L’auteur Zak Ebrahim, fils du djihadiste El Sayyid Nosair condamné dans le meurtre de Rabbi Meir Kahane, affirme que fréquenter des Juifs, dont Jon Stewart du « Daily Show », l’a aidé à bannir l’extrémisme pour emprunter la voie de la tolérance.

Dans une interview avec le magazine Vice publiée lundi, Ebrahim explique comment il s’est rendu compte que l’idéologie fanatique sonnait faux.

Le tournant s’est produit quand il a participé à une initiative sur la violence des jeunes dans les écoles. Au cours de trois jours de congrès national, Ebrahim a découvert que l’un des coparticipants avec lequel il avait sympathisé était juif.

« Je n’avais jamais eu d’ami juif », explique Ebrahim. « J’ai été surpris, car toute ma vie, j’avais appris que non seulement nous ne pourrions pas être amis, mais que nous étions des ennemis naturels. Immédiatement, j’ai compris que c’était faux. »

Pour Ebrahim, ce moment a revêtu une signification profonde.

« J’ai senti que j’avais fait quelque chose que je croyais impossible » dit-il. « Donc, j’ai ressenti une fierté. C’était l’une des premières fois où je contestais l’idéologie sur laquelle j’avais été élevé ».

Une autre influence juive l’ayant mené sur la voie de la tolérance est John Stewart, le présentateur juif de l’émission populaire « The Daily Show ».

« Il a fustigé l’intolérance envers les homosexuels. Non seulement cela, mais il a une manière de démolir l’idéologie fanatique en expliquant ses conséquences.  »

Bien qu’acquitté de meurtre, El Sayyid Nosair, le père de Zak Ebrahim, a été condamné à 22 ans de prison sur des accusations de port d’armes à feu dans l’exécution en novembre 1999 de Kahane, fondateur de l’aile droite de la Ligue de Défense juive et ancien membre du parlement israélien.

Trois ans plus tard, alors qu’il se trouvait en prison, Nosair a également été impliqué dans le premier attentat du World Trade Center, où six personnes ont été tuées et plus d’un millier blessées, en s’associant avec des terroristes mêlés à l’attentat.

Ebrahim, qui a changé son nom pour éviter d’être relié à son père, a vu Nosair pour la dernière fois il y a des années. En raison des déménagements fréquents que sa famille a subis, lui rendre visite en prison était trop cher et peu pratique.

Aujourd’hui, il donne des conférences sur la tolérance et fait la promotion de son livre, The Terrorist’s Son: A Story of Choice, qu’il a écrit en partie, explique-t-il, pour montrer que tous les Musulmans ne sont pas des adeptes irrémédiables de l’idéologie extrémiste.

« Il est très important pour moi de souligner que, malgré l’exposition à cette idéologie que tant de gens craignent, je défends la tolérance et l’acceptation de ceux qui sont différents de moi », précise-t-il. « Si moi j’ai pu en sortir, alors que dire de la grande majorité des musulmans du monde qui ne sont jamais exposés à ce niveau d’extrémisme ? »

Dans une récente présentation au TED – conférence pluridisciplinaire qui diffuse les idées innovantes – Ebrahim a déclaré que le fanatisme est un choix et que « même si vous êtes formés à la haine, vous pouvez choisir la tolérance. Vous pouvez choisir l’empathie. »