Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas avertit que les Palestiniens ne laisseraient pas les Israéliens extrémistes « contaminer » le mont du Temple. Il met aussi en garde contre le fait que l’autorisation de la prière juive sur le site saint pourrait entrainer une guerre de religion généralisée.

Le dirigeant de l’AP affirme que les émeutiers de la mosquée Al-Aqsa ont le droit de se défendre contre la présence de la police israélienne et celle des visiteurs juifs. Il ajoute que les Musulmans et les Chrétiens ne reconnaitront jamais Jérusalem-Est comme étant la capitale d’Israël.

Abbas a fait ces déclarations (lien en arabe) lors d’un discours pour le 10ème anniversaire de la mort du chef de l’OLP Yasser Arafat.

Des milliers de personnes s’étaient rassemblées à Ramallah pour suivre l’intervention du successeur d’Arafat. Il a aussi profité de son discours pour mettre en garde le gouvernement israélien contre une modification du statu quo au mont du Temple.

« Nous ne laisserons pas nos sites saints être contaminés », assène-t-il.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netayahu, a, à plusieurs reprises ces derniers jours, répété qu’il n’avait aucunement l’intention de modifier le statu quo sur le site – le site le plus saint du Judaïsme et le troisième site saint de l’Islam.

Les Juifs peuvent se rendre sur le site mais ne peuvent pas y prier. Le mont du Temple a été annexé par Israël pendant la guerre en 1967. Les autorités musulmanes du Waqf ont reçu l’autorisation de conserver l’administration du site.

Abbas a loué les « héros » déployés au mont du Temple qui luttent contre la police et les visiteurs juifs. S’ils sont attaqués, ils « ont le droit de se défendre et de défendre les sites saints », ajoute-t-il.

« S’ils [les Juifs] restent à l’écart, nous resterons à l’écart. Mais s’ils [les Juifs] pénètrent dans l’enceinte d’Al-Aqsa, ils protègeront Al-Aqsa et les églises de la nation entière ». On ne sait pas à quelle église Abbas fait référence. Les forces de l’ordre israéliennes ont poursuivi des émeutiers jusqu’à l’intérieur de la mosquée à plusieurs reprises.

Cependant, Israël nie le fait qu’elles soient entrées profondément dans l’enceinte de la mosquée. Les forces israéliennes affirment que les Palestiniens entreposent des pierres, des bouteilles et des cocktails Molotov à l’intérieur de la mosquée en vue de les utiliser lors des manifestations violentes.

Les forces de l'ordre israéliennes près du dôme du Rocher sur le mont du Temple le 5 novembre 2014 (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)

Les forces de l’ordre israéliennes près du dôme du Rocher sur le mont du Temple le 5 novembre 2014 (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)

Les Israéliens
« pensent qu’ils peuvent réécrire l’Histoire, imposer leur réalité et partager la mosquée d’Al-Aqsa comme ils ont partagé la mosquée Ibrahimi à Hébron », s’insurge Abbas.

La mosquée Ibrahimi est le terme arabe pour le tombeau des Patriarches où les Juifs comme les Musulmans sont autorisés à prier.

Une telle mesure « serait infructueuse, car par leur action, les dirigeants israéliens vont entraîner la région et le monde dans une guerre de religion dévastatrice », ajoute-t-il.

Abbas a vivement critiqué Israël qui cherche à « imposer des faits par le biais des constructions illégales d’implantations ». Il précise que les Palestiniens revendiquent tous les territoires à Jérusalem, en Cisjordanie et à Gaza annexés par Israël en 1967. Il souligne que ces revendications ne sont « pas négociables ».

Le président de l’AP a aussi sévèrement critiqué le Hamas. Il accuse le groupe terroriste de tenter de « détruire » les efforts mis en place pour créer une unité nationale. Il fait référence aux explosions de bombes qui ont eu lieu la semaine dernière à Gaza.

Abbas accuse le Hamas d’être l’auteur des attaques dirigées contre les dirigeants du Fatah à Gaza. Il s’insurge contre le fait que la faction rivale tente de « saboter et détruire le projet national palestinien ».

Le Hamas et le Fatah avaient signé un pacte d’unité un peu plus tôt dans l’année. Cet accord est devenu chancelant dus aux disputes internes et à l’été violent.

Le Hamas a condamné les déclarations du président de l’AP et les a qualifié de « tissu de mensonges ».

« Le discours d’Abbas est un tissu de mensonge, d’insultes et de désinformations », affirme Mushir al-Masri, le porte-parole du Hamas à Gaza. Il qualifie le dirigeant palestinien comme étant quelqu’un de
« sectaire et de partisan ».

« Le peuple palestinien a besoin d’un président courageux », affirme-t-il.

Lors de son discours mardi, Abbas a aussi maintenu que Jérusalem ne sera jamais considéré comme la capitale d’Israël par les Musulmans et les Chrétiens.

« Personne n’acceptera que Jérusalem ne soit autre chose que la capitale de l’Etat de la Palestine », a-t-il déclamé. Il a, plus tard précisé qu’il faisait référence aux zones qui se situent en dehors des lignes antérieures à 1967.

Netanyahu, le ministre des Affaires étrangères, Avidgor Liberman, et le ministre de l’Economie, Naftali Bennett, répètent sans cesse ces dernières semaines que le président de l’AP attise les flammes de la violence dans la capitale.

Le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, a soutenu que l’un des facteurs qui explique la vague de terrorisme qui balaie la capitale en ce moment était les discours d’incitation à la violence d’Abbas. Il a exhorté l’AP à contribuer à restaurer le calme.

AFP a contribué à cet article.