Netanyahu: Bennett commet « l’arnaque du siècle » mais la bataille n’est pas finie
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Netanyahu: Bennett commet « l’arnaque du siècle » mais la bataille n’est pas finie

Le Premier ministre a affirmé que le chef de Yamina trompait ses électeurs et mentait sur la réalité politique mais qu'il peut encore être contrecarré

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu  condamne le gouvernement d'unité que vient d'annoncer son rival Naftali Bennett qui rejoint Yair Lapid, de Yesh Atid, le 30 mai 2021. (Capture d'écran))
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu condamne le gouvernement d'unité que vient d'annoncer son rival Naftali Bennett qui rejoint Yair Lapid, de Yesh Atid, le 30 mai 2021. (Capture d'écran))

Le Premier ministre Netanyahu, qui s’est exprimé quelques minutes après le chef de Yamina, Naftali Bennett, a accusé son rival de droite d’avoir trompé les électeurs israéliens en affirmant que Netanyahu n’avait aucune option pour former une coalition.

Il a affirmé que Bennett était à l’origine de « l’arnaque du siècle », qu’il trompait les électeurs et mentait sur la réalité politique, et a affirmé que le chef de Yamina ne se soucie que d’être Premier ministre, mais qu’il peut encore être contrecarré.

Netanyahu a proposé une nouvelle fois un gouvernement dans lequel le chef de Tikva Hadasha, Gideon Saar, serait d’abord Premier ministre, suivi de lui-même et de Bennett. Saar avait rejeté l’idée d’un tel gouvernement plus tôt dans la journée.

Il a également affirmé que des députés lui ont dit qu’ils rompraient avec leurs partis pour rejoindre son bloc religieux de droite lorsque le mandat du leader de Yesh Atid, Yair Lapid, pour former un gouvernement prendra fin, mercredi.

Le chef du parti Yamina, Naftali Bennett, salue ses partisans après les premiers résultats des sondages de sortie des urnes aux élections israéliennes au siège de son parti à Petah Tikva, le 24 mars 2021. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)

Netanyahu a commencé par rappeler que deux millions d’Israéliens avaient voté pour lui – soit en votant directement pour le Likud, soit pour les partis qui le soutiennent en tant que Premier ministre – « en raison de ma loyauté envers la Terre d’Israël, l’État d’Israël, la sécurité d’Israël et l’avenir d’Israël ».

« Ils savent que ma boussole ne faillira pas », a-t-il dit.

Selon Netanyahu, Bennett essaie de tromper le public en accusant les autres de répandre la haine et la division, alors que c’est précisément lui qui répand la haine et la division.

Il a accusé Bennett de commettre « l’arnaque du siècle », rappelant que Bennett a signé une promesse juste avant les élections du 23 mars qu’il ne permettrait pas à Yair Lapid de devenir Premier ministre, même pas par rotation. « Il n’y a pas une personne dans le pays qui aurait voté pour [lui] si elle avait su » ce que Bennett avait en tête, dit Netanyahu.

Naftali Bennett montre une promesse signée de ne jamais servir dans un gouvernement dirigé par Yair Lapid, le 21 mars 2021. (Crédit : capture d’écran/Vingtième chaîne)

Il a affirmé que Bennett a « basculé » immédiatement après les élections et a commencé à travailler pour devenir « à tout prix Premier ministre », puis a basculé à nouveau pendant la lutte contre le Hamas ce mois-ci – lorsqu’il a déclaré que « le gouvernement de gauche n’est plus une option. »

Maintenant, a dit Netanyahu, Bennett a fait une troisième volte-face – en faveur d’un gouvernement de gauche. « Qu’est-ce qui a changé ? Rien » – C’est juste qu' »il essaie de tromper les électeurs et de faire glisser les votes vers la gauche ».

Netanyahu a toutefois souligné que la bataille était loin d’être perdue. Au lieu d’ « un dangereux gouvernement de gauche », un « bon gouvernement de droite » peut encore être construit après la fin du mandat de Lapid mercredi. Cela pourrait se faire par le biais de l’arrangement qu’il avait proposé plus tôt dans la journée de dimanche – selon lequel Gideon Saar, Netanyahu et Bennett se relaieraient dans cet ordre au poste de Premier ministre. Ce serait « très inacceptable, inhabituel et biaisé », dit-il, mais toujours mieux qu’un gouvernement de gauche ».

