Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a appelé mercredi soir le président Emmanuel Macron à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, à l’instar de son homologue américain Donald Trump.

« Le Crif salue la décision historique du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël et le transfert prochain de l’ambassade des États-Unis », écrit dans un communiqué l’organe de représentation politique de la première communauté juive d’Europe.

Il « appelle le président Emmanuel Macron à engager notre pays dans la même démarche courageuse ». Au même moment, le chef de l’Etat français, qui s’exprimait à Alger, a qualifié de « regrettable » la décision que venait d’annoncer Donald Trump.

Pour le président du Crif, Francis Kalifat, cité dans le communiqué de son organisation, la décision de Donald Trump est au contraire « la meilleure des réponses » à ce qu’il estime être des « tentatives de falsification historique menées inlassablement par les pays arabes et les palestiniens à l’Unesco et à l’ONU sur le statut de Jérusalem ».

Pour le Crif, « la paix entre Israéliens et Palestiniens ne peut se bâtir sans reconnaissance de la vérité historique ».

L’organisation juive « espère » que « cette décision permettra de relancer un dialogue sincère pour aboutir, par la négociation, à une paix durable dans la région », permettant « aux deux peuples de vivre côte à côte dans la sécurité ».

Joël Mergui, président du Consistoire, l’instance de représentation du culte juif français, a lui aussi exprimé sa « satisfaction » après la déclaration américaine, qui ne fait selon lui que « reconnaître une vérité historique et le lien plurimillénaire du peuple juif avec la ville sainte ».

« J’espère voir demain la France et les pays démocratiques s’engager dans cette même voie, rappeler cette vérité et continuer à soutenir la paix sans enlever à Israël sa légitimité sur sa capitale, Jérusalem », a déclaré à l’AFP le responsable religieux. Il a fait valoir que « depuis la construction du premier Temple, il y a plus de 3.000 ans, toutes les prières des juifs du monde sont restées tournées fidèlement vers Jérusalem ».

Le président français Emmanuel Macron a qualifié mercredi de « regrettable » la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem capitale d’Israël, et appelé à « éviter à tout prix les violences ».

Lors d’une conférence de presse à Alger où il est en visite, M. Macron a souligné « l’attachement de la France et de l’Europe à la solution de deux Etats, Israël et la Palestine vivant côte à côte en paix et en sécurité dans des frontières internationalement reconnues avec Jérusalem comme capitale des deux Etats ».

Réactions politiques en France :

Parti socialiste : « Le Parti socialiste s’oppose vigoureusement à cette action unilatérale qui fragilise les acteurs de la paix et de la réconciliation en Israël et en Palestine, mine les chances de reprise des négociations de paix pour une solution à deux Etats, et accroît dangereusement les tensions au Proche et Moyen-Orient. (…) Le Parti socialiste demande aux autorités françaises et de l’Union européenne de manifester fortement et publiquement leur opposition à cette décision funeste, notamment en saisissant le Conseil de sécurité des Nations-Unies ».

Députés communistes : « Trump jette encore de l’huile sur le feu proche-oriental (…) Cette décision est irresponsable et incompatible avec la paix, qui doit pourtant être le seul et unique objectif. Nous, députés communistes, dénonçons fermement cette politique dangereuse, hostile à l’égard de la Palestine; nous réaffirmons notre attachement à une solution à deux Etats dans ses frontières de 1967; et nous demandons à la France d’œuvrer d’urgence conformément à la résolution votée par l’Assemblée nationale et le Sénat portant sur la reconnaissance de l’Etat palestinien ».

Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise : « Au mépris de l’ONU, Trump décrète #Jerusalem capitale d’Israël. Que fait-on dans une alliance militaire avec ce type ? Au Moyen-Orient, la paix c’est le respect du droit international ».