WASHINGTON – La Maison Blanche a démenti mercredi toute coordination avec les Palestiniens sur la formulation d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant les implantations israéliennes, et a déclaré que les transcriptions des conversations entre les responsables américains et palestiniens récemment publiées par un journal égyptien étaient « une fabrication totale ».

Selon l’article d’Al-Youm Al-Sabea, une rencontre aurait eu lieu ce mois-ci entre le secrétaire d’Etat américain John Kerry, la conseillère à la sécurité nationale Susan Rice et le négociateur palestinien en chef, Saeb Erekat, pendant laquelle les trois dirigeants auraient mis eu point une stratégie pour promouvoir une résolution qui serait acceptable pour les Etats-Unis.

Même si Erekat a effectivement mené une délégation palestinienne à Washington ce mois-ci, aucune rencontre entre ces trois personnes n’a eu lieu, a déclaré Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale.

Un communiqué du département d’Etat publié à l’époque avait confirmé qu’Erekat avait rencontré Kerry et Rice, mais individuellement. Aucune réunion tripartite n’a eu lieu entre les trois dirigeants, a déclaré Price.

« Cette réunion présumée […] n’a jamais eu lieu », a déclaré Price au Times of Israël mercredi matin. « Ces ‘transcriptions’ sont totalement fausses. »

Erekat, pour sa part, a également démenti le contenu des transcriptions, déclarant à l’agence de presse palestinienne officielle Wafa que « les minutes qui ont été publiées sont des mensonges et des demi-vérités. »

Le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat (à gauche) et le secrétaire d'Etat américain John Kerry avant une réunion avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah en Cisjordanie, le 4 janvier 2014. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat (à gauche) et le secrétaire d’Etat américain John Kerry avant une réunion avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah en Cisjordanie, le 4 janvier 2014. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Depuis le vote vendredi de la résolution 2334, Israël est furieux, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses conseillers ont accusé les Etats-Unis de s’être coordonné avec les Palestiniens et d’autres membres du Conseil de sécurité pour faire voter la mesure critiquant Israël.

La résolution affirme que l’entreprise d’implantation israélienne « n’a aucun fondement en droit et constitue une violation flagrante du droit international » et appelle à un arrêt complet de toute construction dans les zones conquises par Israël pendant la guerre des Six Jours de 1967.

Le texte a été approuvé par 14 voix contre zéro, avec une abstention, celle des Etats-Unis.

David Keyes, porte-parole du bureau du Premier ministre, et Ron Dermer, l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, ont chacun déclaré récemment à de nombreux médias américains qu’Israël avait des « renseignements à toute épreuve » qui démontrent que les Etats-Unis ont voulu promouvoir une résolution. Keyes a déclaré que ces preuves venaient de sources diplomatiques arabes.

Israël a annoncé qu’il présenterait ces preuves à l’équipe du président américain élu Donald Trump, et qu’elle décidera de partager ou non ces informations avec la population américaine.