Des imams français et étrangers se sont recueillis mercredi dans l’école juive Ohr Thora à Toulouse, où trois enfants Gabriel, 3 ans, Aryeh, 6 ans, Myriam Monsonégo, 8 ans et un enseignant Jonathan Sandler ont été assassinés en mars 2012 par Mohamed Merah, une étape de la « marche des musulmans contre le terrorisme » qu’ils ont entamée samedi à Paris.

Cette marche, lancée à l’initiative de l’imam Hassen Chalghoumi, ancien imam de Drancy (banlieue de Paris) est soutenue par l’intellectuel Marek Halter. Elle s’achèvera par une rencontre vendredi à 14H00 à l’Élysée. Les imams ont en revanche indiqué avoir annulé leur visite prévue à Nice pour des raisons de sécurité.

Français, allemand et tunisien notamment, la trentaines d’imams ont rencontré des représentants de la communauté juive de Toulouse ainsi que le directeur de l’établissement, Jacob Monsonégo, dont Myriam, la fille, a été exécutée par le jihadiste.

Dans la cour de l’école, les imams ont prié devant une sculpture commémorative et déployé une banderole où l’on pouvait lire « Marche des musulmans contre le terrorisme » en arabe, allemand, français et anglais.

Reproduction photo of 8-year-old Miriam Monsonego, daughter of school headmaster Rabbi Yaacov Monsonego, who was killed in a shooting attack at the Ozar Hatorah School in Toulouse, France, early Monday morning. (photo credit: Flash90)

Miriam Monsonégo, fille du rabbin Yaacov Monsonégo, tués par Mohamed Merah à l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse en mars 2012. (Crédit : Flash90)

« Nous sommes ici en tant qu’imams, en tant que musulmans, afin de communiquer notre sympathie, notre solidarité. Nous disons que ce qui a été fait en notre nom ou au nom de notre religion n’est pas le véritable visage de notre religion », a déclaré en allemand Mohamed Taha Sabri, imam à Berlin.

« Je crois beaucoup à ces gestes symboliques : un homme donne la main à un autre homme et sa relation change », a déclaré Marek Halter.

« Chaque endroit où on est il y a toutes les communautés : juive, musulmane, athée, ça c’est le symbole. L’image la plus importante qu’on a donnée c’est le rassemblement, qu’on est ensemble », a ajouté M. Chalghoumi.

Connu pour ses prises de position contre l’islam intégriste et ses rapports d’amitié avec la communauté juive, qui lui valent critiques et menaces, M. Chalghoumi est rejeté par des responsables musulmans.

« Nous, on croit bien qu’il y a beaucoup de musulmans, de citoyens non musulmans qui sont derrière nous parce que notre projet c’est la paix et la fraternité. (…) L’année prochaine vous allez voir, le CFCM (Conseil français du culte musulman) va nous rejoindre », a estimé Hocine Drouiche, imam de Nîmes.

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Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Gabriel Sandler, Aryeh Sandler, Myriam Monsonégo et Jonathan Sandler ont été tués entre le 11 et le 19 mars par Mohamed Merah.

Cette marche intervient au lendemain d’une polémique, qui a suscité de vives réactions d’associations et de proches des victimes concernant une pièce de théâtre sur les dernières heures du jihadiste toulousain Mohamed Merah, dont la dernière représentation a eu lieu mardi dans la programmation off du festival d’Avignon.

Les imams de la Marche des musulmans contre le terrorisme devant l'Hyper Casher de Vincennes (Crédit : Facebook Hassen Chalgoumi)

Les imams de la Marche des musulmans contre le terrorisme devant l’Hyper Casher de Vincennes (Crédit : Facebook Hassen Chalgoumi)

« Ce matin, devant l’Hyper cacher, l’émotion fut d’une grande intensité. Aux côtés de nos amis de la communauté juive, la Marche des musulmans contre le terrorisme a déposé des fleurs au pied de cet endroit qui en 2015 fut le théâtre d’une prise d’otages. Nous n’oublierons jamais les victimes [Yoav Hattab, Yohan Cohen, Francois-Michel Saada, Philippe Braham.], lisait-on sur un post publié mardi soir sur Facebook par l’imam Chalghoumi.

Les quatre victimes de l'Hyper Cacher, de gauche à droite : Yoav Hattab, Yohan Cohen, Francois-Michel Saada, Philippe Braham. (Crédit : autorisation)

Les quatre victimes de l’Hyper Cacher, de gauche à droite : Yoav Hattab, Yohan Cohen, Francois-Michel Saada, Philippe Braham. (Crédit : autorisation)

Puis, dans la même journée de mardi, les imams s’étaient rassemblés devant l’entrée du Bataclan où, le soir du 13 novembre 2015, les terroristes de l’État islamique ont tué 130 personnes et blessé 413 personnes.

« Comment retenir ses larmes lorsque à l’approche du Bataclan, l’on se remémore cette nuit de terreur. La Marche des musulmans contre le terrorisme s’est rendue sur place pour y déposer des fleurs et appeler à la paix entre les peuples. Jamais le terrorisme ne doit vaincre. La seule idéologie qui compte, c’est celle de l’amitié, de la tolérance et de l’amour entre les uns et les autres, » était écrit sur le post sur la page de l’imam Chalghoumi.

Les imams de la Marche des musulmans contre le terrorisme devant le Bataclan (Crédit : Facebook Hassen Chalgoumi)

Les imams de la Marche des musulmans contre le terrorisme devant le Bataclan (Crédit : Facebook Hassen Chalgoumi)

Les imams ont aussi rendu hommage au père Jacques Hamel, sauvagement assassiné à l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, le 26 juillet 2016.