Rechercher

Washington sanctionne un réseau lié au programme de drones iraniens

Ces drones "létaux" approvisionnent - entre autres - les arsenaux des groupes terroristes du Hezbollah libanais, du Hamas palestinien et des Houthis yéménites

Les restes d'un présumé drone iranien abattu au-dessus du nord d'Israël, dont des parties sont tombées dans un bassin à poissons au kibboutz Maoz Haim, le 14 mai 2021. (Tsahal)
Les restes d'un présumé drone iranien abattu au-dessus du nord d'Israël, dont des parties sont tombées dans un bassin à poissons au kibboutz Maoz Haim, le 14 mai 2021. (Tsahal)

Les Etats-Unis ont imposé vendredi de nouvelles sanctions financières à un « réseau » lié au programme de drones iraniens, accentuant leur pression sur l’Iran avant une éventuelle reprise des négociations pour sauver l’accord sur le nucléaire.

Le gouvernement iranien a immédiatement condamné cette décision.

Le Trésor américain a promis dans un communiqué de « continuer à réclamer des comptes à l’Iran pour ses actes irresponsables et violents », alors que Téhéran est accusé par Washington d’utiliser ses drones pour alimenter de multiples conflits au Moyen-Orient.

Deux sociétés qui soutiennent le programme de drones des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, sont visées par ces sanctions.

Le général Saeed Aghajani, qui supervise le commandement des drones des Gardiens, et qui était déjà sur une autre liste noire américaine, est également frappé par ces nouvelles mesures punitives, ainsi que le général Abdollah Mehrabi, un autre haut responsable de cette armée d’élite iranienne.

Un missile longue portée Shahab-3 exposé pendant la Journée d’Al-Qods à Téhéran, le 23 juin 2017. (Crédit : Stringer/AFP)

Leurs éventuels avoirs aux Etats-Unis sont gelés et l’accès au système financier américain leur sera barré.

La Force Qods, chargée des opérations extérieures des Gardiens de la révolution, « a utilisé des drones létaux et favorisé leur prolifération auprès de groupes soutenus par l’Iran », dont les groupes terroristes du Hezbollah libanais, du Hamas palestinien et des Houthis yéménites, « ainsi qu’en Ethiopie, où la crise s’aggrave et menace de déstabiliser toute la région », a affirmé le Trésor dans son communiqué.

« Des drones létaux ont été utilisés dans des attaques contre des navires internationaux et les forces américaines », a-t-il ajouté, en référence à des événements qui ont provoqué de vives tensions au cours des dernières années.

Ces sanctions interviennent au moment où l’Iran a annoncé être prêt à reprendre en novembre les négociations indirectes avec les Etats-Unis pour sauver l’accord censé l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire, suspendues depuis juin.

L’ex-président américain Donald Trump avait quitté cet accord en 2018, et rétabli les sanctions anti-Iran qu’il avait permis de lever. En réponse, la République islamique s’est progressivement affranchie des restrictions à son programme atomique.

Le président américain Joe Biden s’adresse à la 76e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le 21 septembre 2021, au siège des Nations unies à New York. (Timothy A. Clary-Pool/Getty Images/AFP)

L’actuel président des Etats-Unis, Joe Biden, s’est lui dit prêt à revenir dans l’accord. Les pourparlers portent donc sur les sanctions que Washington doit lever en échange d’un retour de Téhéran dans les clous de ses propres engagements.

« Le fait d’imposer de nouvelles sanctions démontre le comportement contradictoire de la Maison Blanche », a réagi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, déplorant que Joe Biden suive « les mêmes méthodes utilisées par Trump » alors même qu’il « déclare vouloir retourner aux négociations sur le nucléaire »

« En imposant des sanctions, il envoie un message qui n’inspire, en aucun cas, la confiance », a-t-il encore protesté.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...