Washington a reçu les dédommagements soudanais pour des attentats
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Washington a reçu les dédommagements soudanais pour des attentats

Cet argent avait été placé sur un compte bloqué, le temps que le gouvernement américain retire le Soudan de sa liste noire des États soutenant le terrorisme

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo aux côtés du général soudanais Abdel-Fattah Burhan, chef du conseil souverain au pouvoir, à Khartoum, au Soudan, le mardi 25 août 2020. (Cabinet soudanais via AP)
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo aux côtés du général soudanais Abdel-Fattah Burhan, chef du conseil souverain au pouvoir, à Khartoum, au Soudan, le mardi 25 août 2020. (Cabinet soudanais via AP)

Les États-Unis ont confirmé mercredi avoir reçu les 335 millions de dollars de dédommagements versés par le Soudan pour les victimes d’attentats perpétrés en 1998 par Al-Qaïda et ont affirmé vouloir maintenant « ouvrir un nouveau chapitre » dans leurs relations avec Khartoum.

Dans le cadre d’un accord qui s’est concrétisé fin 2020, au terme d’années de bras de fer diplomatique et de longues procédures judiciaires, le gouvernement soudanais avait accepté de verser ces dommages et intérêts aux victimes des attentats contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie, et contre le navire militaire américain USS Cole au Yémen en 2000, qui ont fait plus de 200 morts en tout.

Cet argent avait été placé sur un compte bloqué, le temps que le gouvernement américain retire le Soudan de sa liste noire des États soutenant le terrorisme, synonyme de sanctions et d’obstacle aux investissements, et lui octroie une immunité légale dans les affaires judiciaires liées à ces attentats.

C’est désormais chose faite : le retrait de la liste noire est intervenu en décembre, et le département d’État américain a notifié la semaine dernière au Congrès des États-Unis le rétablissement « des immunités souveraines du Soudan conformément » à une loi adoptée fin 2020, a déclaré mercredi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken dans un communiqué.

En conséquence, l’argent des compensations a été débloqué, a-t-il annoncé.

Le Soudan avait été jugé responsable par des juridictions américaines pour avoir accueilli sur son territoire, dans les années 1990, le chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden. Pour cette même raison, il avait été inscrit sur la liste noire américaine en 1993.

« Nous apprécions les efforts constructifs du Soudan ces deux dernières années pour rechercher avec nous une solution », a dit Antony Blinken. « Maintenant que ce processus difficile est derrière nous, les relations américano-soudanaises peuvent ouvrir un nouveau chapitre », a-t-il ajouté.

Dans le cadre du compromis négocié par le gouvernement de l’ancien président américain Donald Trump, les autorités de transition soudanaises ont aussi accepté de reconnaître l’État d’Israël.

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