Sécurité renforcée autour d’Ayelet Shaked
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Sécurité renforcée autour d’Ayelet Shaked

La Garde de la Knesset accroît les mesures de protection autour de la numéro 2 de Yamina dans le cadre d'une campagne de harcèlement à son encontre et à l'encontre de Bennett

Des manifestants de droite aux abords de l'habitation de la députée Ayelet Shaked, de Yamina, pour dénoncer le gouvernement d'unité avec Yair Lapid et Yesh Atid, le 30 mai 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des manifestants de droite aux abords de l'habitation de la députée Ayelet Shaked, de Yamina, pour dénoncer le gouvernement d'unité avec Yair Lapid et Yesh Atid, le 30 mai 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les équipes de sécurité de la Knesset ont décidé, dimanche, de renforcer la présence de leurs agents autour de la numéro deux du parti Yamina, Ayelet Shaked, alors qu’elle et Naftali Bennett, à la tête de la formation, subissent une campagne de menaces et de harcèlement de la part d’activistes de droite suite à leur décision d’intégrer un gouvernement d’unité avec Yesh Atid, a fait savoir la presse israélienne.

Des activistes de droite ont exercé des pressions sur Bennett et Shaked pour les dissuader de siéger aux côtés du leader de Yesh Atid, Yair Lapid, dans le cadre d’une coalition qui écarterait du pouvoir le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Bennett a annoncé dimanche qu’il intégrerait ce gouvernement d’unité. Dans un discours prononcé quelques minutes plus tard, c’est un Netanyahu en colère qui a dit que le leader de Yamina avait trompé ses électeurs, ajoutant que la coalition serait « un gouvernement de gauche » qui constituerait « un danger pour la sécurité d’Israël et un danger pour l’avenir de l’État. »

Dans la soirée, 300 personnes se sont rassemblées devant la maison de Shaked, à Tel Aviv, pour faire part de leur mécontentement suite à cette décision, certains brandissant des panneaux arborant le slogan « Traîtres de gauche ». Il y a eu également des affiches montrant Bennett et Shaked avec la légende « collaborateurs de Lapid ».

Le chef du parti Yamina, Naftali Bennett (à gauche), et le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, lors de la cérémonie de prestation de serment de la 24e Knesset, dans le bâtiment de la Knesset à Jérusalem, le 6 avril 2021. (Marc Israel Sellem/Pool)

Environ cent personnes ont contre-manifesté pour soutenir le gouvernement de coalition en cours de formation.

Bennett et Shaked ont par ailleurs reçu des milliers de messages les exhortant à ne pas rejoindre Lapid, certains d’une tonalité très dure, a annoncé la Douzième chaîne.

Les députés ont ainsi reçu des messages sur leur téléphone cellulaire les avertissant : « On va faire de votre vie un enfer », précisant « vos vies et celles de vos enfants » ; tandis que d’autres ont affirmé que « vous ne connaîtrez plus jamais la paix » ou « on va rendre votre existence insupportable ».

Un message adressé à Shaked a menacé cette dernière de manifestations organisées aux abords de son domicile, chaque semaine, comme cela avait été le cas lors du mouvement de protestation anti-Netanyahu à Jérusalem – « mais sous stéroïdes », ce qui signifie de manière bien plus vigoureuse.

Des sources proches de Shaked ont indiqué que cette dernière avait demandé à la Garde de la Knesset un renforcement de ses équipes de sécurité. La Garde a répondu qu’elle attendrait l’avis de la police sur le sujet mais elle a fait savoir, dimanche soir, que la sécurité de Shaked serait accrue dès lundi, selon de multiples médias israéliens.

Des manifestants de droite aux abords de l’habitation de la députée Ayelet Shaked de Yamina, pour dénoncer le gouvernement d’unité avec Yair Lapid et Yesh Atid, le 30 mai 2021. (Crédit : Flash90)

La sécurité autour de Bennett avait été renforcée au début du mois en réponse à des menaces de mort, avait expliqué Yamina à ce moment-là.

Hagi Ben-Artzi, le frère de Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre, a fortement critiqué Yamina, disant que l’intention de Bennett d’établir un partenariat avec Lapid s’apparentait à une « trahison » au sens biblique du terme.

« Il ne s’agit pas seulement d’un groupe de tricheurs, d’escrocs du point de vue politique, qui abandonnent toutes leurs promesses mais aussi d’un groupe de traîtres au peuple juif », a estimé Ben-Artzi dans un entretien diffusé par la chaîne de télévision de la Knesset.

« Ce n’est rien de moins qu’une trahison du peuple juif, du judaïsme, du sionisme, d’Israël parce que c’est un gouvernement qui s’appuie sur un parti islamique et arabe qui soutient, dans les faits, le terrorisme ; qui a soutenu tous les terroristes jusqu’à ce jour et qui fait partie du mouvement islamique global », a commenté Ben-Artzi, se référant à la formation Raam dont le soutien extérieur est indispensable pour que Lapid et Bennett obtiennent une majorité à la Knesset.

Mansour Abbas, chef du parti Raam, fait une déclaration après avoir rencontré le président Reuven Rivlin à la résidence du président à Jérusalem, le 5 avril 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu avait, lui aussi, tenté de bâtir une coalition en s’appuyant sur le soutien du parti islamiste Raam.

Les incitations à la haine en politique et en particulier l’usage du mot « traître » sont très controversées en Israël – dans la mesure où cette accusation avait été proférée à l’égard du Premier ministre Yitzhak Rabin par des activistes radicaux de droite avant son assassinat par un Juif extrémiste de droite. Les incitations à la haine lancées à l’encontre de Rabin – et cette qualification de « traître » par ses opposants – avaient été considérées comme ayant contribué à motiver son meurtrier à passer à l’acte.

Samedi, des informations parues dans les médias israéliens ont précisé que la police avait ouvert des enquêtes sur les menaces contre Bennett qui ont été publiées sur les réseaux sociaux avant qu’il n’annonce la formation d’un gouvernement d’unité avec Yair Lapid.

Les enquêtes ont été ouvertes après un partage d’images montrant Bennett portant un keffieh arabe avec la légende « Le menteur », selon les médias. Une image similaire de Rabin avait circulé avant son assassinat.

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