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Washington déplore un « recul » continu des droits humains dans le monde

Blinken a évoqué la situation en Ukraine comme l'illustration "la plus flagrante" des "conséquences humaines de ce déclin", en accusant les forces russes d'"atrocités généralisées"

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken s'exprime lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 27 mars 2022. (Capture d'écran)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken s'exprime lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 27 mars 2022. (Capture d'écran)

Le gouvernement américain de Joe Biden, qui affirme mettre les droits humains au coeur de sa politique étrangère, a fait mardi le constat de leur « recul » persistant à travers le monde, illustré selon lui par la guerre en Ukraine.

« Depuis de nombreuses années, nous assistons à un recul alarmant de la démocratie, de l’Etat de droit, du respect des droits humains dans de nombreux endroits du monde », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken en présentant à la presse le rapport annuel du département d’Etat sur les droits humains.

« Depuis la publication de notre précédent rapport » il y a un an, « ce recul a, malheureusement, continué », a-t-il ajouté.

Il a évoqué la situation en Ukraine depuis l’invasion russe comme l’illustration « la plus flagrante » des « conséquences humaines de ce déclin », en accusant à nouveau les forces de Moscou d' »atrocités généralisées » dans les zones qu’elles ont occupées.

« Les corps laissés dans les rues les mains liées; des théâtres, gares, immeubles réduits en ruines avec des civils à l’intérieur »; « les témoignages de femmes et filles qui ont été violées, et les civils assiégés, mourant de faim et de froid », a-t-il énuméré.

Un employé municipal libère les poignets d’un homme mort, les mains attachées derrière le dos, dans la ville de Boutcha, non loin de la capitale ukrainienne Kiev, le 3 avril 2022. (Crédit : Sergei SUPINSKY / AFP)

Le secrétaire d’Etat a surtout dénoncé les violations des droits humains dans les pays adversaires des Etats-Unis, accusant à nouveau la Chine de perpétrer un « génocide » contre les musulmans ouïghours, et les talibans de multiplier les « arrestations arbitraires de femmes, manifestants et journalistes » depuis leur prise du pouvoir en août en Afghanistan.

Mais il a aussi critiqué des dérives de pays partenaires des Washington, comme l’Egypte auquel il a reproché l’emprisonnement de l’avocat et défenseur des droits humains Mohamed al-Baqer, ou l’Ethiopie où, a-t-il dit, « tous les belligérants » ont « commis des atrocités » et où « des milliers d’Ethiopiens sont détenus injustement dans des conditions qui mettent leur vie en péril ».

Antony Blinken a rejeté les critiques des organisations de défense des droits humains qui déplorent justement que l’administration Biden ne fasse pas suffisamment pression sur certains pays alliés des Etats-Unis.

« Qu’il s’agisse d’un pays ami ou d’un pays avec lequel nous avons de vraies différences, notre unité de mesure est la même », car les droits humains « sont universels », a-t-il insisté.

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