« Si l’on m’avait dit, quand j’avais 16 ans, que l’antisémitisme reprendrait la vigueur qu’il a aujourd’hui, j’aurais eu du mal à y croire », s’inquiète l’auteur lors d’un entretien au Point.

Même si le parallèle avec la situation des juifs en 1940 ne se justifie pas – il n’y a pas d’antisémitisme d’État, aujourd’hui l’État lutte contre l’antisémitisme – André Comte-Sponville ne sous-estime pas la portée de ces relents antisémites que connaît la France et qui poussent de nombreux juifs français à émigrer.

« Cette remontée de l’antisémitisme est un problème majeur. Et je comprends l’angoisse, l’inquiétude de ces milliers de juifs, religieux ou pas. Moi, j’ai plusieurs amis juifs parfaitement athées qui n’ont aucune sympathie particulière pour les autorités d’Israël mais qui pensent en effet s’installer en Israël parce qu’ils ont peur pour leurs enfants ! C’est une terrible souffrance. »

Philosophe français, décrit comme matérialiste, rationaliste et humaniste, André Comte-Sponville a étudié à l’Ecole Normale Supérieure avant d’enseigner à l’Université Panthéon-Sorbonne.

Il est membre du Comité consultatif national d’éthique et intervient régulièrement dans les médias en tant que consultant.