Pourquoi Louis Destouches qui entra à la Section d’hygiène de la Société des Nations (SDN) en 1924 en sortit comme écrivain -« Louis-Ferdinand Céline »- antisémite, se demande le journal suisse Le Temps?

« Quand il quittera cette organisation, trois ans plus tard, deux rencontres auront changé sa vie raconte le journal hélvètique : celle d’une muse américaine, qui accompagnera ses débuts en littérature ; celle d’un maître polonais, figure quasi paternelle sur laquelle se transposera sa haine des juifs. »

Pour remonter le fil de la haine des juifs qui trouvera son comble dans « Bagatelles pour un massacre« , Le Temps s’est plongé dans les archives de la SDN, ancêtre de l’ONU.

On y apprend qu’il accueille avec une grande joie sa promotion au « poste de responsable des échanges de médecins spécialistes » où il « embrasse des problèmes d’hygiène de belle envergure et, mon Dieu, [il ]aime cela ».

Destouches doit ce poste à un ami représentant en Europe de la Fondation Rockefeller qui le recommande au directeur de la section hygiène de la SDN, ancêtre de l’OMS, le docteur Ludwig Rajchman, un Polonais d’origine juive.

Mais Destouches finit par se détacher de la SDN, pour qui il avait parcouru le monde afin de mettre en place un système sanitaire international, dont la mission est entravée par son manque de popularité.

Il s’en inspira pour écrire L’Eglise, qui décrit la SDN comme « une organisation contrôlée par des juifs qui veulent en faire un instrument de domination mondiale ».

Il y dresse un portrait au vitriol et nettement antisémite de Rajchman, à qui il fera pourtant la lecture de son livre et qui continuera de le recommander jusqu’en 1933 date de publication du livre.

« Il justifiera après coup et très tardivement, en 1960, son antisémitisme par son expérience de la SDN, » explique Annick Duraffour, co-auteure d’un livre sur Céline.