Le ministre palestinien des Affaires étrangères Ryad Al-Malki a convoqué dimanche un diplomate australien après la décision de Canberra de ne plus utiliser le terme « occupée » à propos de Jérusalem-Est.

« Le ministre palestinien des Affaires étrangères a convoqué le représentant australien (auprès de l’Autorité palestinienne) Thomas Wilson pour clarifier les propos du l’attorney général australien demandant à ne plus considérer Jérusalem-Est comme un territoire occupé », précise un communiqué du ministère.

Parlant à des journalistes à Ramallah, M. Malki a déclaré être « inquiet » de ces remarques qui vont à l’encontre de la position de la communauté internationale.

« Nous demandons à Canberra de donner sa position officielle sur cette question dans les jours à venir », a ajouté le ministre, en qualifiant la décision du gouvernement conservateur australien de « changement radical ».

« La Palestine est un Etat dont la capitale est sous occupation, une réalité que les Nations unies ont reconnue », a conclu M. Malki.

Recours à la Ligue arabe

L’Autorité palestinienne veut faire pression sur les pays arabes et musulmans afin qu’ils réévaluent leurs relations avec l’Australie après l’annonce de Canberra la semaine dernière selon laquelle elle cesserait de se référer à Jérusalem Est comme un territoire « occupé », a écrit un haut fonctionnaire de l’AP dans une lettre à la ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop.

« La Palestine exhortera la Ligue arabe et la Conférence islamique [l’Organisation de la coopération islamique] d’examiner les relations du monde arabe et islamique avec l’Australie, à la lumière de la reconnaissance illicite par l’Australie du régime colonisateur illégal en Palestine occupée », a écrit Saeb Erekat dans la lettre, en date du 5 juin.

Jeudi, le procureur général australien George Brandis a expliqué que l’utilisation du mot « occupé » constituait un jugement et ne contribuait pas au dialogue sur la zone contestée.

« La définition de Jérusalem Est comme ‘occupée’ est un terme véhiculant des conséquences péjoratives, qui n’est ni approprié ni utile », a déclaré Brandis lors d’une réunion au Sénat. « Le gouvernement australien ne décrira pas les zones de négociation dans ces termes critiques ».

Dans la lettre, Erekat réagissait à la déclaration de Brandis, alléguant qu’elle montre que l’Australie « n’entend pas respecter son engagement en vertu du droit international de ne pas reconnaître la souveraineté israélienne sur toute partie du territoire palestinien occupée par Israël en 1967, y compris Jérusalem Est. »

Et d’ajouter que le terme « occupation » reflète un « fait juridique » basé sur des résolutions onusiennes.

Israël a annexé Jérusalem Est, la Cisjordanie, la bande de Gaza et le plateau du Golan lors de la guerre des Six-Jours de 1967. La majorité de la communauté internationale ne reconnaît pas l’annexion de Jérusalem Est à ce jour.

Israël a salué la décision australienne. Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman a applaudi « le gouvernement australien pour son honnêteté et son intégrité dans la gestion du conflit israélo-palestinien ».

Pour Lieberman, la position australienne résulte d’un « examen sérieux de la question », qui « évite la position populiste et ne tente pas de courtiser ou de flatter les forces islamiques extrémistes » qui, selon lui, intimident ceux qui ne partagent pas leur point de vue sur les Territoires.

Les implantations « appartiennent à l’histoire juive depuis des milliers d’années et n’ont jamais fait partie d’un Etat palestinien qui n’a jamais existé », a-t-il ajouté. « J’espère que d’autres pays découvriront la bravoure et l’honnêteté dont l’Australie a fait preuve. »