Israël se classe parmi les meilleurs endroits où les touristes se rendent pour se faire soigner selon un rapport exhaustif annuel.

Dans le classement des 25 destinations les plus populaires du tourisme médical du Medical Tourism Index (MTI) [l’indice du tourisme médical], Israël se place en premier dans la catégorie du meilleur service, meilleur soin et meilleure expérience pour les patients et se classe troisième dans le classement général.

C’est clairement un compliment mais certains craignent que le tourisme médical ne se fasse au détriment des soins apportés aux Israéliens.

Traditionnellement « les touristes médicaux » sont des habitants de pays moins développés qui cherchent à accéder à des soins, qui n’existent pas dans leurs pays, aux Etats-Unis ou en Europe.

Cela a changé – une large partie du « trafic » du tourisme médical se fait à partir de pays développés vers des pays où les traitements sont moins chers.

Une étude datant de 2013 du Medical Tourism Association (MTA) [Association du tourisme médical] révèle que 80 % de la demande relève d’une volonté d’économiser et que près de 76 % des patients qui ont déjà effectué cette démarche ou seraient intéressés sont des Américains.

Près d’1,6 million d’Américains sont déjà partis à l’étranger se faire soigner en 2012, indique l’organisation, chiffre qui reflète le coût élevé du système de santé aux Etats-Unis.

La plupart vont en Inde ou en Amérique latine (Mexique, Brésil et Argentine) pour accéder à des traitements mais selon l’étude MTI, publiée chaque année par le International Healthcare Research Center (IHRC) [Centre de recherche de la santé], il existe de meilleures destinations médicales.

Les meilleurs endroits pour les soins de santé, classement fondé sur les soins, coût, commodité, services, et autres agréments touristiques – en partant du principe que les patients souhaitent allier tourisme médical et tourisme tout court – sont le Canada, le Royaume-Uni, Israël, Singapour et le Costa Rica.

Ce classement est composé des 25 pays les plus populaires et se fonde sur le nombre de touristes, le nombre d’organisations de voyage qui mettent au point ces séjours, le nombre de sites Internet que les hôpitaux ont mis en ligne pour attirer des patients potentiels et d’autres facteurs.

La majorité des 50 000 touristes médicaux qui se rendent en Israël tous les ans ne viennent pas des Etats-Unis mais de Russie ou d’Europe de l’Est. Cependant, un bon millier arrivent des Etats-Unis aussi. Selon l’expert en tourisme médical, Stuart Katz, beaucoup d’entre eux viennent en Israël pour des traitements orthopédiques, qui coûtent moitié moins qu’aux Etats Unis.

« Bien sûr, les patients ne peuvent pas reprendre l’avion une fois qu’ils ont reçu les soins. Ils ont besoin de s’octroyer quelques semaines de repos et récupérer. Et même en incluant le coût de l’hôtel pour la période de convalescence et le prix du billet d’avion, les patients peuvent économiser près de 25 à 35 % sur le prix qu’ils auraient payé pour des soins équivalents aux Etats-Unis », explique-t-il.

Selon les données collectées par le ministère de la Santé, le bénéfice total issu du tourisme médical en Israël – en incluant les coûts hospitaliers, les hôtels et les autres dépenses – s’élève à 140 millions de dollars en 2012.

Selon The Medical Travel Journal [Journal des voyages médicaux], les hôpitaux publics israéliens ont engrangé 291 millions de shekels grâce au tourisme médical cette année-là. L’hôpital Sheba à Ramat Gan a obtenu 130 millions de shekels et l’hôpital universitaire de Hadassah à Jérusalem a gagné 108 millions de shekels.

« Le tourisme médical est un sujet sensible pour le système de santé israélien. Chaque touriste hospitalisé pose la question de savoir s’il ne prend pas la place d’un patient israélien, surtout lorsqu’on prend en considération que les hôpitaux sont surchargés et que le délai d’attente pour avoir accès à un traitement est long », indique le rapport.

Il ajoute qu’ « aucune autorité en Israël n’a les données complètes sur le tourisme médical. Le ministère de la Santé n’a que des données partielles dont les bénéfices que les hôpitaux publics en retirent. Il ne sait pas combien de patients sont traités, ou dans quel département. Beaucoup d’hôpitaux publics et privés ont refusé de donner des chiffres sur le nombre de patients ou sur les bénéfices engrangés ».