La police se prépare à d’éventuelles échauffourées, tandis que les autorités ont rouvert l’accès au mont du Temple aux Juifs dimanche matin.

Ignorant un appel du Premier ministre Benjamin Netanyahu à ses collègues de la coalition afin d’apaiser les tensions autour de la question du mont du Temple, le député du Likud Moshé Feiglin est entré sur le site avec un certain nombre d’autres visiteurs juifs dimanche matin.

Des photos postées sur Twitter montrent Feiglin entouré de nombreux policiers.

Des dizaines d’autres visiteurs juifs ont également été autorisés à se rendre sur le site, fermé depuis jeudi suite à la tentative d’assassinat d’un défenseur des droits des Juifs sur le site sacré.

Jeudi, la police a bloqué l’entrée du site à Feiglin et fermé la zone aux Juifs et aux Musulmans, pour la première fois depuis des décennies.

Feiglin s’est exprimé lors d’un rassemblement de plusieurs centaines de personnes sur la place Safra de Jérusalem samedi soir, pour prier pour la guérison de Yehuda Glick, grièvement blessé dans une tentative d’assassinat mercredi soir, et soutenir ses appels à autoriser les Juifs à prier sur le site.

Plusieurs affrontements violents ont eu lieu dans la capitale samedi soir entre les forces de sécurité et des manifestants palestiniens.

Une petite bombe improvisée a été jetée sur les forces de police dans le quartier de Shuafat à Jérusalem Est, sans faire de victimes ; des pétards ont été tirés sur des policiers dans la Vieille Ville et à Wadi Joz ; un adolescent arabe de 13 ans a attaqué un homme juif près de la porte de Damas, et a été arrêté.

La police a rouvert le site aux fidèles musulmans vendredi, suite à une pression internationale.

Au cours du week-end, la Jordanie a affirmé être responsable de la réouverture du mont du Temple aux fidèles musulmans, selon l’agence de presse koweïtienne Kuna.

Selon un porte-parole du gouvernement jordanien, le roi Abdallah II aurait lancé un appel à la communauté internationale qui, à son tour a fait pression sur Israël pour rouvrir le site aux musulmans, d’après l’article de Kuna.

Israël interdit aux juifs de prier sur le mont depuis l’annexion de la Vieille Ville à la guerre de 1967. Glick est l’un des principaux défenseurs de la prière juive sur le site des temples bibliques. Mais pour la plupart des chefs religieux orthodoxes, les Juifs n’ont pas le droit d’y prier, de peur de souiller la zone sacrée.

Netanyahu a répété à plusieurs reprises ces derniers jours qu’il n’a pas l’intention de changer le statu quo.

Le député du parti travailliste Eitan Cabel a déclaré samedi qu’Israël devrait transférer le contrôle des quartiers arabes d’Issawiya et de Beit Hanina à l’Autorité palestinienne, tout en préservant l’unité de la capitale.

Lors d’un événement culturel au nord d’Israël, Cabel, à la tête de la faction de l’opposition à la Knesset, a déclaré que les zones palestiniennes agitées de Jérusalem doivent être remises sous le contrôle de l’AP sur le long terme.

Jérusalem connaît des semaines de troubles, avec des émeutes quotidiennes dans les quartiers à prédominance arabe de Silwan, Shuafat et Wadi Joz.

Des affrontements mineurs ont éclaté en Cisjordanie vendredi après les prières musulmanes hebdomadaires, tandis que des forces de sécurité ont été déployées massivement autour de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, dans l’enceinte du mont du Temple.

Netanyahu a appelé samedi tous les membres de la Knesset à apaiser les tensions. Le Premier ministre s’est entretenu avec le président de la Knesset Yuli Edelstein, lui demandant de maîtriser les députés sur cette question et de les inciter à faire preuve de responsabilité et de retenue, selon un communiqué du bureau du Premier ministre.