Les investissements dans les start-ups israéliennes ont généré de l’argent pour de très grandes entreprises chinoises – comme le conglomérat Ping An -, et la Chine recherche maintenant en Israël les moyens de protéger cet argent, a déclaré Daniel Tu, chef de l’innovation du Groupe Ping An Insurance.

« Beaucoup de nos départements passent au mobile afin de mieux servir nos clients, qui souhaitent plus de commodité, mais ne veulent pas faire de compromis sur la sécurité, explique-t-il. Israël est un lieu naturel pour trouver la technologie qui fournit les deux impératifs. »

Tu est chargé de trouver ce type de technologie pour Ping An, qui a des activités non seulement en Chine et à Hong Kong, mais dans environ 150 autres pays. Evaluée à près de 500 milliards de dollars, la société a des revenus annuels de 65 milliards de dollars ainsi que plus de 800 000 employés.

Si Tu cherchait des start-ups dans le secteur de la sécurité de la technologie financière, il était au bon endroit – la Bourse de Tel-Aviv, où il a pris la parole lors de la conférence Fintech Forward, parrainée par le nouveau programme Accelerator 8300 de Matrix, qui se spécialise dans les start-ups de sécurité et de technologies financières.

Bien en vue sur l’ordre du jour, figurait un débat sur la façon de garder en toute sécurité l’argent numérique ; pendant le débat, des start-ups israéliennes ont pu présenter leurs solutions à plus de 500 investisseurs et dirigeants d’entreprises locaux et étrangers.

Par exemple, une de ces entreprises était Scanovate, qui offre une solution populaire permettant aux utilisateurs d’effectuer des actions telles que l’utilisation de leurs appareils mobiles pour payer leurs factures reçues par la poste, recharger leur forfait prépayé ou vérifier leur identité en pointant simplement la caméra de leur téléphone mobile vers le document nécessaire. La technologie extrait immédiatement toutes les données pertinentes et les affiche en vue d’effectuer facilement l’action souhaitée.

Scanovate a sorti récemment une version de son application pour les paiements mobiles, qui permettra aux utilisateurs de payer avec leurs cartes de crédit en utilisant leurs smartphones. Avec la technologie, les entreprises de traitement, ainsi que celles d’e-commerce et les vendeurs de mobiles, auront la capacité d’analyser, d’identifier et d’ajouter de nouvelles cartes de crédit à partir de leur propre application sans avoir besoin d’effectuer d’importantes modifications à leurs applications existantes.

Le système enregistre les informations de la carte de crédit, mais sans la carte physique, l’acheteur ne peut pas compléter la transaction – rendant ainsi inutilisables les données de cartes de crédit volées.

Daniel Tu et la technologie financière israélienne ne sont pas étrangers l’un à l’autre. L’an dernier, Ping An a investi dans e-Toro (qui a également effectué une présentation lors de l’événement). Avec son système, que la société qualifie de premier réseau social d’investissement au monde, les utilisateurs peuvent voir comment les personnes qu’ils suivent vendent ou achètent des actions, devises, obligations et autres instruments de placement.

Tout comme sur Twitter et Facebook, les utilisateurs peuvent suivre le comportement des personnes qu’ils suivent, ce qui leur permet d’apprendre facilement les stratégies d’investissement gagnantes qu’ils peuvent appliquer à leurs propres comptes. « E-Toro a été un bon investissement pour nous », a déclaré Tu.

Il y a plusieurs mois, Ping-An a également investi dans un nouveau fonds parrainé par Carmel Ventures. Le Carmel Fund IV se concentre sur les entreprises de technologie à un stade précoce dans des secteurs à forte croissance dont des logiciels d’entreprise, l’infrastructure de centres informatiques, les big data, la cybersécurité, la technologie financière, les médias numériques et les applications grand public.

Carmel a commencé à investir dans le nouveau fonds en janvier 2014 et a investi dans PlayBuzz, LuckyFish et trois autres entreprises technologiques prometteuses à un stade précoce, ont indiqué les dirigeants du fonds.

Pour Tu, le succès de Carmel est pour son groupe un bon point d’entrée dans la technologie israélienne. « Carmel nous offre un accès fiable à l’innovation israélienne et nous sommes heureux d’avoir entrepris un partenariat avec eux. »

Le partenariat avec un fonds de capital-risque israélien donne à Ping-An un autre avantage, note Tu, en cela qu’il permet à son entreprise d’éviter le « cafouillage » culturel qui peut être un problème pour toute grande société cherchant à travailler avec des start-ups – a fortiori une grande société venant de Chine, où les codes peuvent être radicalement différents.

Selon Tu, « les fonds de capital-risque chinois sont les nouveaux enfants du quartier, et beaucoup ont du mal avec la culture israélienne d’entreprise. Pour faire des investissements réussis en Israël, vous devez comprendre la mentalité israélienne. Heureusement pour moi, je connais la mentalité et parle la langue de l’esprit d’entreprise, et je cherche en permanence à visiter Israël et à connaître plus de start-ups locales ».