Yonatan Heilo, incarcéré pour avoir tué son violeur, retrouvé mort à Netanya
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Yonatan Heilo, incarcéré pour avoir tué son violeur, retrouvé mort à Netanya

Une amie a déclaré qu'il n'avait pas eu le soutien dont il avait besoin en tant que victime d'agression sexuelle et ancien condamné

Yonatan Heilo devant la Cour suprême, le 31 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yonatan Heilo devant la Cour suprême, le 31 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yonatan Heilo, qui a été incarcéré après avoir tué son violeur puis qui a bénéficié d’une libération anticipée après une indignation publique, a été retrouvé mort sur une plage de Netanya lundi.

Les circonstances de la mort de l’homme de 32 ans font l’objet d’une enquête.

Selon la Douzième chaîne, sa famille a signalé sa disparition dimanche après midi. La police a lancé des recherches et son corps a été retrouvé lundi matin.

Sapir Sluzkar Amran, une amie de Heilo, a déclaré qu’il n’avait pas réussi à obtenir l’aide dont il avait besoin en tant que victime d’agression sexuelle et ancien condamné.

« Il a connu des moments difficiles. Nous oublions que les gens qui sortent de prison et qui ont été sexuellement agressés ont besoin d’aide, de réintégration et de soutien. Le système n’y est pas préparé, ni sur le plan organisationnel ni sur le plan budgétaire », a-t-elle dit à la chaîne publique Kan.

« Il était en souffrance ces derniers temps, parce qu’il ne trouvait pas de travail. [La société] le traitait comme un ancien prisonnier. Mais dès le départ, il n’aurait jamais dû aller en prison, ou que très peu de temps, et même là, dans un cadre de réinsertion », a-t-elle dit. « Certains ont eu pitié, mais d’autres lui ont tourné le dos et l’ont traité avec racisme, suspicion et préjugés. »

Heilo est mort près de six mois après avoir été libéré de son deuxième séjour en prison, pour avoir violé les termes de sa conditionnelle.

Heilo avait été condamné pour le meurtre de Yaron Eilin à Netanya, après que ce dernier l’a violé, volé et soumis à un chantage pendant plusieurs mois en 2010.

Eilin, connu des services de police, aurait dit à Heilo en 2010, pendant la fête de Lag BaOmer, qu’il comptait le violer à nouveau. Ce soir-là, quand Eilin était allé uriner dans une allée et avait le dos tourné, Heilo a sauté sur lui, l’a étranglé et l’a battu avec une pierre.

Yonatan Heilo devant la Cour suprême, le 31 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Heilo a été condamné en 2013 à 20 ans de prison.

Dans le premier verdict de décembre 2013, la cour du district de Lod avait reconnu Heilo comme une victime de viol, mais avait rejeté l’affirmation de défense légitime, car il n’avait jamais signalé les agressions précédentes à la police, et que plusieurs semaines s’étaient écoulées entre la dernière agression et le meurtre.

Mais en réponse à l’appel de Heilo, la Cour suprême a reconnu qu’il avait enduré des « railleries constantes » et qu’il avait souffert « sur une longue durée de l’abus causé par le défunt », qui consistait en « une série d’incidents violents, de menaces de violences, notamment de menaces à la vie de l’accusé, d’extorsion et d’abus sexuels, dont deux actes de sodomie ».

La Cour suprême avait allégé la peine de Heilo, le jugeant coupable d’homicide et non de meurtre, et en réduisant sa peine de prison de 20 à 12 ans.

Le président Reuven Rivlin a ensuite commué sa peine, réduisant sa sentence à dix ans et huit mois. Il est donc devenu éligible à la libération conditionnelle, étant donné qu’il avait déjà purgé la moitié de sa peine.

Yonatan Heilo à sa sortie de prison, le 23 juillet 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

L’an dernier, la commission des libérations conditionnelles a ordonné son retour en prison pour un an, après qu’il a enfreint les termes de sa libération, sans préciser la nature des violations, bien que les médias israéliens aient rapporté qu’il avait commencé à consommer de l’alcool alors qu’il souffrait de dépression.

À l’époque, l’avocat de Heilo a accusé l’État de manquer à ses obligations envers son client.

« Son histoire est une tragédie juridique », a déclaré Alon Eizenberg, ajoutant que Heilo avait été libéré dans un « vide infini, et les autorités n’ont pas tenté de le réhabiliter ».

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