Des experts rabbiniques et juridiques se sont réunis dimanche afin de trouver une formule juridique qui permettrait aux femmes de demander le divorce devant un tribunal juif – une tentative pour atténuer une pratique selon laquelle seul un homme peut délivrer un guet ou acte de divorce religieux.

Selon la loi juive, si un mari refuse de délivrer le guet à son épouse malgré sa demande, elle reste enchaînée au mariage – un statut connu en hébreu sous le nom de aguna – et ne peut pas se remarier religieusement, même si le couple est de facto séparé.

La réforme de l’enregistrement des mariages, proposée dimanche par Tzohar, une organisation de rabbins orthodoxes qui vise à rationaliser et à améliorer les services rabbiniques, marche sur la frontière mince entre les exigences pour instaurer des pratiques de mariage civil – actuellement inexistantes en Israël – et la conformité à la rigueur de la loi juive.

Le nouveau contrat de mariage, conçu en collaboration avec l’association du Barreau d’Israël, répond aux exigences rabbiniques et de la loi israélienne dans un but de mettre fin au phénomène des agounot.

« Personne ne mérite de rester enchaîné dans un mariage terrible avec un couteau sous la gorge », a déclaré le rabbin David Stav, le président de Tzohar.

« Cet accord peut et doit devenir la norme dans la société israélienne pour s’assurer que la fin d’un mariage et la séparation d’avec votre partenaire soient traitées avec respect et dignité », a-t-il dit.

Parce qu’en Israël, les événements du cycle de la vie comme les naissances, les décès et les mariages sont contrôlés par des tribunaux religieux qui fonctionnent sous l’autorité de l’Etat, la décision a des ramifications tant juridiques que civiles.

Religieuses ou non, les femmes qui ne divorcent pas par des tribunaux juifs restent légalement tenues par leur mariage selon le droit civil israélien.

« Si cet accord avait été disponible pour moi il y a quelques années, l’histoire de ma vie aurait probablement été très différente », affirme Dorit Stern, dont le divorce religieux a été refusé par son mari pendant six ans.

« Une personne qui est dans cette situation est coincée – ne peut pas progresser, ne peut pas se marier, ni avoir des enfants. La solution à ce problème existe et je suis si heureuse que quelqu’un se soit finalement levé et travaille sur la question. »