NEW YORK — Le Serbe Novak Djokovic, n°1 mondial, s’est tourné vers le public de l’Académie de Tennis John McEnroe de l’île de Randall à New York jeudi et a demandé avec amusement, « Vous dites Noah ou Novak ?! »

Les fans étaient très enthousiastes de voir Djokovic en action, juste quatre jours avant le début de l’US Open dans les environs du Queens à New York, mais, en réalité, ils étaient venus pour observer Noah Rubin, âgé de 18 ans.

Le beau jeune homme aux manières délicates a remporté le mois dernier le tournoi de tennis junior de Wimbledon et le Championnat national junior de tennis à Kalamazoo dans le Michigan.

Lors de la journée de bienfaisance pour le Projet de tennis Johnny Mac, l’ancien grand joueur de tennis John McEnroe a été interrogé au sujet de Rubin, qui a joué dans son académie de tennis pendant des années.

Appelant Rubin « notre fierté et notre joie », McEnroe explique « il est incroyable de voir le progrès qu’il a fait ».

« J’ai pensé que je l’enverrai aux loups, contre Djokovic, pour lui donner une idée de la réalité », explique McEnroe. « C’est un très grand moment de jouer le n°1 mondial ».

Après Rubin, la tête de série n°3 de Merrick, Long Island a battu la tête de série n°5 et champion en titre Collin Altamirano 6-4, 6-4, 6-3, il s’est assuré une wild card dans le tableau principal de l’US Open. En outre, Rubin et son partenaire, Stefan Kozlov ont gagné le championnat en double à Kalamazoo et ont reçu un ticket direct pour le tableau de double de l’US Open.

Rubin, actuellement classé 585 mondial en simple et 1396 en double, jouera l’Argentin de 24 ans Federico Delbonis, classé 66ème mondial, pour son entrée en lice en simple qui aura lieu mardi. Rubin et Kozlov joueront leur premier match en double plus tard dans la semaine contre les Américains Jared Donaldson et Michael Russell.

« Le mot que j’utilise pour décrire cet été est : surréaliste ! Il y a eu beaucoup d’événements. Cela a été une course folle, je suis content que tout ait fonctionné » explique Rubin au Times of Israel. Il confesse honteusement : « Je suis rentré à 1h15 le lendemain de ma victoire à Wimbledon et j’ai dû regarder l’enregistrement pour être sûr que j’avais vraiment gagné ! »

Avec son 1m75 et ses 66 kilos, le sympathique Rubin ne cache pas son judéité et voyage dans le monde avec un collier qu’il décrit comme « la main de Dieu avec une chaîne au milieu ». C’est un cadeau de son père Eric pour ses 17 ans.

Rubin annonce fièrement : « Je peux réciter ma Haftarah pour ce jour ! » Il a célébré sa bar mitzva au Centre juif Merrick, une synagogue conservatrice à Long Island et a organisé un « Projet mitzva » en rassemblant des raquettes de tennis usées pour les donner aux Centres de tennis d’Israël.

« Malheureusement, je ne suis pas encore allé en Israël mais j’irai bientôt. Je prévois d’y aller trois ou quatre fois dans ma vie », dit-il.

La mère, Melanie Rubin, se souvient de Rubin jouant au tennis « quand il portait des couches ». Melanie et son ancien mari, Eric, se levaient à 5 heures du matin et conduisaient leur fille Jessie et Noah à un court de tennis couvert de 6 heures à 8 heures les samedis et dimanches matins.

« Eric et moi faisions une bonne équipe, il donnait des balles à Jessie et Noah, et moi je ramassais les balles et les encourageait ».

En grandissant, Rubin jouait au tennis plusieurs jours par semaine, mais il a aussi réussi à jouer dans une équipe de football et à étudier dans une école juive. Melanie est fière que Rubin y ait suivi des cours trois jours par semaine du CE1 à la bar mitzva. « Ils ont fait tellement de Menora de Chanukah à l’école juive que nous allumons encore deux ou trois Menora par enfant », dit-elle.

Après la bar mitzvah, Rubin a arrêté d’aller à l’école juive et a choisi de se concentrer sur le tennis. Rubin est allé dans un lycée classique à Bellmore, Long Island, pendant un an, puis est passé à un programme en ligne car son emploi du temps d’entraînement et de tournoi s’intensifiait.

Son père, Eric, était le meilleur joueur et le capitaine de l’équipe de tennis du lycée au Queens à New York.

Il a été le premier entraîneur de Rubin et continue à travailler avec son fils en tandem avec Lawrence Kleger, l’autre entraîneur de Rubin. Rubin voyage actuellement régulièrement pour des tournois aux Etats-Unis et en Europe, parvenant aux sélections de l’US Open l’été dernier où il a perdu contre l’Israélien Amir Weintraub.

Sa mère confie : « Il jouait contre un Israélien. Je n’étais pas sûr de qui je voulais voir gagner. Cela m’a tué ! »

Un an plus tard, Rubin se trouve lui aussi cette fois-ci dans le tableau final des 128 joueurs talentueux du monde entier.

Quand la compétition de Rubin à l’US Open sera finie, il ira à Winston Salem en Caroline du Nord où il commencera sa première année à l’Université Wake Forest.

Rubin n’est pas sûr de ce qu’il étudiera, mais sa mère est déjà contente qu’il se soit inscrit à un cours sur les études juives. Noah explique qu’il a déjà contacté ses professeurs pour les informer qu’il arrivera en retard. « J’espère qu’ils comprendront, c’est une formidable opportunité de jouer à l’US Open ! »