De mauvaises habitudes de sommeil peuvent causer bien plus de dégâts que se sentir fatigué le lendemain. Selon une étude menée par le docteur Fahed Hakim du centre médical Rambam et une équipe américaine, un sommeil de mauvaise qualité, marqué par de nombreux réveils, peut accélérer le développement du cancer.

Ses résultats indiquent qu’un sommeil instable peut rendre les tumeurs plus agressives, plus envahissantes et plus intensives.

L’étude a été conduite par Hakim, un spécialiste du sommeil et de la pédiatrie pulmonaire, et par des experts des universités de Chicago et de Louisville. Elle a duré plus de deux ans.

Si de nombreuses études avaient déjà montré un lien tangible entre les mauvaises habitudes de sommeil et la fatigue ou l’irritabilité, ce projet de recherche indique qu’un sommeil fragmenté a des effets bien plus dramatiques.

Non seulement nos muscles et notre cerveau souffrent, mais un sommeil de mauvaise qualité affaiblit également le système immunitaire, ce qui le rend moins à même de combattre et d’éradiquer les cellules cancéreuses.

L’étude se base sur des observations faites sur plusieurs souris, certains cobayes ayant pu dormir profondément, d’autres ayant été réveillés brutalement à de multiples reprises lors de leur cycle de sommeil.

Deux types de cellules cancéreuses ont été injectés aux souris, et toutes ont commencé à développer des tumeurs malignes. Mais après un mois, les chercheurs ont découvert que les tumeurs des souris au sommeil fragmenté étaient deux fois plus grosses que celles des souris ayant dormi normalement.

Une expérience ultérieure a révélé que les tumeurs contractées par les souris au sommeil fragmenté étaient non seulement plus grosses, mais aussi plus malignes et agressives, et qu’elles se développaient plus vite que celles contractées par les souris ayant bien dormi.

Les tumeurs du groupe au sommeil interrompu n’étaient pas statiques : elles s’attaquaient aux muscles voisins et au tissu osseux.

« Cette étude propose une hypothèse biologique aux associations épidémiologiques entre un sommeil perturbé et le cancer », explique David Gozal, président de l’unité pédiatrique à l’hôpital Comer Children de l’université de Chicago, qui a collaboré avec Hakim.

« Le message à retenir, c’est qu’il faut s’occuper aussi bien de la qualité et de la quantité de son sommeil que de son compte en banque », ajoute-t-il.

La meilleure réponse aux problèmes est simple, précise Hakim : une bonne nuit de sommeil. Et la meilleure façon d’y parvenir est de suivre les conseils sages et éprouvés de nos grands-mères : lire un bon livre avant de dormir, se détendre et, éventuellement, boire une chaude tasse de thé aux herbes (sans caféine). Du moment que ça marche…

« Je ne veux pas que les gens paniquent et pensent que le fait de se réveiller de temps en temps au milieu de la nuit va provoquer un cancer », rassure Hakim. « Mais l’étude est très claire. Les gens ont besoin de dormir, idéalement sept ou huit heures par nuit. »