Zandberg fuit son domicile après des manifestations et menaces contre son bébé
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Zandberg fuit son domicile après des manifestations et menaces contre son bébé

La députée Meretz a été attaquée après un article paru sur un site d'extrême droite affirmant, à tort, qu'elle veut incarcérer les 'Habad qui proposent des tefillin aux mineurs

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

La députée de Meretz, Tamar Zandberg, le 10 mars 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La députée de Meretz, Tamar Zandberg, le 10 mars 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La députée du Meretz, Tamar Zandberg, a emmené sa famille hors de chez elle mardi, suite à une série de menaces à leur encontre, à la suite de la publication de fausses informations sur sa proposition de loi, visant à restreindre le prosélytisme sur mineurs.

Les menaces ont été proférées lors de manifestations devant le domicile de Zandberg à Tel Aviv et alors que d’autres politiciens, appelés à devenir ministres dans le gouvernement dit de changement, qui sera dirigé par le chef du parti Yamina, Naftali Bennett, ont été pris pour cible par des militants de droite.

Zandberg, pressentie au poste de ministre de la Protection de l’Environnement dans la future coalition, qui n’a pas encore été finalisée, a été attaquée après qu’un article paru sur le site du bulletin d’information d’extrême droite 0404 a affirmé, à tort, que son projet de loi prévoyait l’emprisonnement des membres du mouvement Habad, qui propose aux jeunes de mettre les tefillin.

Alors que le projet de loi ne dit rien sur les tefillin, il cherche à limiter les efforts intensifs visant à pousser les mineurs vers l’orthodoxie sans la présence de leurs parents et des militants de droite se sont mobilisés contre Zandberg à la suite de cet article.

Des manifestants portent des tefillins devant la maison de la députée, Tamar Zandberg, le 1er juin 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Zandberg a déclaré mardi matin qu’elle avait reçu de « graves menaces » via son téléphone portable et les réseaux sociaux, et qu’elle restait donc à la maison avec son bébé après que l’enfant a été spécifiquement mentionné dans certaines des menaces.

« Je suis à la maison parce que le nom de mon bébé est apparu dans des messages disant de faire venir des agents de sécurité car quelque chose aller lui arriver », a déclaré Zandberg à la radio publique Kan mardi matin.

Mais mardi après-midi, alors que d’autres menaces circulaient sur les réseaux sociaux, notamment une notice nécrologique prétendant annoncer la mort de Mme Zandberg, et qu’une manifestation de personnes portant des tefillins avait lieu devant son domicile, l’ancienne dirigeante de Meretz a décidé d’emmener sa famille dans un lieu tenu secret.

S’adressant au site d’information Ynet, le partenaire de Zandberg, Uri Zaki, a déclaré qu’il était « profondément secoué » par les menaces proférées à l’encontre de leur fille.

Pointant du doigt le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, Uri Zaki a déclaré que l’incitation contre Zandberg était due au fait qu’il l’avait ciblée dans un discours prononcé dimanche, dans lequel il critiquait le nouveau gouvernement potentiel.

« Il l’a mentionnée et le lendemain, ils ont cherché la petite bête pour cibler l’incitation, et ont envoyé leurs chiens errants », a-t-il dit, faisant référence à l’article sur son projet de loi.

« Ce sont des gens terribles et il n’y a rien qu’ils ne feront pas pour rester au pouvoir… même l’incitation à la haine contre mon bébé. »

L’ancienne chef du parti Meretz, Tamar Zandberg (R) vote aux côtés de son partenaire Uri Zaki dans un bureau de vote du parti Meretz à Jérusalem, le 14 février 2019. (Crédit : Flash90)

Dans son discours, Netanyahu a tenté de jouer sur les inquiétudes de la droite concernant la présence des travaillistes de gauche et du Meretz dans la coalition émergente, qualifiant l’alliance diverse de « gouvernement de gauche » qui est « un danger pour la sécurité d’Israël et un danger pour l’avenir de l’Etat. »

« Si, que le Ciel nous en préserve, ce gouvernement est mis en place, dans quelques jours, le cabinet de sécurité de l’État d’Israël [comprendra] Yair Lapid, [Nitzan] Horowitz (Meretz), [Merav] Michaeli (Travailliste) et [Tamar] Zandberg (Meretz). »

« Quel impact cela aura-t-il sur le pouvoir de dissuasion d’Israël ? Quelle image aurons-nous pour nos ennemis ? Comment allons-nous paraître aux yeux de nos ennemis ? Que diront-ils en Iran et à Gaza ? Que feront-ils en Iran et à Gaza ? Que diront-ils dans les couloirs de l’administration à Washington ? », a-t-il ironisé.

Zandberg ne devrait pas être nommée au cabinet de sécurité.

Le président de Meretz, Nitzan Horowitz, a condamné les menaces, écrivant sur Twitter : « Ces derniers jours, les membres de la Knesset du parti Meretz ont fait l’objet de menaces horribles. Il est clair pour nous pourquoi cela se produit, et qui le dirige. »

« Il s’agit d’une machine d’incitation à la haine qui travaille frénétiquement pour faire exploser la formation du gouvernement », a-t-il ajouté.

Le premier ministre, Benjamin Netanyahu, s’exprime lors d’une conférence de presse à la Knesset, à Jérusalem, le 30 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mardi également, le parti Yisrael Beytenu, qui fait partie du « bloc du changement » des partis anti-Netanyahu, a déclaré avoir reçu un certain nombre d’appels menaçants au cours des dernières heures.

Le parti a déclaré que certains de ces appels comprenaient des « menaces sévères de meurtre » à l’encontre du personnel du siège du parti laïc de droite et de son chef, Avigdor Liberman.

Il ajoute qu’une plainte a été déposée auprès de la Garde de la Knesset.

La coalition émergente a suscité la colère des militants de droite car elle pourrait mettre fin à 12 années consécutives de règne de Netanyahu.

Lundi, la garde de la Knesset aurait renforcé la sécurité autour de la députée n°2 du parti Yamina, Ayelet Shaked, en raison des menaces qu’elle a reçues.

La sécurité autour du leader de Yamina, Naftali Bennett, a déjà été renforcée au début du mois en réponse à des menaces contre sa vie, a déclaré le parti à l’époque.

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