Anticipant des expulsions « d’ampleur », les ministres devraient voter dimanche un plan qui prévoirait la fermeture dans les quatre mois qui viennent du centre de détention de Holot, situé dans le sud d’Israël et ouvert aux migrants africains.

La proposition, faite par le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri et le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, vient répondre à un jugement rendu fin août par la Haute-cour de Justice qui venait soutenir la pratique controversée d’expulsion des immigrants clandestins dans un pays tiers tout en affirmant que le gouvernement n’a aucun droit de les emprisonner, s’ils devaient refuser de partir, pour une période dépassant les 60 jours.

Selon le nouveau plan, ceux qui refuseront l’expulsion seront incarcérés.

Le plan soutient les efforts de renforcement de l’expulsion des migrants africains dans les mois qui viennent.

« Alors que nous nous préparons au départ à grande échelle des immigrants clandestins dans des pays tiers, nous pouvons reprendre en considération l’existence de la structure de Holot – le départ des individus arrivés clandestinement dans le pays pouvant s’effectuer directement depuis les centres urbains vers les pays tiers », dit-il.

Les ministres ont suggéré de maintenir Holot ouvert pendant encore quatre mois, date à laquelle le centre fermerait à moins que les ministres ne signent une autre prolongation.

Au mois d’août, la Haute cour de Justice a approuvé la politique d’émigration mais a également statué que les autorités israéliennes devaient tout d’abord s’assurer de la sûreté des pays tiers dans lesquels les migrants seraient renvoyés. Même si l’Etat n’a pas identifié ces pays tiers, il s’agirait, selon les médias, du Rwanda et de l’Ouganda.

Les expulsions dans les pays tiers sont largement sans précédent dans le monde occidental. L’Italie et l’Australie ont signé des accords semblables avec des pays tiers – l’Italie avec la Libye et l’Australie avec la Malaisie –
mais les deux propositions ont été rejetées par des tribunaux locaux. Dans les deux cas, les magistrats ont estimé que ces propositions contrevenaient à la loi internationale et à la convention de l’ONU sur les réfugiés de 1951 –
dont Israël est signataire.

Malgré tout, la Haute Cour a également déclaré que, les expulsions ne pouvant se faire qu’avec le consentement des migrants, un refus de quitter Israël ne pouvait traduire un comportement de non-coopération et que les autorités ne pouvaient pas, par conséquent, incarcérer les migrants récalcitrants à l’idée de quitter l’Etat juif plus de 60 jours.

Dans le passé, Israël retenait des réfugiés à Holot pour une période allant jusqu’à 12 mois.

L’Autorité chargée de la population et de l’immigration a indiqué que plus de 40 000 Africains clandestins habitaient Israël en 2016, une large majorité provenant d’Eryhtrée et du Soudan. Un grand nombre d’entre eux vivent dans les quartiers défavorisés de Tel Aviv. Ils sont accusés par certains habitants de l’augmentation du taux de délinquance dans la ville.

Ils sont nombreux à affirmer avoir fui les conflits et les persécutions et à réclamer le statut de réfugié. Les responsables israéliens soutiennent, pour leur part, qu’ils sont des immigrants économiques et ont résisté aux appels visant à les reconnaître comme réfugiés.