Au moins six personnes ont été blessées dans l’incident. Un adolescent de 17 ans qui était dans un état grave s’est stabilisé en milieu de soirée.

Après l’attaque, les manifestants scandaient : « Jérusalem pour tous » et des slogans contre l’homophobie et la violence.

Zoe Schochet, 18 ans, a confié au Times of Israel, qu’il y avait beaucoup de sang, que l’homme était un haredi, vêtu de noir et « qu’il était vraiment effrayant ». Elle parlait à un homme quand l’attaquant l’a poignardée dans le dos puis elle tenta de fuir. Des hordes de policiers ont ensuite plaqué l’attaquant au sol qui hurlait.

La police avait semble t-il repéré l’attaquant au défilé et lui aurait demandé de rester à l’écart du cortège, selon un témoin prénommé Dan, âgé de 22 ans.

L’agresseur a apparemment emprunté une rue latérale, puis s’est précipité sur la foule en brandissant un grand couteau.

La police israélienne n’a pas immédiatement commenté l’attaque.

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat a commenté dans un communiqué l’attaque : « Il s’agit d’un acte odieux qui s’est produit ce soir à Jérusalem. Il s’agit d’une tentative visant à nuire à la vie de la ville et à faire en sorte que le droit fondamental à la liberté d’expression n’ait pas cours. […] A Jérusalem, il y a de la place pour tout le monde et nous allons continuer à nous battre avec la police israélienne contre ceux qui tentent de nuire violemment aux autres. Nous allons continuer à soutenir tous les groupes et toutes les communautés. »

Traces de sang après l'attaque au couteau lors de la marche de la gay pride à Jérusalem, le 30 juillet 2015 (Crédit : Stuart Winer/Times of Israel)

Traces de sang après l’attaque au couteau lors de la marche de la gay pride à Jérusalem, le 30 juillet 2015 (Crédit : Stuart Winer/Times of Israel)

Des milliers de personnes ont participé à la 13e édition du défilé de la gaypride à Jérusalem. Le cortège est passé par la rue Keren Hayessod, rue centrale de la capitale, escorté par des centaines de policiers qui surveilaient la route.

Parmi les nombreux slogans scandés par les manifestants, l’on pouvait entendre : « Le peuple exige la justice sociale pour les gay, les lesbiennes et les enfants. »

L’incident d’aujourd’hui ne fut pas le premier cas de violence à un défilé de la gay pride de Jérusalem. Dix ans plus tôt, à l’un des premiers défilés à Jérusalem en 2005, quatre personnes avaient été poignardées par un homme ultra-orthodoxe. Cet homme, libéré de prison il y a trois semaines, est aussi l’auteur de l’agression de jeudi, selon la radio publique israélienne.

Après l’attaque qui s’est déroulée à quelques pas de sa résidence officielle, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a eu un compte-rendu de la part du ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan.

« Il s’agit d’un incident très grave, » a-t-il souligné ensuite dans un communiqué.

« Nous allons rendre justice aux responsables de l’acte. Dans l’Etat d’Israël, la liberté de choix de l’individu est l’une des valeurs de base. Nous devons veiller à ce qu’en Israël, chaque homme et femme puisse vivre en sécurité selon la façon dont ils choisissent de vivre « .

Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett, chef de l’aile droite nationaliste du parti HaBayit HaYehudi, a réagi à l’attaque : « l’attaque au couteau au défilé de la gay pride est un crime moral qui ne peut être pardonné. »

« Celui qui a commis ce crime nuit aux valeurs et à l’éthique juives et a besoin de faire l’objet d’une peine plus sévère, » a-t-il précisé.

Pour Yair Lapid, le chef du parti Yesh Atid, l’attaquant « doit mourir en prison ».

La police a déclaré que l’homme soupçonné de l’agression à la parade est Yishai Shlissel, le même homme qui a commis l’attaque au même défilé dix ans plus tôt.

Shlissel aurait crié : « Je suis venu pour tuer au nom de Dieu. »

Yishai Schlissel, l'agresseur présumé de l'attaque au couteau à la gay pride de Jérusalem, le 30 juillet 2015 (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Yishai Schlissel, l’agresseur présumé de l’attaque au couteau à la gay pride de Jérusalem, le 30 juillet 2015 (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Le ministre ultra-orthodoxe Aryeh Deri, appelle à une « guerre totale » contre la violence.

Parmi les personnalités publiques condamnant l’attaque d’aujourd’hui, figure le ministre de l’Economie et chef du parti ultra-orthodoxe Shas Aryeh Deri, qui a déclaré que « nous devons condamner et dénoncer tous les cas de violence et mener une guerre totale contre tous ceux qui se comportent avec violence contre une personne parce qu’il est une personne ».

Les Grands Rabbins d’Israël ont également condamné l’attaque. Le Grand Rabbin sépharade Yitzhak Yosef a dit que « la sentence de l’assaillant d’aujourd’hui devrait être la peine de tout assassin ou même plus grave que cela. Il est inacceptable qu’un homme se lève prétendument au nom de la religion pour lever la main contre des vies israéliennes. »

Quant au Rabbin ashkénaze David Lau, il a affirmé que « la Torah d’Israël interdit tout acte de violence et de nuisance à une personne, et d’autant plus s’il s’agit d’un homme qui nuit à autrui et tente de tuer. »

« Je demande pardon au nom de la Torah, » a déclaré le rabbin Benjamin Lau qui a pris la parole devant les participants au défilé à Jérusalem.

En revanche, autre discours pour le site d’informations ultra-orthodoxe Kikar HaShabbat, qui a qualifié le défilé de « marche d’abomination. »

S’exprimant ce soir à l’occasion des 30 ans de l’Opéra d’Israël, le président israélien Reuven Rivlin a déclaré :

« Nous nous sommes réunis aujourd’hui pour un événement festif, mais la joie a été brisée lorsqu’un crime de haine horrible a eu lieu ici, à Jérusalem, la capitale d’Israël.

« Les gens qui célèbrent leur liberté et qui peuvent exprimer leur identité ont été sauvagement poignardés. Nous ne devons pas être trompés, un manque de tolérance va nous conduire à la catastrophe. Nous ne pouvons pas autoriser ces crimes, et nous devons condamner ceux qui les commettent et les soutiennent. Je souhaite aux blessés un prompt et complet rétablissement. »

Moshe Adri, le chef de la police de Jérusalem a dit que les autorités étaient au courant que Schlissel avait été libéré de prison. Aucune enquête à son sujet n’avait pour autant été ouverte.

Un journaliste de la Deuxième chaîne a indiqué que Schlissel n’avait pas caché son intention de nuire, et qu’il avait écrit sur Internet qu’il continuerait à mener sa lutte à l’encontre de la communauté LGBT.

Lorsqu’on lui a demandé si la police avait été au courant des rumeurs colportées sur l’application WhatsApp prétendant que Schlissel préparait un attentat, Adri a répondu par la négative.

Par ailleurs, l’agresseur avait déclaré à une station de radio ultra-orthodoxe qu’il avait contactée, qu’il « devait arrêter cette parade ».

« Si une seule personne vient et veut maintenir le défilé, il est donc intéressant de faire quelque chose d’extrême, » avait indiqué Schlissel à l’antenne.

Se référant aux membres de la communauté LGBT, Schlissel a également déclaré que « ces gens impurs veulent souiller Jérusalem », et « l’objectif est que je dois arrêter cette parade. »