Yom HaZikaron : le ministère de la Défense refuse l’entrée des Palestiniens
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Yom HaZikaron : le ministère de la Défense refuse l’entrée des Palestiniens

Les organisateurs d'une commémoration israélo-palestinienne en faveur de la coexistence ont indiqué que 181 Palestiniens étaient interdits d'entrée en Israël

Des Palestiniens et des Israéliens commémorent Yom HaZikaron, à Tel Aviv, le 30 avril 2017. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Des Palestiniens et des Israéliens commémorent Yom HaZikaron, à Tel Aviv, le 30 avril 2017. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le ministère de la Défense a refusé d’autoriser des Palestiniens à entrer en Israël pour une commémoration israélo-palestinienne, prévue la semaine prochaine pour Yom HaZikaron, ont indiqué mercredi les organisateurs.

Cette cérémonie conjointe est organisée depuis 2006 par l’association PCFF, Combatants for Peace and The Parents Circle – Families Forum, qui rassemble des familles endeuillées de part et d’autre du conflit. Elle est décrite comme une alternative pro-coexistence aux événements classiques de Yom HaZikaron.

Les organisateurs ont déclaré qu’ils avaient déposé 181 demandes d’autorisation pour des personnes souhaitant participer à l’évènement.

Mais le ministère de la Défense les a toutes rejetées, expliquant que la Cisjordanie serait bouclée pendant Yom HaZikaron.

Les responsables de la cérémonie ont fait savoir qu’ils saisiront la Haute Cour de justice pour que les Palestiniens soient autorisés à y prendre part.

Le dirigeant du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, s’exprime lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 19 mars 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

L’an dernier, le ministre de la Défense de l’époque avait également voulu  empêcher 90 Palestiniens de Cisjordanie de se rendre à l’événement commémoratif, bien que le COGAT eut assuré que les Palestiniens conviés ne représentaient pas de menace sécuritaire.

Liberman avait alors déclaré que la cérémonie était « une démonstration du mauvais goût et un manque de sensibilité heurtant les familles endeuillées qui nous sont chères ».

Cependant, la Haute Cour avait renversé sa décision, affirmant qu’interdire la participation des Palestiniens était « déraisonnable » et « déséquilibrée ». L’événement s’était déroulé comme prévu.

Après la démission de Liberman l’an dernier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’était attribué le poste de ministre de la Défense.

Mercredi, les organisateurs ont déclaré que la décision du ministre était « prévisible », et qu’il était « regrettable que le ministère de la Défense n’ait pas tiré les leçons des années précédentes, et notamment la décision de la Haute Cour de l’an dernier, qui avait réprimandé le ministre de la Défense pour avoir empêché l’entrée de nos partenaires palestiniens ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu durant la réunion hebdomadaire de cabinet à Jérusalem, le 14 avril 2019. (Crédit : RONEN ZVULUN / AFP)

 

Ils ont déclaré que ceux dont l’entrée a été refusée « sont des membres de familles endeuillées qui ont choisi de mettre de côté tout désir de violence, de terrorisme, de vengeance, et de travailler avec nous, main dans la main, en faveur du dialogue et de la réconciliation ».

Ils ont accusé le ministère « d’agir avec mépris envers les familles endeuillées souhaitant commémorer leur proches dans une commémoration commune, gage d’optimisme et de futur commun ».

L’an dernier, l’événement s’était déroulé au parc HaYarkon de Tel Aviv, avec près de 8 000 Israéliens s’étant associés à la peine des familles israéliennes et palestiniennes.

L’an dernier, l’auteur David Grossman, qui a perdu son fils dans la Seconde guerre du Liban, et Amal Abu Sa’ad, dont le mari Yaqoub Mousa Abu al-Qia’an avait été abattu par la police israélienne dans le village bédouin d’Umm al-Hiran en 2018 dans des circonstances discutées, avaient pris la parole.

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