Un ancien ministre du Venezuela qui a été accusé d’antisémitisme et d’avoir des relations avec l’Iran et le groupe terroriste du Hezbollah a été nommé vice-président du pays d’Amérique du Sud.

La nomination de Tareck El Aissami par le président Nicolas Maduro a été annoncée la semaine dernière, selon plusieurs médias, dont le Miami Herald.

Aissami, qui serait connu des renseignements américains, aurait pris part à un réseau de trafic de stupéfiants contrôlé par l’Etat du Venezuela, et entretiendrait des relations avec l’Iran, la Syrie, et le groupe terroriste libanais du Hezbollah.

Shimon Samuels, le directeur du Centre Simon Wiesenthal, a également déclaré que, bien qu’Aissami soit « présenté comme un druze », il est « étroitement associé avec l’Iran chiite, l’organisation terroriste du Hezbollah et la famille du président syrien Bashar el-Assad, qu’il a apparemment hébergé à Caracas. »

Samuels a déclaré que le nom d’Aissami avait été cité comme intermédiaire entre l’Iran et l’Argentine dans les tentatives de dissimulation de la complicité de Téhéran dans l’attentat contre le centre juif AMIA de Buenos Aires en 1994. Une explosion avait tué 85 personnes et en avait blessé 300. Personne n’a encore été jugé pour cet attentat.

« Sa nomination assure à l’Iran un accès continu pour le chaos terroriste dans toute l’Amérique latine », a-t-il déclaré.

Un homme marche dans les décombres après l'explosion d'une bombe à l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires, le 18 Juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)

Un homme marche dans les décombres après l’explosion d’une bombe à l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires, le 18 Juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)

Les membres de la communauté juive du Venezuela s’inquiètent aussi qu’Aissami puisse mettre en place un ordre du jour antisémite dans le pays.

« Non seulement il est impliqué dans le trafic des drogues et a des relations avec le mouvement colombien terroriste des FARC, mais Aissami a également hérité de la haine d’Israël et des juifs de [l’ancien président décédé Hugo] Chavez, et peut à présent mettre en place l’antisémitisme de Madura, menaçant encore les vies juives au Venezuela », a déclaré vendredi Ariel Gelblung, le représentant du Centre Wiesenthal en Amérique latine.

« Aissami pourrait en effet transformer l’antisémitisme en politique d’état et promouvoir la transplantation du conflit moyen-oriental en Amérique du Sud. »

Maduro a succédé à Chavez, dont le régime socialiste était très lié aux islamistes partisans d’une ligne dure.

En tant que ministre de l’Intérieur de Chavez, Aissami aurait participé à un programme clandestin pour fournir des passeports vénézuéliens à des terroristes de Damas, a annoncé Veja en 2015. Deux mois après, le Wall Street Journal avait accusé les ministres du gouvernement, notamment Aissami, de transformer le Venezuela en plaque tournante du trafic mondial de cocaïne.

« Maître du réseau moyen-oriental, révolutionnaire cubain honoraire et chavista ambitieux, M. El Aissami est un rêve devenu réalité pour Téhéran et La Havane. Cela fait de lui un homme puissant au Venezuela », avait écrit le Journal.