Les onze familles qui ont porté l’affaire contre l’Autorité palestinienne et l’OLP devant un tribunal fédéral de New York comprennent les quatre parents de citoyens américains assassinés dans l’explosion dans la cafétéria de l’université hébraïque, la famille d’un homme tué dans un attentat suicide à Jérusalem en se rendant à son travail et plusieurs autres dont les vies ont été irrémédiablement meurtries par des blessures subies lors d’attaques terroristes commises il y a plus d’une décennie.

Les familles se sont vues attribuer lundi 218,5 millions de dollars [193 millions d’euros] de dommages et intérêts, une somme qui pourrait être triplée en vertu de la Loi américaine contre le terrorisme. L’AP et l’OLP ont promis de faire appel du verdict, qui les a incriminés dans les attaques terroristes commises à et autour de Jérusalem entre 2001 et 2004.

Bien qu’aucune des familles des victimes ou des survivants n’étaient présents dans la salle d’audience lundi quand la décision a été annoncée, leurs avocats ont salué le verdict « historique ».

Le Israel Law Center’s Nitsana Darshan-Leitner, qui a été impliqué dans le dossier, a déclaré que bien que le verdict n’avait pas rendu aux plaignants leurs proches, il « constituait une mesure importante de justice pour eux après leurs longues années de souffrances tragiques et de douleur ».

Voici les histoires des onze familles qui sont derrière ce procès historique :

L’explosion à la cafétéria de l’Université hébraïque le 31 juillet 2002

La famille Carter a témoigné au nom de leur fille, Dina, 37 ans, qui a été tuée dans l’attentat.

Originaire de Caroline du Nord, Carter avait déménagé en Israël, s’était convertie au judaïsme et travaillait comme bibliothécaire sur le campus de l’université à Givat Ram.

Ce jour-là, elle était arrivée au Mont Scopus pour passer un examen de langue hébraïque. Elle avait coupé les ponts avec sa famille après sa conversion et son déménagement en Israël. Son père, Larry Carter, avait déclaré en 2002 « qu’une fois qu’elle avait immigré et qu’elle s’était convertie, c’était comme si elle avait commencé une nouvelle vie ».

La famille Coulter a témoigné au nom de leur fille Janis Ruth Coulter, 36 ans, de New York, qui a également été tuée dans l’attaque.

Janis Ruth Coulter, une diplômée de l’université hébraïque, était arrivée en Israël un jour avant l’attentat meurtrier, pour accompagner un groupe d’étudiants américains en voyage.

Coulter, comme Carter, s’était convertie au judaïsme en 1996.

Les parents de Benjamin Blutstein, 25 ans, de Susquehanna Township, en Pennsylvanie, étaient également des plaignants dans le procès.

Blutstein étudiait à l’époque l’hébreu à l’université et devait rentrer chez lui le jour même pour les vacances semestrielles.

La famille française et américaine (installée dans le Massachusset) de David Gritz, 24 ans, assassiné lors de l’explosion de la bombe à la cafétéria, a également témoigné contre la direction palestinienne.

Gritz était arrivé en Israël plusieurs semaines avant l’attaque pour suivre des études supérieures de pensée juive, malgré les réticences de ses parents qui lui ont dit qu’Israël n’était pas sûr.

Le témoignage des familles n’était pas disponible.

Neuf personnes ont été tuées dans l’attaque terroriste, qui a été revendiquée par le Hamas, et 85 ont été blessées.

L’attentat-suicide dans l’autobus 19 le 29 janvier 2004

La famille de Yechezkel Isser Goldberg, 41 ans, née au Canada a témoigné en son nom.

Goldberg, un habitant de Beitar Illit et un ancien collaborateur de The Jewish Press, a laissé derrière lui sa femme et ses sept enfants.

Au moment de l’attaque, il se rendaIt à son travail où il conseillait des adolescents en difficulté et leurs familles, quand il a été tué par l’imposante bombe portée par le terroriste, un policier de l’Autorité palestinienne de Bethléem.

Karen Goldberg, la veuve de la victime, a dit que ses enfants – qui avaient à l’époque entre 1 et 16 ans – ont subi un grave traumatisme psychologique après la mort de leur père, y compris des dépressions, des problèmes d’ordre scolaire et des angoisses, a rapporté le New York Times. Le plus jeune enfant n’a pas parlé jusqu’à l’âge de trois ans, dit-elle.

Ses premiers mots ont été « quelqu’un a-t-il tué mon père ? »

Quelque onze personnes ont été tuées dans l’explosion du bus sur la rue Azza à Jérusalem et 50 ont été blessées. L’attaque a été revendiquée par la brigade des Martyrs d’Al-Aqsa du Fatah et le Hamas.

L’attentat-suicide rue Yaffo, le 27 janvier 2002

Rema et Mark Sokolow et leurs filles, Lauren et Jamie (mineures à l’époque) étaient les principaux requérants dans cette affaire.

Les quatre ont été blessés lors d’un attentat-suicide dans le centre de Jérusalem – mené par une Palestinienne – alors que la famille était en vacance.

