Faisant échos aux récentes déclarations prononcées par le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman, selon qui, la tenue d’élections anticipées restaient favorables à la libération des prisonniers arabes israéliens reconnus coupables de terrorisme, des députés de l’opposition ont lancé un appel lundi à de nouvelles élections.

« Liberman a exprimé son profond désir en appelant à de nouvelles élections », a déclaré sarcastiquement le chef de l’opposition Isaac Herzog (Parti travailliste).

« Je ne pense pas que cela soit horrible. Il s’agit d’une véritable solution pour que l’Etat d’Israël puisse sortir de l’impasse que ce gouvernement a initié à chaque étape. Si Liberman souhaite la tenue de nouvelles élections, nous suivrons ».

S’exprimant lors d’une réunion spéciale de la Knesset consacrée aux pourparlers de paix israélo-palestiniens et au sort de l’espion israélo-américain Jonathan Pollard, Herzog a rejeté la responsabilité de l’échec du processus sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

«Nous sommes au bord du précipice et le public ne réalise pas la gravité de la situation. Et la faute incombe entièrement au Premier ministre, qui ne peut rien faire », a-t-il lancé.

« L’ensemble du processus constitue un échec qui est intervenu car aucune possibilité d’adopter des mesures concrètes en direction de la paix n’est apparue. J’invite donc les partis Hatnua et Yesh Atid à claquer la porte du gouvernement et à nous rejoindre ».

Plus tôt lundi, l’appel lancé par un membre du parti Hatnua Amram Mitzna à quitter la coalition a été rejeté par son collègue de parti, Amir Peretz, selon qui Hatnua devrait rester dans le gouvernement tant que le processus de paix a encore une chance d’aboutir.

Dans une interview samedi, la négociatrice en chef israélienne, Tzipi Livni, avait blâmé les Palestiniens pour la crise actuelle. Selon Peretz, Netanyahu devra « reprendre ses esprits », et décider s’il souhaite réaliser de véritables progrès ou « capituler face à l’extrême droite ».

Lundi, le député Ahmad Tibi (Raam – Taal) a fait échos aux propos d’Herzog en critiquant le gouvernement et en réclamant de nouvelles élections. Et de poursuivre que les négociations avec les Palestiniens ne conduisaient nulle part.

S’exprimant au nom de la coalition, le vice-ministre Ofir Akunis a fait porter la responsabilité de l’échec des pourparlers sur les Palestiniens et a reproché à l’opposition de reprendre le narratif palestinien.

« Il est regrettable que l’opposition se range automatiquement du côté palestinien », a-t-il dénoncé.

« Ce sont les faits : Abbas a répondu non à Obama sur la signature d’un accord-cadre, il a également déclaré devant la Ligue arabe qu’il refusait de discuter sur la reconnaissance du caractère juif d’Israël. Les États-Unis ont fait pression principalement sur Israël, et les Palestiniens leur ont craché à la face ».