiquée par les groupes juifs.

« Le Premier ministre Legault n’a pas évoqué les préoccupations et les besoins de plusieurs groupes minoritaires au Québec, et notamment ceux de la communauté juive », a indiqué Michael Mostyn, directeur général de Bnai Brith Canada, dans un communiqué émis vendredi. Il a ajouté que « le gouvernement du Québec doit prendre en compte les besoins des communautés minoritaires, notamment ceux de la communauté juive, et il doit œuvrer aux côtés de ces communautés et les consulter activement avant de lever ou d’imposer des restrictions unilatérales entraînées par la COVID-19. Il ne doit pas y avoir de favoritisme. Le Premier ministre doit être celui de tous les Québécois », a-t-il continué.

« Nous apprécions à leur juste valeur les efforts livrés par le gouvernement pour trouver l’équilibre entre les impératifs de santé publique et les fêtes de famille », a expliqué pour sa part le rabbin Reuben Poupko, co-président du Centre pour Israël et les Affaires juives-Québec, au Canadian Press. « Nous espérons et nous comptons sur le fait que les libertés qui ont été accordées à la communauté chrétienne seront équitablement partagées avec les autres confessions du Québec ».

La politique mise en place au mois de décembre au Québec – qui pourra être abrogée si le nombre de cas continue à augmenter sur le territoire – a été accueillie par les épidémiologistes avec scepticisme. Ces derniers estiment que toute autorisation donnée destinée à relâcher la garde entraînera une hausse des cas. Et quelques Juifs du Québec, eux aussi, disent être perplexes face au plan.

« J’ai malheureusement officié au cours de nombreuses funérailles lors de la première vague de la pandémie et je ne veux pas que cela arrive encore une fois au mois de janvier en raison de cette autorisation gouvernementale », a déploré le rabbin Lisa Grushcow du Temple Emanu-El-Beth Sholom auprès du Global News.

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