Dualité homme-femme, mère-enfant ou encore conscient-inconscient. C’est autour du thème de la dualité emblématique de l’œuvre de Louise Bourgeois que le Musée d’Art de Tel Aviv inaugure cette semaine une exposition monographique consacrée au travail de l’artiste franco-américaine.

Il s’agit de la première exposition en Israël consacrée à l’œuvre de Louise Bourgeois.

A l’occasion de cette exposition majeure, l’Institut français d’Israël et le musée d’art de Tel Aviv accueilleront Marie-Laure Bernadac, conservateur général honoraire du patrimoine, spécialiste de la carrière de Bourgeois, qui animera une conférence le 7 septembre à 19h sur « Le thème du couple dans l’œuvre de Louise Bourgeois, Incarnation de la dualité ».

« C’est un moment historique », a déclaré mercredi à l’AFP Suzanne Landau, directrice du Musée d’art de Tel Aviv et co-commissaire de l’exposition, intitulée « Twosome » (couple), qui s’ouvre au public le 8 septembre,

Twosome est le nom de la sculpture monumentale et rarement exposée placée au centre de cette rétrospective de Louise Bourgeois (1911-2010), qui compte une cinquantaine d’œuvres.

Cette installation représentant deux larges cylindres d’acier illuminés de rouge, le plus petit sortant à un rythme régulier et mécanique du plus gros, a une connotation sexuelle évidente, mais renvoie aussi aux relations mère-enfant, souligne le co-commissaire de l’exposition, et ancien assistant de l’artiste, Jerry Gorovoy.

« L’ensemble de l’exposition est dominé par le thème de la dualité – entre homme et femme, mère et enfant, intérieur et extérieur, architecture et corps, conscient et inconscient – omniprésent dans l’œuvre de Louise Bourgeois », explique-t-il.

Outre « Twosome », certains des travaux les plus célèbres de Louise Bourgeois sont aussi présentés, comme « Spider Couple », une sculpture monumentale réalisée en acier ou « Fillette », forme phallique aux interprétations multiples travaillée dans le plâtre et le latex.

Le thème de la dualité est central dans la vie de l’artiste, explique Marie-Laure Bernadac, spécialiste de Louise Bourgeois et co-commissaire de la rétrospective du centre George Pompidou de Paris qui lui a été consacrée en 2008.

« Louise Bourgeois a été toute sa vie déchirée par les blessures liées aux traumatismes de l’enfance, de l’exil puis aux difficultés d’être à la fois une bonne mère, épouse d’un historien et conservateur connu, et artiste », explique-t-elle à l’AFP.

L’exposition est ouverte jusqu’au 20 janvier 2018.