L’ancienne juge de la Cour Suprême Dalia Dorner a annoncé jeudi qu’elle avait l’intention de se présenter à la présidence israélienne, ce qui en fait la deuxième personnalité non-politique à prétendre à la succession de Shimon Peres, dont le mandat s’achève cet été.

Si elle remportait l’élection, Dorner deviendrait la première femme à être présidente d’Israël, mais ses chances l’emporter paraissent faibles.

Selon plusieurs sources, le ministre du Tourisme Uzi Landau (Yisrael Beytenu) envisagerait également de se lancer dans la course présidentielle.

Dorner, actuellement à la tête du Conseil de la Presse Israélienne, a déclaré que sa candidature servirait, au minimum, à montrer que des femmes peuvent accéder à la présidence. « Je considère qu’il est temps d’avoir une présidente en Israël », a annoncé Dorner lors d’une conférence au Technion à Haïfa. « Même si je ne suis pas choisie, cela ouvrira la porte pour les prochaines générations de candidates », a-t-elle ajouté.

Dorner, qui a parfois critiqué la politique d’Israël en Cisjordanie, a indiqué qu’elle ne se sentait pas liée à un quelconque parti politique et qu’elle s’efforcerait de représenter tous les courants de la société israélienne.

« J’essaye vraiment de ne pas m’engager en politique », a t-elle dit lors d’une interview sur la deuxième chaîne. Dorner a précisé qu’elle était essentiellement préoccupée par le respect des droits de l’homme en Israël, indépendamment de tout courant politique. « Nous devons protéger les droits de l’homme : c’est la loi et non pas une question de droite ou de gauche », a t-elle annoncé. « Nous devons autant protéger les survivants de l’Holocauste que les enfants », a t-elle ajouté.

Au cours des derniers jours, des proches de Dorner ont contacté des députés du Meretz et du Likud au sujet de cette décision, notamment pour s’assurer qu’elle obtiendrait les 10 signatures officielles, nécessaires pour lancer sa candidature, révèle Haaretz.

Dorner est née en Turquie en 1934 et a immigré en Israël à l’âge de 10 ans. Elle a obtenu son diplôme de droit à l’Université Hébraïque de Jérusalem.

Après avoir été diplômée en droit en 1960, elle rejoint l’armée israélienne. Elle occupe plus tard le poste de conseillère à la Défense. Elle est ensuite nommée juge à la cour du District de Jérusalem. En 1994, elle est nommée à la Cour Suprême. Elle y restera jusqu’à ce qu’elle prenne sa retraite dix ans plus tard. En 2006, elle est élue présidente du Conseil de la Presse Israélienne.

Le successeur de Shimon Peres – le dixième président israélien – sera élu à la Knesset, à la fin du mois d’avril. Le septennat de Peres s’achève à la fin du mois de juillet. Le président est élu par les 120 membres de la Knesset. qui font en sorte de choisir l’un des leurs pour occuper cette fonction symbolique, mais qui reste importante.

Parmi les principaux candidats figurent le député du Likud Reuven Rivlin, le ministre de l’Eau et de l’Énergie Silvan Shalom, le vétéran du parti Haavodah Benjamin Ben-Eliezer, et l’ancien député et directeur de l’Agence juive Natan Sharansky.

Toutefois, à ce stade de la course, il est difficile d’en connaître le résultat..