Le gouvernement britannique a officiellement présenté mercredi ses directives pour tenter de décourager le boycott anti-Israël. Dans le cadre de ce projet de loi, « la discrimination contre les fournisseurs israéliens » serait une violation.

« La directive publiée aujourd’hui indique clairement que l’approvisionnement des boycotts par les pouvoirs publics ne sont pas appropriés, à l’extérieur de formelles sanctions juridiques, des embargos et des restrictions qui ont été mis en place par le gouvernement », a précisé un communiqué publié par le bureau du ministre Matthew Hancock.

« Les boycotts des mairies minent les bonnes relations avec la communauté, les empoisonnent et polarisent le débat, ce qui affaiblit l’intégration et alimente l’antisémitisme. Localement imposés, les boycotts peuvent faire reculer l’intégration ainsi qu’entraver le commerce de l’exportation de la Grande-Bretagne et peut nuire aux relations internationales. »

La directive s’applique à « l’administration centrale, aux agences administratives, aux organismes publics non ministériels, le secteur public au sens large, les autorités locales et le NHS (National Health Service) », a indiqué le communiqué. « Tout organisme public qui viole la réglementation pourrait faire l’objet de sanctions sévères. »

Il est note que la nouvelle directive « complémente les directives existantes du gouvernement sur le commerce ou l’investissement international (y compris avec Israël), où nous conseillons aux entreprises anglaises de considérer tout risque économique ou légal potentiel d’agir ainsi. »

Dans le même temps, le communiqua a affirmé l’engagement britannique aux règles d’étiquetage de l’Union européenne sur les produits des implantations israéliennes en Cisjordanie, notant que « le soutien politique existant du gouvernement à un étiquetage clair et transparent des produits des implantations pour assurer que les consommateurs individuels sont capables de faire des choix informés avant d’acheter. »

Matthew Hancock (autorisation)

Matthew Hancock (autorisation)

Hancock, qui est en Israël cette semaine, a été cité déclarant : « Nous devons affronter et empêcher ces boycotts municipaux clivants. La nouvelle directive sur l’obtention, combinée avec les changements que nous faisons sur la manière dont les fonds de pension peuvent être investis, nous aidera à empêcher des politiques locales nuisibles et contre-productives qui affaiblissent notre sécurité nationale. »

Le dirigeant du Congrès juif européen a salué le plan du gouvernement britannique comme une preuve de l’engagement du Royaume-Uni pour mettre hors-la-loi « les tentatives de boycott d’Israël en paroles ainsi qu’en actes ».

Kantor a écrit que « le projet de loi autorisera le gouvernement à poursuivre les universités, les gouvernements locaux, les conseils, et les organisations étudiantes qui soutiennent le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). »

Si elle est votée, la mesure fera du Royaume-Uni le deuxième grand pays d’Europe avec une législation contre le boycott d’Israël.

La France a voté des lois de ce type en 2003, et elles ont servi de base légale à de multiples condamnations de militants BDS qui ont été condamné pour incitation à la discrimination ou à la haine à cause de leurs actions contre Israël.

Mardi, le conseil municipal de Paris a voté deux motions déclaratives exprimant le rejet de la ville des tentatives de boycott d’Israël.

Le parlementaire Jeremy Corbyn parlant lors de l'événement «No More War» à Parliament Square en 2014 (Photo: Hej JMaill, CC-BY, via wikipedia)

Le parlementaire Jeremy Corbyn parlant lors de l’événement «No More War» à Parliament Square en 2014 (Photo: Hej JMaill, CC-BY, via wikipedia)

Le plan du gouvernement britannique a été vivement critiqué par certains militants de gauche pro-palestiniens au Royaume-Uni.

Un porte-parole du dirigeant du Parti travailliste Jeremy Corbin a accusé Hancock d’imposer la politique du Parti conservateur et de restreindre la démocratie locale et la liberté d’expression. « La décision du gouvernement d’interdire les conseils et les autres institutions publiques de ne pas faire de marchés commerciaux ou d’investissements qu’ils considèrent comme non éthiques est une attaque à la démocratie locale », a-t-il déclaré.

Les soutiens d’Israël ont généralement « accueilli » la mesure, le député Eric Pickles, directeur des Amis conservateurs d’Israël, déclarant que « la tentative par la gauche irresponsable de diaboliser Israël est mauvais pour le commerce britannique, mauvais pour les contribuables locaux, et nuit profondément aux relations communautaires ».

« Elle encourage l’antisémitisme et lutte pour mener des politiques étrangères municipales contraires aux intérêts du Royaume-Uni. »

Manifestation pro-israélienne à Londres , le 20 juillet 2014 (Crédit : Jennifer Lipman/The Times of Israel)

Manifestation pro-israélienne à Londres , le 20 juillet 2014 (Crédit : Jennifer Lipman/The Times of Israel)

La proposition d’Hancock est la plus récente d’une série d’actions de gouvernements pour bloquer le boycott des produits israéliens. Des mesures précédentes comprenaient une disposition d’une loi américaine pour le renforcement et la facilitation du commerce (American Trade Facilitation and Trade Enforcement Act) demandant de ne pas coopérer avec les institutions qui participent au mouvement BDS.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.