Le ministre de Logement Uri Ariel (Habayit Hayehudi) a expliqué mardi qu’il n’y aurait plus de gel des constructions des implantations en Cisjordanie ou à Jérusalem, selon les informations des médias au sujet de son allocution pendant Yom Yeroushalayim [Journée de Jérusalem].

« Il n’y aura qu’un Etat entre le Jourdan et la mer et c’est l’Etat d’Israël », a déclaré Ariel sur la place HaRav yeshiva de la capitale.

« Jérusalem ne sera pas à nouveau divisée, a-t-il ajouté. Il n’y a pas de gel des constructions et il n’y en aura plus, nous ne le permettrons pas. »

« Nous n’accepterons pas de retards ni de restrictions [sur la construction d’immeubles], pas à Jérusalem, pas en Judée ni en Samarie. »

Ariel, fondateur de plusieurs implantations, premier maire de l’implantation Beit El, et ancien chef du Conseil des implantations juives [Conseil de Yesha] pendant 10 ans, est un défenseur de longue date de la construction accélérée d’implantations et de l’annexion de la Cisjordanie.

L’opposition du parti Habayit Hayehudi à un gel des implantations a été un élément majeur dans le choix du Premier ministre Benjamin Netanyahu de libérer des prisonniers palestiniens dans le cadre de la reprise des pourparlers de paix avec les Palestiniens l’année dernière.

Cette tentative de neuf mois de conclure une paix qui a finalement échoué le mois dernier.

Uri Ariel a été élu au parlement en tant que numéro 2 de la liste Habayit Hayehudi, le parti nationaliste orthodoxe, juste après Naftali Bennett, le chef du parti.

Bennett souhaite voir Israël annexer 60 % de la Cisjordanie, désignée comme la zone C, où la plupart des habitants des implantations et relativement peu de Palestiniens vivent.

Ariel, de son côté, a dévoilé un plan en 2012 pour annexer toute la Cisjordanie, en donnant aux Palestiniens un statut de « résident permanent » sur le territoire étendu d’Israël et des droits complets de vote.

« Tous les Arabes de Judée et de Samarie qui sont intéressés à recevoir une citoyenneté israélienne complète auront la possibilité de le faire. Il y aura une période de cinq ans à l’issue de laquelle, comme aux Etats-Unis, ils passeront un test de citoyenneté et d’hébreu. Ils devront signer une déclaration de loyauté envers Israël. A la suite de cette procédure, ils auront le droit de vote à la Knesset, a suggéré Ariel.

Plusieurs députés d’extrême droite menés par Bennett se sont prononcés ces derniers jours en soutien à l’annexion de sites juifs et de blocs d’implantations juives en Cisjordanie. Ils travaillent à une loi sur ce sujet.

L’initiative correspond certainement à une réponse aux commentaires de Netanyahu de la semaine dernière lors d’un entretien avec Bloomberg. Le Premier ministre avait fait allusion qu’Israël pourrait prendre des actions unilatérales en réponse à l’échec des négociations avec les Palestiniens.

La déclaration a été interprétée par les députés comme un appel à l’annexion. D’autres membres du gouvernement plus pacifiques, dont Tzipi Livni, ont déclaré qu’il était temps de penser à un retrait unilatéral de certaines zones de la Cisjordanie.

Des sources proches de Netanyahu ont déclaré qu’il n’avait pas en tête de retraits unilatéraux des territoires.

Netanyahu a reconnu durant l’entretien que l’idée d’un retrait unilatéral de cette zone prenait de l’ampleur dans l’appareil politique. Il a néanmoins averti qu’Israël ne prendrait pas le risque d’un autre Gaza, conquis par le Hamas après le retrait unilatéral d’Israël.

« Beaucoup d’Israéliens se demandent si certaines démarches unilatérales pourraient théoriquement avoir du sens. Les gens reconnaissent également que le retrait unilatéral de Gaza n’a pas amélioré la situation ni fait avancer la paix, a-t-il déclaré. »