Donald Trump « envisage sérieusement » de transférer l’ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, a déclaré mardi son vice-président, Mike Pence, alors que le président américain avait indiqué en octobre qu’il mettait de côté cette promesse électorale.

Le vice-président, attendu en Israël en décembre, a fait cette déclaration à New York lors d’un discours prononcé à l’occasion de la célébration du 70e anniversaire de l’adoption d’une résolution de l’ONU ayant conduit à la création de l’Etat d’Israël.

« Le président Donald Trump étudie sérieusement quand et comment déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem », a dit Mike Pence devant des diplomates et dirigeants juifs réunis au Queens Museum, accueillis par l’ambassadeur israélien aux Nations unies Danny Danon.

C’est dans ce bâtiment qui servait de résidence temporaire à l’ONU peu après sa création que, le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations unies avait approuvé un partage de la Palestine en trois entités permettant la coexistence d’un Etat juif et d’un Etat arabe tandis que Jérusalem et sa banlieue restaient sous contrôle international.

Sur les 56 membres des Nations unies de l’époque, 33 avaient voté pour, 13 contre et 10 s’étaient abstenus, permettant l’établissement d’Israël l’année suivante. Conformément à la tradition juive, la célébration a eu lieu la veille de cette date historique.

Le 7 octobre, Donald Trump avait indiqué que, contrairement à l’une de ses promesses de campagne, l’adresse de l’ambassade américaine en Israël ne changerait pas avant une relance du processus de paix israélo-palestinien.

« Je veux donner sa chance » à ce processus « avant de penser à déménager l’ambassade à Jérusalem », avait déclaré Donald Trump lors d’une émission télévisée. « Nous prendrons une décision dans un avenir pas trop éloigné », avait-il précisé.

Ce dossier est finalement revenu à son gendre Jared Kushner, chargé par le président américain de relancer un processus de paix au point mort depuis le printemps 2014.

« Israël n’avait pas besoin d’une résolution pour réclamer son existence parce que son droit à exister est évident en soi et éternel », a, pour sa part, dit Pence. « Alors qu’Israël s’est construit par des mains humaines, il est impossible de ne pas voir la main des cieux ici aussi ».

Le vice-président américain a reçu une standing ovation de la part du public du Queens Museum.

The UN votes on partition, November 29, 1947 (Courtesy of the Government Press Office, Jerusalem)

Le vote à l’ONU du Plan de Partition, le 29 novembre 1947 (Crédit : Government Press Office, Jerusalem)

Trump a jusqu’à présent regimbé à relocaliser l’ambassade américaine au sein de la capitale israélienne, en dépit du fait que de nombreux israéliens et juifs américains avaient anticipé que le nouveau président mènerait à bien cette promesse de campagne.

Les chefs des partis de droite, en Israël, ont fait pression en faveur de ce déménagement de l’ambassade. Certains auraient toutefois exprimé des inquiétudes qu’une telle initiative ne vienne enflammer les tensions régionales. Les Palestiniens, pour leur part, se sont furieusement opposés à la proposition américaine, avançant leur revendication de Jérusalem-est comme capitale de leur futur état.

Au début du mois de décmebre, Trump devra une fois encore décider s’il reporte ce transfert.

Le Congrès avait adopté une loi en 1995 faisant entrer cette relocalisation de l’ambassade américaine à Jérusalem dans sa politique, approuvant symboliquement par cela la revendication israélienne de la ville comme capitale de l’Etat juif.

Mais la loi contenait une clause qui permettait à chaque présidence américaine d’émettre et de renouveler une dispense de six mois pour cette relocalisation. Trump a signé la dernière le 1er juin.

Dans ce discours historique, Pence a souligné le soutien des Etats-Unis à Israël, affirmant que les liens entre les deux pays n’ont jamais été plus forts que sous l’administration Trump.

L’ambassade américaine à Tel Aviv. (Crédit : Flash90)

« Comme le dit le président Trump, ‘si le monde devait ne rien savoir, qu’il sache au moins cela : l’Amérique est aux côtés d’Israël », a-t-il dit. « Sous notre administration, l’Amérique se tiendra toujours aux côtés d’Israël ».

Notant les initiatives récentes prises à l’ONU par les Etats-Unis en faveur d’Israël, il a déclaré que « le temps du dénigrement systématique d’Israël aux Nations unies est révolu ».

Evoquant l’accord sur le nucléaire iranien, Pence a indiqué que l’administration Trump oeuvre à régler les « défauts manifestes » de l’accord qui avait été signé sous l’administration américaine précédente.

« Alors que nous sommes en train de parler, notre administration travaille avec le Congrès pour dépasser certains des défauts les plus flagrants de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran ».

« Sous la présidence de Trump, les Etats-Unis ne permettront pas à l’Iran de développer des armes nucléaires », a-t-il juré. « C’est la promesse solennelle que nous vous faisons à vous, à Israël et au monde ».

L’accord sur le nucléaire iranien, signé par l’Iran, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie, la Chine et l’Allemagne en 2015, a permis la levée de strictes sanctions imposées à l’Iran en échange du démantèlement par Téhéran des technologies susceptibles d’être utilisées pour produire des armes nucléaires. Israël s’est fermement opposé à cette convention et Trump a, à de multiples reprises, critiqué l’accord durant sa campagne électorale.

L’AFP a contribué à cet article.