Le dirigeant de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a accusé dimanche Israël, l’Iran et la Turquie d’attiser les conflits dans de nombreux pays du Moyen-Orient et de compliquer les efforts pour parvenir à la stabilité dans cette région en crise.

Al-Arabi a accusé les trois pays non arabes de la région d’ « ingérence » dans les affaires des autres pays et d’être la cause de la crise alors que l’instance arabe prenait des mesures pour créer une force armée conjointe afin de lutter contre les menaces.

« « Il y a de l’ingérence de certains voisins, Israël d’un côté, et l’interférence de l’Iran et de la Turquie de l’autre dans plusieurs pays », a affirmé Al-Arabi dans ses observations finales du sommet arabe de deux jours à Sharm EL-Sheikh, en Egypte.

Il répondait à une question au sujet des accusations de plusieurs dirigeants arabes sur la menace représentée pour l’identité arabe de la région posée par ce qu’ils appellent des « tiers » ou des « étrangers » qui attisent les rivalités sectaires, ethniques ou religieuses dans les Etats arabes.

De nombreuses déclarations faisaient référence, de façon à peine voilée, à l’Iran, qui, a au cours des dernières années, a consolidé son emprise en Irak, en Syrie, au Liban et maintenant au Yémen.

Mais Al-Arabi a déclaré qu’Israël et la Turquie avaient également outrepassé leurs limites et attisé les tensions.

Le chef de la Ligue arabe a en outre promis de vaincre les rebelles chiites soutenus par l’Iran au Yémen, mettant en lumière leurs plans pour former une force arabe commune d’intervention et ouvrant la voie à un affrontement potentiellement dangereux entre les Etats arabes – et leur allié américain – et Téhéran pour gagner de l’influence dans la région.

« Le Yémen était au bord de l’abîme, il fallait une opération arabe et internationale efficace après que tous les moyens pour parvenir à une résolution pacifique ont été épuisés pour mettre un terme au coup d’Etat des Houthis et restaurer la légitimité », a déclaré Al-Arabi.

Elaraby a indiqué que les chefs d’état-major se réuniront dans un mois et auront trois mois supplémentaires pour travailler sur les détails avant de présenter leurs propositions lors d’une réunion du Conseil de la Défense conjointe de la Ligue arabe.

Les préparatifs pour mettre en place cette force armée se feront sous les auspices du Koweït, de l’Egypte et du Maroc – l’ancien, l’actuel et le futur président de la Ligue arabe.

« C’est une résolution importante, étant donné les troubles et les menaces sans précédents endurés par le monde arabe », a-t-il précisé.

Cette résolution votée lors du sommet stipule que cette nouvelle force commune de Défense arabe serait déployée à la demande de toute nation arabe faisant face à une menace pour sa sécurité nationale et qu’elle serait également utilisée pour lutter contre les groupes terroristes.