Lors de son témoignage pendant le procès, Rena Sokolow originaire de Long Island, a déclaré qu’elle avait l’impression « d’être dans une machine à laver », et alors qu’elle était assise là, en train de saigner, elle était persuadée qu’elle allait mourir.

« J’ai regardé à ma droite et j’ai vu la tête coupée d’une femme à quelques mètres de moi », a-t-elle décrit, citée par Associated Press.

Mark Sokolow avait survécu aux attaques du 11 septembre l’année précédente. Il était au 38e étage de la tour sud quand le premier avion est entré dans la tour.

Après avoir échappé de près à l’attaque, il a appelé sa fille en Israël pour la rassurer. Très peu de temps après cette épreuve, il a décidé de partir en famille en Terre Sainte pour se remettre de ses épreuves. A l’origine, la famille devait partir en vacances en Floride.

Fusillade sur la route de Jaffa, le 22 janvier 2002

La famille Gould, dont la fille Shayna a été gravement blessée lors de la fusillade dans le centre de Jérusalem, était aussi partie civile dans cette affaire. Shayna Gould, une adolescente au moment des faits, a été touchée à la poitrine alors qu’elle se tenait à un arrêt de bus. Elle a survécu à l’attaque alors qu’elle n’avait plus de pouls à son arrivée à l’hôpital.

« Shayna a été touchée sur la gauche de la poitrine. On lui a retiré le poumon gauche et quelques côtes ont aussi dus être retirées [sic]. Il reste encore un éclat de balle dans la poitrine ainsi que dans ses jambes et ses pieds. Elle était à un arrêt de bus lorsque qu’on lui a tiré dessus et il y a eu plusieurs tirs dans la gare routière, donc tout ce métal qui s’écroulait a fini dans ses jambes et ses pieds », explique l’Israel Law Center.

La famille Waldman représentait aussi les victimes de cette fusillade, où deux femmes sont décédées et plus de 40 personnes ont été blessées. Shmuel Waldan a été gravement blessé lors de la fusillade qui « lui a brisé le tibia et lui a rendu tous les aspects du quotidien difficiles », précise son avocat.

Said Ramadan, l’auteur de la fusillade, était un policier de l’AP, maintient Israel Law Center. Il affirme que l’attaque a été coordonnée par le leader du Fatah, Marwan Barghouti, et que Ramadan – qui a été tué lors de la fusillade – était décrit dans les documents de l’AP « comme un martyre qui est mort ‘en accomplissant son devoir national’ ».

L’attentat-suicide à French Hill [colline française], le 19 juin 2002

La famille Mandelkorn et leur fils Shmuel Madelkorn, affirment que les dommages subis pendant l’attaque, qui a gravement blessé Shmuel, a ruiné leurs vies.

« Shaul a considérablement changé – physiquement, émotionnellement, mentalement et spirituellement. Shaul, qui était quelqu’un d’équilibré, est maintenant brisé et il a perdu le sentiment qu’il a quelque chose d’unique à donner à sa famille et au monde », indique Israel Law Center.

Leonard Mandelkorn, le père de la victime? précise : « le stress que Shaul subit est tellement – tellement incroyable, tellement inimaginable, que cela en devient diabolique, [Voici] comment les terroristes ont réussi à ruiner nos vies. »

Sept personnes ont été tuées et 35 blessés dans cette explosion ; les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa avaient revendiqué cet attentat.

L’attentat suicide sur la rue King George, le 21 mars 2002

Alan Bauer se promenait dans la rue King George avec son fils de sept ans lorsque que le terroriste a détoné la bombe qu’il avait sur lui. Deux vis ont traversé son bras gauche. Une vis a pénétré le cerveau de son fils Jonathan. Lundi, Bauer a expliqué que son fils boîtait toujours en raison de sa blessure.

Le terroriste en question était un policier palestinien qui avait été arrêté par l’AP car elle le soupçonnait de préparer une attaque. Il avait été libéré peu de temps avant qu’il ne mène son attaque.

Bauer a déclaré au Foreign Policy qu’il y avait « un nombre important de preuves que des personnes associées à l’OLP étaient impliquées dans l’organisation, le financement et l’exécution de l’attaque ».

Il a estimé que le verdict de lundi « était justifié à certains égards », mais que le Département d’Etat « était toujours contre nous » pendant toute la procédure.

Pourtant, cette victime de la terreur affirme qu’il ne voit aucun intérêt à la dissolution de l’AP en raison de la lourde amende, car cela poserait un problème à Israel.

Fusillade sur la route Jérusalem-Givat Zeev, le 8 janvier 2001

Oz Joseph Guetta, 12 ans, et ses parents ont été blessés après qu’un terroriste, employé de l’AP, a ouvert le feu sur leur voiture.

« Varda Guetta a plus tard identifié l’un des tireurs comme étant l’une des membres de la Force 17 de l’AP », l’unité de commando qui protégeait le leader de l’AP, Yasser Arafat.

« D’autres victimes de l’attaque ont aussi identifié le même homme, Fawzi Murar, dont la famille a reçu l’indemnité des martyres, après sa mort l’année suivante », indique l’Israel Law Center.

Ce terroriste, visiblement très lié à Barghouti, aurait été tué lors d’une frappe aérienne israélienne en 2012.