Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman a fustigé certains députés de droite qu’il a accusé d’aggraver les tensions à Jérusalem en visitant le mont du Temple à des fins politiques.

« Je pense que c’est stupide » a-t-il déclaré, se référant à ces visites que les dirigeants palestiniens qualifient de « provocations ».

« Je pense qu’il s’agit de la recherche d’une publicité facile et pas chère et de l’exploitation quelque peu cynique d’une situation politique complexe », a déclaré Liberman. « Et disons-le de cette façon : c’est un manque de sagesse » de la part des députés de droite.

« L’augmentation des frictions n’apportera pas plus de sécurité, elle n’apportera rien » a-t-il déclaré à la radio israélienne.

Le mont du Temple est le lieu le plus saint pour les Juifs, qui sont autorisés par Israël à le visiter, mais pas à y prier.

Avec la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher, c’est le troisième site le plus sacré pour les musulmans. L’esplanade a été un point névralgique de la violence au cours des derniers mois, les fidèles musulmans ayant souvent provoqué des émeutes lors de manifestations contre les appels de militants juifs demandant l’autorisation pour les prières juives sur le site.

La violence a persisté malgré les appels au calme et à la retenue du Premier ministre Benjamin Netanyahu, et l’engagement d’Israël à ne pas modifier le statu quo sur le mont du Temple.

L’esplanade a été brièvement fermée aux visiteurs mercredi matin après que les Palestiniens ont jeté des pierres et lancé des fumigènes sur les forces de sécurité près de la Porte des Maghrébins, la seule porte par laquelle les non-musulmans peuvent entrer dans le site.

La radio israélienne a rapporté que la police avait chassé les émeutiers dans la mosquée al-Aqsa. La police a pris la mesure exceptionnelle d’entrer quelques mètres dans la mosquée, dans laquelle ils ont vu une réserve de pierres, des bouteilles et des cocktails Molotov que les manifestants avaient préparé.

Des pierres stockées à l'intérieur de la mosquée d'Al-Aqsa, q'un employé tente de nettoyer (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP.)

Des pierres stockées à l’intérieur de la mosquée d’Al-Aqsa, q’un employé tente de nettoyer (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP.)

Le parti Balad a publié une déclaration accusant la police de « jouer avec le feu », d’adopter une attitude de « provocation » et de
« disproportion » pour être entrée dans la mosquée, l’accusant aussi d’avoir causé des dommages à des livres saints.

L’incident a incité la Jordanie à rappeler son ambassadeur d’Israël en signe de protestation.

Depuis que le mont du Temple a rouvert aux visiteurs juifs ce dimanche, trois politiciens de droite ont visité le site, affirmant qu’il est de leur droit démocratique de dénoncer un double standard quant au droit des fidèles à prier, selon qu’ils soient Juifs ou musulmans.

L’esplanade avait été fermée à tous les visiteurs, y compris les fidèles musulmans, jeudi dernier, après la tentative d’assassinat contre Yehuda Glick, un militant pour le droit des Juifs à prier sur le mont du Temple.

Son assaillant, lié à l’organisation terroriste du Jihad islamique, a été tué dans un échange de tirs avec la police dans le quartier d’Abu Tor le lendemain matin.