Le vice-ministre de la Défense Danny Danon a menacé mercredi de démissionner si le gouvernement procédait à de nouvelles libérations de prisonniers palestiniens, affirmant qu’il était clair que rien ne sortirait des négociations de paix actuelles.

« J’en suis venu à la décision suivante : je ne ferai pas partie de la branche exécutive – le gouvernement – si elle approuve et procède à une nouvelle libération de prisonniers dans le cadre de la ‘quatrième vague’ qui doit avoir lieu le 29 de ce mois », écrit-il dans une lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Le jour où le premier meurtrier palestinien marchera libre hors de prison, je soumettrai une lettre de démission de mon poste de vice-ministre de la Défense au gouvernement israélien. »

Danon ajoute que la logique de ceux qui soutiennent la libération ne tient pas debout.

« Ceux qui ont soutenu la libération affirment que c’est un prix qui vaut la peine d’être payé dans l’espoir de parvenir à la paix avec les Palestiniens », écrit-il.

« Dans le même temps, il est devenu clair que, comme prévu, les Palestiniens ont tiré profit, et ce n’est pas la première fois, de notre désir de paix et de notre naïveté pour nous tromper. Ils ont prétendu négocier, et nous avons relâché de vils meurtriers. »

Israël a accepté de libérer 104 prisonniers palestiniens enfermés depuis plus de 20 ans en quatre étapes, dans le cadre de la relance des pourparlers de paix en juillet dernier.

Mais après avoir mené à bien les trois premières vagues de libération, certains responsables israéliens, dont la négociatrice en chef et ministre de la Justice Tzipi Livni, ont émis des doutes sur la possibilité que le gouvernement procède à la quatrième vague.

Les Palestiniens ont affirmé qu’ils refuseraient de prolonger les négociations après le délai initial du mois d’avril, à moins qu’Israël ne gèle les constructions dans les implantations et n’accepte de libérer encore plus de prisonniers.

Lors d’un discours mardi, Livni a soutenu que Jérusalem ne s’était jamais engagée à une libération de prisonniers.

« La clef de la prison où sont détenus les prisonniers palestiniens » est dans les mains du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a-t-elle maintenu, se référant à sa décision de poursuivre ou non les négociations.

Cela étant, Danon a critiqué Livni en annonçant ses intentions, lors d’une réunion avec des familles de victimes du terrorisme.

« Lors des dernières semaines, Mahmoud Abbas a été démasqué et il est clair que rien ne sortira des négociations », a-t-il affirmé.

« Je ne siégerai pas dans un gouvernement qui libère des terroristes en échange des fantaisies de Tzipi Livni. Il y a des limites au nombre de fois où vous pouvez vous faire rouler par les sourires de Livni et d’Erekat. »