Dans une enquête effectuée auprès des dirigeants des communautés juives européennes, 40 % des personnes interrogées ont affirmé que l’antisémitisme pose une menace sérieuse pour l’avenir de la vie juive dans leur pays.

Pourtant, les chiffres du sondage, publiés lundi, montrent également que la mise à l’écart des Juifs de la vie juive (61 %), la faiblesse des organisation juives (55 %) et le déclin démographique (51 %) étaient classés comme des questions plus importantes.

Les résultats se trouvent dans la Troisième Etude des Dirigeants Juifs Européens et des Formateurs d’Opinion, qui a été publiée lundi par le Centre International pour le Développement Communautaire du Comité Commun de Distribution Juif Américain. L’enquête se base sur des réponses rassemblées l’année dernière de 314 personnes interrogées.

Les peurs de l’antisémitisme sont les plus fortes enregistrées par le JDC depuis qu’il a lancé sa première enquête de ce genre en 2008. Cette année-là, seulement 10 % des personnes interrogées ont classé le phénomène comme la plus sérieuse menace devant leurs communautés.

Dans l’enquête suivante, menée en 2011, le chiffre est monté à 26 %.

Les résultats sont en accord avec d’autres études qui montrent la préoccupation croissante parmi les Juifs quant à l’antisémitisme suite à l’augmentation des crimes de haine en Europe occidentale après 200 en lien avec Israël et des attaques djihadistes contre des cibles juives, à partir du meurtre en 2012 de trois enfants et d’un rabbin devant l’entrée d’une école juive à Toulouse.

En 2013, près d’un tiers des 5 847 Juifs européens interrogés dans une enquête de l’UE ont déclaré « prendre sérieusement en considération l’émigration » à cause de l’antisémitisme.

Pourtant, dans les trois enquêtes JDC parmi les dirigeants du Judaïsme Européen, une majorité de personnes interrogées a classé des problèmes internes comme la menace la plus sérieuse contre leurs communautés.

En 2011 et 2015, le problème de la « mise à l’écart des Juifs de la vie communautaire juive » était classé comme le plus sérieux par plus de la moitié des personnes interrogées. En 2008, 38 % des personnes interrogées ont mentionné « le taux croissant de mariages mixtes » comme la menace N°1 contre leurs communautés.