Suite aux informations concernant une frappe aérienne présumée sur une usine d’armes au sud de la Syrie, le chef du renseignement militaire, le major de division Herzl Halevi a averti jeudi qu’Israël travaillait avec acharnement pour combattre ses ennemis « proches et éloignés ».

« Nous faisons face à ces menaces, de près et de loin, avec détermination et nos ennemis, où qu’ils soient, connaissent bien l’association de (nos) renseignements précis et de nos capacités opérationnelles », a-t-il déclaré lors d’un évènement à la mémoire de l’ancien président Chaim Herzog à Tel Aviv.

« Les sévères menaces contre la sécurité d’Israël provenant de la part de groupes armées, sont soutenues par l’Iran. Elles sont sérieuses mais ne sont pas des menaces existentielles », a déclaré Halevi. « L’Iran travaille à se positionner sur nos frontières avec la Syrie, le Liban et Gaza, inondant ces frontières avec une idéologie meurtrière.

Jeudi matin, à l’aube, l’armée syrienne a confirmé qu’un avion a bombardé un site militaire près de Masyaf, où le régime aurait conservé ses réserves d’armes chimiques et de missiles. Dans un communiqué, l’armée a souligné que la frappe aérienne, qui a fait deux morts, a été réalisée par des avions israéliens, et a prévenu que cette frappe pourrait avoir « des répercussions dangereuses ».

Image satellite du CERS, près de Masyaf, qui aurait été touché par une frappe israélienne dans la nuit du 6 au 7 septembre 2017. (Crédit : capture d'écran Google Earth)

Image satellite du CERS, près de Masyaf, qui aurait été touché par une frappe israélienne dans la nuit du 6 au 7 septembre 2017. (Crédit : capture d’écran Google Earth)

L’armée israélienne n’a pas réagi à ces communiqués, mais le ministre de la Défense Avigdor Liberman a indiqué jeudi que l’armée israélienne ferait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher l’Iran d’établir un couloir terrestre contrôle par les chiites, qui s’étendrait de Téhéran à Damas.

« Nous ne cherchons pas l’aventure, et nous ne voulons pas être entraînés dans un quelconque conflit », a déclaré Liberman à la radio Radius 100FM.

« Nous sommes prêts et déterminés à nous défendre et à garantir la sécurité des citoyens israéliens », a-t-il ajouté, indiquant que l’armée de l’air continuera à frapper des cibles militaires du Hezbollah soutenues par l’Iran, tant qu’elle le juge nécessaire. « Nous ferons ce qu’il faut pour empêcher la création d’un couloir chiite de l’Iran à Damas. »

Gadi Eizenkot, chef d’état-major de l’armée israélienne a fait allusion jeudi aux actions militaires israéliennes dans la région, qui sont destinées à empêcher l’Iran de créer un point d’ancrage le long de la frontière nord.

« Nous travaillons pour renforcer nos capacités militaires, et améliorer notre stratégie de dissuasion existante », a-t-il dit, lors d’une cérémonie commémorative pour les membres de la brigade Givat tués. « Parallèlement, nous cherchons à contrecarrer, avec responsabilité et détermination, toutes les menaces à notre sécurité et à notre prospérité. »

En Allemagne, le président Reuven Rivlin a également averti que l’ancrage de l’Iran en Syrie et son soutien au groupe terroriste libanais Hezbollah, pourrait « plonger l’ensemble de la région dans une guerre » qui menacerait Israël

Depuis des années, Israël aurait mené des frappes aériennes sur des installations d’armement en Syrie, notamment des missiles anti-aériens fabriqués en Russie et des missiles iraniens, ainsi que des positions du Hezbollah, mais ne confirme généralement pas ces attaques.

En août, un ancien commandant de l’aviation israélienne a déclaré que cette dernière avait mené des dizaines de frappes aériennes sur des convois d’armement destiné au Hezbollah, au cours des 5 dernières années. Ces propos, tenus par le major de division Amir Eshel a révelé, pour la première fois, l’ampleur de ces frappes, que l’armée de l’air israélienne ne confirme ni n’infirme.

La frappe israélienne contre la Syrie la plus connue a eu lieu il y a précisément 10 ans, le 6 septembre 2007, quand un avion de l’armée de l’air israélienne a bombardé un réacteur nucléaire à Deir Ezzor.

Un tank portant le drapeau du groupe terroriste du Hezbollah dans la région syrienne de Qalamoun, le 28 août 2017. (Crédit : Louai Beshara/AFP)

Un tank portant le drapeau du groupe terroriste du Hezbollah dans la région syrienne de Qalamoun, le 28 août 2017. (Crédit : Louai Beshara/AFP)

Israël a globalement gardé ses distances avec son voisin syrien, mais a toujours dit qu’il prendra mesures pour empêcher le Hezbollah d’acquérir des armes sophistiquées.

En mai, Liberman a déclaré que l’armée israélienne ne frappe la Syrie que pour 3 raisons : quand Israël est attaqué ; pour empêcher le transfert d’armes ; et pour esquiver une « bombe à retardement », c’est-à-dire, pour contrecarrer une attaque terroriste en Israël par le groupe sur ses frontières.

De son côté, le Hezbollah a tiré plus de 4 000 roquettes sur des communautés israéliennes durant la dernière guerre avec Israël en 2006. Depuis mardi, des dizaines de milliers de soldats israéliens s’entraînent dans le cadre d’un exercice de simulation d’une guerre de 10 jours contre le Hezbollah, dans le nord d’Israël, l’exercice le plus important organisé par l’armée israélienne en 20 ans, annoncé lundi par l’armée, dans un contexte particulièrement tendu du à l’influence grandissante de l’Iran sur la Syrie et le Liban.

Stuart Winer a contribué à cet article.