Yisrael Beytenu veut des caméras dans les bureaux de vote ultra-orthodoxes
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Yisrael Beytenu veut des caméras dans les bureaux de vote ultra-orthodoxes

Pour le député Oded Forer, les rumeurs de "gens décédés" déposant un bulletin dans l'urne impose que la Commission centrale électorale prenne des mesures préventives le jour J

Un ultra-orthodoxe vote dans un bureau de vote de l'implantation de Beitar Illit lors des élections générales israéliennes de la 20e Knesset, le 17 mars 2015. (Crédit photo : Nati Shohat/Flash90)
Un ultra-orthodoxe vote dans un bureau de vote de l'implantation de Beitar Illit lors des élections générales israéliennes de la 20e Knesset, le 17 mars 2015. (Crédit photo : Nati Shohat/Flash90)

Le parti Yisrael Beytenu réclame l’installation de caméras de surveillance dans les bureaux de vote ultra-orthodoxes pour les élections de septembre afin de lutter contre la fraude électorale, a déclaré mercredi un député du parti.

Lors du dernier scrutin national en avril, le parti du Likud au pouvoir avait mis en place un système de caméras cachées dans les bureaux de vote arabes, pour empêcher toute fraude, s’était-il défendu. Le stratagème avait été découvert le jour des élections le 9 avril, à la suite de quoi il avait finalement obtenu l’autorisation du président de la Commission centrale électorale. Certains avaient néanmoins dénoncé une forme d’intimidation des électeurs.

Le député d’Yisrael Beytenu, Oded Forer, a indiqué à la Douzième chaîne mercredi qu’il comptait faire cette demande à la Commission « pour s’assurer que les ultra-orthodoxes ne trichent pas le jour du scrutin ».

« Le taux de participation inhabituel, plus de 80 %, et les rumeurs selon lesquelles même des gens décédés sont venus voter exigent une surveillance rigoureuse », a-t-il précisé.

Oded Forer a ajouté que son parti de droite laïc prévoyait de placer des militants dans les bureaux de vote de la communauté ultra-orthodoxe en tant qu’observateurs le jour J.

Le député Oded Forer d’Yisrael Beytenu vu pendant une rencontre du parti à la Knesset, el 31 décembre 2018. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Yisrael Beytenu a fait de la défense de la laïcité un élément central de sa campagne électorale. C’est notamment le refus du dirigeant du parti, Avigdor Liberman, de rejoindre la coalition de Benjamin Netanyahu en raison de désaccords avec les partis ultra-orthodoxes qui avait poussé le Premier ministre à convoquer un nouveau scrutin.

« Nous voulons refixer la limite qui a été franchie et qui conduit petit à petit Israël à devenir un État halachique [loi religieuse] », a promis le député.

Le 9 avril dernier, le Likud a équipé quelque 1 200 responsables de bureaux de vote présents dans des zones majoritairement arabes de caméras corporelles dissimulées pour y empêcher, d’après le parti, la fraude rampante.

Les détracteurs avaient dénoncé une forme d’intimidation des électeurs destinée à éloigner l’électorat non juif de se rendre aux urnes, des accusations visiblement corroborées par l’entreprise chargée par le Likud d’organiser l’opération.

Début août, le procureur général Avichai Mandelblit avait remis un avis juridique selon lequel les agissements du Likud pouvaient constituer un délit pénal.

Il s’était exprimé en vue d’une audience de la Commission centrale électorale devant statuer sur le renouvellement de l’opération par le Likud pour le scrutin de septembre.

Le Likud s’est opposé à cet avis, estimant que tout avis « qui n’autorise pas la supervision des électeurs dans les bureaux de vote est inacceptable ».

En avril, Hanan Melcer, le juge de la Cour suprême à la tête de la Commission centrale électorale, avait approuvé a posteriori le recours à de tels dispositifs dans les cas de « crainte considérable » de fraude électorale, sans pour autant préciser ce qui pouvait justifier de telles craintes.

Le Times of Israël s’est procuré les registres de plus de 100 bureaux de vote où des irrégularités ont été constatées. Une partie d’entre eux, à savoir un tiers, se trouvaient dans des villes arabes. D’autres bureaux ayant enregistré un nombre anormal de votants se trouvaient dans les implantations ultra-orthodoxes de Modiin Illit et Beitar Illit et les villes de Petah Tikva, Afula, Netanya et Rosh Haayin.

Ces registres ont également été transmis à la Commission, mais n’a donné lieu à aucune mise en examen. D’après un juriste ayant requis l’anonymat, seuls plusieurs milliers de votes supplémentaires irréguliers avaient été constatés.

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