De gauche à droite : le leader du parti Yesh Atid, Yair Lapid. (Crédit : Miriam Alster/Flash90); le dirigeant du parti Yamina, Naftali Bennett et le responsable de Tikva Hadasha, Gideon Saar.( Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Alternativement, a-t-il dit, il y a suffisamment de députés « qui peuvent nous donner plus de 61 voix » dans les 21 jours suivant la fin du mandat de Lapid – lorsque les 120 sièges de la Knesset auront alors l’occasion de se rallier derrière un Premier ministre de leur choix. Il a déclaré que ces députés – vraisemblablement des transfuges du parti de Bennett, de Saar et d’autres partis du « bloc du changement » – disent qu’ils « arrivent dans un gouvernement de droite ».

Bennett ne veut pas d’une cinquième élection générale « parce qu’il sait qu’il sera rayé de la carte politique ; il ne franchira pas le seuil » électoral, a dit Netanyahu. « Il ne se soucie que de lui-même ».

« J’appelle les députés qui ont été élus avec des votes de droite à rester dans cette voie – ne mettez pas en place un gouvernement de gauche », a exhorté Netanyahu. « Ce gouvernement est un danger pour la sécurité d’Israël et un danger pour l’avenir de l’État ».

« Si, que le Ciel nous en préserve, ce gouvernement est mis en place, dans quelques jours, le cabinet de sécurité de l’État d’Israël [comprendra] Yair Lapid, [Nitzan] Horowitz (Meretz), [Merav] Michaeli (Travailiste) et [Tamar] Zandberg (Meretz). »

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« Quel impact cela aura-t-il sur le pouvoir de dissuasion d’Israël ? Quelle image aurons-nous pour nos ennemis ? Comment allons-nous paraître aux yeux de nos ennemis ? Que diront-ils en Iran et à Gaza ? Que feront-ils en Iran et à Gaza ? Que diront-ils dans les couloirs de l’administration à Washington ? », a-t-il ironisé.

« Lapid, Zandberg et compagnie vont-ils affronter l’Iran ? », a-t-il demandé de manière rhétorique. « Ils soutiennent de tout cœur ce dangereux accord nucléaire. Vont-ils combattre le Hamas ? Ils dépendent des votes des députés [arabes Ahmad] Tibi et [Ayman] Odeh. Ils défendront nos soldats à La Haye ? Qui protégera les implantations ? C’est une blague… »

Citant ce qu’il appelle « une autre arnaque ridicule », Netanyahu a déclaré que ce qu’ils « appellent ce gouvernement de gauche un ‘gouvernement d’unité’. C’est un gouvernement avec 40 sièges de gauche et de gauche radicale, avec des partis qui ont pris des votes de la droite et les ont amenés à la gauche, en comptant sur le soutien des votes anti-sionistes. Et ils appellent ça un gouvernement d’unité ! »

Cinquante-deux mandats de la « vraie droite » sont écartés, a-t-il dit. Quant au discours Bennett-Lapid sur l’apaisement national, Netanyahu s’est interrogé : « Les deux millions d’électeurs » qui ont voté pour lui, « ont-ils une maladie qui a besoin d’être soignée ? ».

Le Premier ministre israélien Benjamin et son épouse Sara sous les confettis au siège de la campagne du Likud, à Tel Aviv, le 3 mars 2020 (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Tout en se prétendant démocratiques, ses rivaux « tentent de faire passer des lois pour m’empêcher de gagner les futures élections », un processus que Netanyahu a comparé à la Syrie, à l’Iran et à la Corée du Nord.

« Pas d’unité, pas de guérison, pas de démocratie – c’est un gouvernement opportuniste, un gouvernement de reddition et de fraude », a-t-il martelé. « Il ne doit pas être établi ».

Il a exhorté à nouveau les députés élus avec des votes de droite : « Ne trompez pas le public qui vous a soutenu, et ne vous trompez pas vous-mêmes… Si vous êtes de droite, vous ne votez pas pour un gouvernement de gauche. Et si vous votez pour un gouvernement de gauche, vous n’êtes pas de droite ».

« Elevez-vous contre le gouvernement de gauche, et avec l’aide de Dieu, nous établirons ensemble un gouvernement de droite pour le bien de tous les citoyens d’Israël », a-t-il conclu.

Selon la Douzième chaine, plusieurs députés de son camp ont reproché à Netanyahu de ne pas avoir cédé sa place de façon provisoire à un autre membre du Likud pour établir justement un gouvernement de droite.

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