Le président américain Barack Obama a appelé jeudi Téhéran à saisir l’opportunité que représente un possible accord sur son programme nucléaire controversé afin d’améliorer les relations entre les deux pays.

« Cette année, nous avons la meilleure opportunité depuis des décennies de nous engager vers un avenir différent entre nos pays », a déclaré Obama dans un message vidéo diffusé à l’occasion de la fête du Norouz, le nouvel iranien.

Le président américain Barack Obama a appelé jeudi Téhéran à saisir l' »opportunité historique » de sceller un accord sur son programme nucléaire controversé qui bénéficierait à l’ensemble de la communauté internationale pendant « de nombreuses années ».

« Les jours et les semaines à venir seront cruciaux. Les négociations ont progressé mais des différences demeurent », souligne M. Obama dans un message vidéo, sous-titré en farsi, diffusé à l’occasion de la fête du Norouz, le nouvel iranien.

Evoquant ses « espoirs pour des progrès entre la République islamique d’Iran et la communauté internationale, y compris les Etats-Unis », M. Obama souligne sa volonté de s’adresser directement au peuple iranien et à ses dirigeants, au moment où d’intenses tractations se poursuivent à Lausanne, en Suisse.

« Il y a un an, nous avons conclu un accord intérimaire (…) et les deux parties ont tenu leurs engagements », indique-t-il, soulignant qu’il y a des gens « dans nos deux pays et au-delà » qui s’opposent à une solution diplomatique.

« Pendant des décennies, nos pays ont été séparés par la méfiance et la peur. (…) Nous avons une occasion d’avancer qui bénéficiera à nos pays, et au monde, pendant de nombreuses années » dit-il encore.

« Je suis convaincu que nos pays ont une opportunité historique de résoudre ce problème de manière pacifique, il ne faut pas la rater », ajoute-t-il.

« Un accord sur le nucléaire peut contribuer à ouvrir les portes vers un avenir meilleur pour vous, les Iraniens (…) qui avez tant à donner au monde. »

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif ont vanté jeudi à Lausanne les avancées de leurs tractations marathon.

Les grandes puissances et Téhéran mènent depuis lundi une course contre la montre pour sceller un accord dit « politique » avant la fin du mois permettant de résoudre le casse-tête du nucléaire iranien qui empoisonne la communauté internationale depuis plus de douze ans.

L’accord cadre politique fixerait les grands chapitres pour garantir le caractère pacifique des activités nucléaires iraniennes. Il établirait le principe du contrôle des infrastructures de l’Iran, la durée de l’accord et le calendrier d’une levée progressive des sanctions.

Le sénateur républicain Bob Corker, président de la commission des Affaires étrangères, et le démocrate Robert Menendez ont annoncé que la proposition de loi qui porte leur nom fera l’objet d’un vote au sein de la commission le 14 avril, soit bien plus tard qu’initialement prévu.

Après l’adoption en commission, l’ensemble du Sénat devra voter, ainsi que la Chambre des représentants.

Le texte Corker-Menendez obligerait Barack Obama à soumettre au Congrès tout accord négocié par le groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et l’Allemagne) avec Téhéran, et donnerait 60 jours aux parlementaires pour éventuellement en bloquer l’application par les Etats-Unis.

Cette proposition est distincte du projet de sanctions que veulent adopter certains parlementaires, dite loi Kirk-Menendez, et qui a été mis entre parenthèses.

Le report au 14 avril de l’examen de la mesure Corker-Menendez semble garantir que le Congrès ne votera rien avant le 31 mars, la date avant laquelle les négociateurs internationaux souhaitent conclure un accord politique.

Le Sénat sera en congés de Pâques du 30 mars au 12 avril.

Début mars, le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, avait annoncé que le texte serait à l’ordre du jour du Sénat la semaine dernière.

Il avait finalement accepté d’attendre, dans le but de recueillir le plus de soutien possible de sénateurs démocrates, dont l’appui sera indispensable pour atteindre une majorité qualifiée.

La Maison Blanche s’oppose à toute immixtion du Congrès dans les négociations nucléaires, mais les républicains et plusieurs démocrates veulent peser sur le contenu d’un éventuel accord, voire l’en empêcher.

Les démocrates les plus sceptiques sur la bonne volonté de Téhéran sont toutefois réticents à défier Barack Obama avant de savoir si les pourparlers en cours se révèlent fructueux.