Le président Rivlin en visite en Allemagne
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Le président Rivlin en visite en Allemagne

A Tel-Aviv, la ministre allemande de la Défense salue Israël comme le "grand ami" de Berlin au Moyen- Orient, soulignant que la coopération actuelle est sans précédent

Le président Reuven Rivlin (à droite) et l'ambassadeur d'Israël en Allemagne, Yakov Hadas-Handelsman prennent part à une cérémonie au mémorial de la déportation des Juifs de Berlin dans des camps de concentration, à la Grunewald gare, le le 11 mai 2015. (Crédit : Odd Andersen / AFP)
Le président Reuven Rivlin (à droite) et l'ambassadeur d'Israël en Allemagne, Yakov Hadas-Handelsman prennent part à une cérémonie au mémorial de la déportation des Juifs de Berlin dans des camps de concentration, à la Grunewald gare, le le 11 mai 2015. (Crédit : Odd Andersen / AFP)

Le président Reuven Rivlin a averti lundi que la communauté internationale avait besoin d’être déterminée pour combattre le regain de racisme et d’antisémitisme en Europe alors qu’il arrivait à Berlin pour marquer le 50e anniversaire des relations diplomatiques entre Israël et l’Allemagne.

Après avoir déposé une couronne de fleur au mémorial pour les 55 000 Juifs qui ont été déportés au camp de concentration nazi depuis le terrible quai 17 de la gare, le président a déclaré que « l’apathie, l’indifférence et le déni » n’étaient pas suffisants pour contrer les dangereuses idéologies.

« Soixante-dix ans ont passé depuis que le dernier convoi a quitté le quai 17, pourtant, une fois de plus, le fascisme et les mouvements néo-nazis deviennent de plus en plus forts sur le sol européen », a déclaré le président.

Le Troisième Reich, a expliqué Rivlin, n’a pas été créé en une nuit, il a été le résultat d’années de racisme latent auquel les citoyens allemands n’ont pas réagi.

« L’antisémitisme, le racisme, la xénophobie et la frustration ont grandi comme un cancer sous la surface pendant des années. Ce sol empoisonné a constitué la fondation sur laquelle le monstre nazi a agi sans opposition », a-t-il dit.

Rivlin a souligné l’obligation de la communauté internationale d’être décidée à contrer la croissance des mouvements racistes.

« Nous devons nous souvenir que la démocratie à elle-seule ne nous protège pas du nationalisme et du fascisme. Aucune nation n’est immunisée contre l’antisémitisme. Aucune nation n’est immunisé face à l’extrémisme et au fondamentalisme », a déclaré le président au mémorial.

« Aujourd’hui nous nous tenons debout et témoignons, pas seulement des sombres leçons du passé, mais de la promesse lumineuse de notre futur commun. Aujourd’hui, nous observons le monde qui nous entoure, et nous voyons à nouveau la progression de l’antisémitisme et du racisme. C’est notre devoir d’Israéliens, d’Allemands, de démocrates de nous opposer à ces terribles maux ».

Lors d’un dîner officiel organisé par le président allemand Joachim Gauck, le chef allemand a sa « grande préoccupation devant la montée de la violence anti-juive ».

« En Allemagne aussi, nous avons entendu l’année dernière des chants antisémites lors de manifestations contre les politiques et les actions militaires d’Israël à Gaza. Une écrasante majorité d’Allemands était sous le choc et se sentait honteuse pour cela. Peu importe d’où le mal de l’antisémitisme provient, de l’extrême-droite ou de l’extrême-gauche, des vétérans citoyens ou des immigrants ; il ne sera pas toléré dans notre pays. Nous ne permettrons pas au fascisme d’empoisonner notre climat politique ou de nous submerger de peur », a dit Gauck.

Plus tôt lundi, Rivlin avait été accueilli par Gauck à la résidence officielle où tous deux ont été accueillis par des écoliers israéliens et allemands avec des drapeaux des deux pays.

Les deux présidents ont également discuté de l’importance des relations bilatérales entre les deux alliés et ont dévoilé un timbre postal pour marquer l’occasion.

Louant les 50 dernières années de diplomatie et de coopération, Rivlin a souligné que la proche relation entre Israël et l’Allemagne était due à des valeurs partagées de démocratie et de liberté, et n’était pas une compensation de l’Holocauste.

Gauck a fait écho aux sentiments de Rivlin et a remercié les officiels israéliens pour avoir fait confiance au gouvernement allemand seulement 20 après l’Holocauste. « Nous sommes liés, non seulement par les horribles crimes du passé, mais par les valeurs dans lesquelles nous croyons tous les deux », a-t-il déclaré.

Rivlin rencontrera mardi  la Chancelière Angela Merkel et le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.

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