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Yeshiva Beth Yossef à Bussières : 7 inculpations pour « violences aggravées »

L'école accueillait une soixantaine d'élèves, de 13 à 18 ans, en majorité Israéliens mais aussi d'enfants de nationalités américaine, belge, roumaine ou irlandaise

L'entrée de la Yeshivat Beth Yossef à Bussières, en France. (Crédit : Google Maps via JTA)
L'entrée de la Yeshivat Beth Yossef à Bussières, en France. (Crédit : Google Maps via JTA)

Sept membres d’une communauté juive ultra-orthodoxe, dont le rabbin et figure spirituelle des lieux gérant une école talmudique pour enfants dits « difficiles » près de Paris, ont été inculpés pour « violences aggravées », a-t-on appris samedi auprès de la justice.

L’école accueillait une soixantaine d’élèves, de 13 à 18 ans, en majorité Israéliens mais aussi d’enfants de nationalités américaine, belge, roumaine ou irlandaise, « non-déclarés scolarisés », selon la justice.

Ses dirigeants ont été placés sous contrôle judiciaire vendredi soir, soupçonnés notamment de « violences volontaires sur personnes vulnérables », « abus de la vulnérabilité d’une personne placée en situation de sujétion psychologique », ou encore « conditions d’hébergement contraires à la dignité ».

Situé depuis 1948 dans le village de Bussières, à 60 km de la capitale, la yeshiva Beth Yossef est réputée pour ses méthodes strictes.

Parmi les inculpés figure un rabbin de 75 ans – figure spirituelle de la yeshiva – ainsi que le directeur de l’établissement de 48 ans, un référent de 32 ans et d’autres membres de l’encadrement et de l’équipe enseignante.

Ils « ont globalement nié les faits même si certains ont pu décrire des actes comme des claques et des coups », avait expliqué vendredi à la presse la procureure de Meaux Laureline Peyreffite.

La procureure avait expliqué vendredi que les élèves étaient, « d’après leurs déclarations, totalement isolés du monde extérieur à l’exception d’un contact téléphonique avec leurs parents sous autorisation » et que « leur passeport était confisqué ». Ils vivaient « dans des conditions de logement insalubres », hébergés dans l’ancien sanatorium délabré du domaine de Séricourt.

Le parquet avait requis l’inculpation des sept suspects pour « séquestration en bande organisée » mais la justice n’a pas été jusque-là dans l’immédiat.

Les avocats de l’établissement, Philippe Ohayon et Dan Mimran, s’en sont félicités : cela « invalide la thèse des dérives sectaires et enlève toute crédibilité à l’opération quasi militaire menée contre cette yeshiva », a déclaré à l’AFP Me Ohayon.

Lundi, 17 membres de la communauté avaient été placés en garde à vue lors d’une opération mobilisant 130 gendarmes qui faisait suite à une enquête ouverte après la fugue d’un élève américain en juillet 2020, qui s’était réfugié à l’ambassade des Etats-Unis à Paris. A sa suite, deux autres élèves s’étaient échappés.

Dans un témoignage recueilli cette semaine par l’AFP, Avi Ran a relaté être arrivé d’Israël à 12 ans pour entrer dans cette école, en 2002. Il y a passé 12 années, victime d’un « lavage de cerveau » de la part d’une institution qui, pour lui, était « une secte à tous points de vue », avec des « coups physiques » administrés comme « châtiments ».

Des élèves ont été remis ce week-end à leurs parents et d’autres pris en charge par le département, en lien avec la Croix-Rouge.

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