Moshe Yaalon a vilipendé lundi l’accord en preparation entre un Iran « messianique, apocalyptique » et les six puissances mondiales, en le qualifiant de « grand danger pour la paix du monde occidental » et de « danger pour la sécurité de l’Etat d’ Israël ».

Les contours de l’accord-cadre, actuellement négocié à Genève, permettraient à l’Iran d’enrichir de l’uranium à un taux limité, en échange d’un allègement progressif des restrictions.

L’agence Associated Press a rapporté lundi que « plusieurs fonctionnaires ont parlé de 6 500 centrifugeuses comme un point de compromis potentiel » et que « des contrôles stricts pourraient être mis en place pendant dix ans suivis par une levée graduelle sur cinq ans ».

L’assouplissement des contrôles pourrait voir l’Iran accroître le nombre de centrifugeuses pour ramener celui-ci vers les 10 000 qui sont actuellement en activité, selon l’agence de presse.

Les responsables israéliens ont longtemps soutenu que les dernières étapes de l’enrichissement d’uranium, nécessaires pour le combustible de qualité militaire, peuvent être effectuées dans des espaces petits et facilement dissimulables, augmentant le risque d’une avance iranienne secrète vers une pleine capacité nucléaire.

Au cours des dernières semaines, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu se prépare à s’exprimer contre l’accord devant les deux chambres réunies en Congrès, contre la volonté du président Barak Obama, des collaborateurs du Premier ministre israélien ont affirmé que Jérusalem était exclu de la boucle sur les détails des négociations.

Cette affirmation a été confirmée par un article du New York Times de la semaine dernière, dans lequel un fonctionnaire européen affirmait que la négociatrice en chef des Etats-Unis, Wendy Sherman, lui avait demandé de ne pas divulguer trop d’informations aux Israéliens parce que «les détails pourraient être déformés pour saper un accord ».

Des responsables de l’administration américaine ont par la suite reconnu publiquement que toutes les informations sur les négociations n’étaient pas mises à la disposition d’Israël.

Yaalon n’a pas cité de chiffres ou d’éléments précis. Il a cependant affirmé que l’Iran est le facteur central de déstabilisation dans la région et qu’il répand une terreur « débridée » à travers le monde.

Tout accord signé entre l’Occident et ce régime « apocalyptique messianique » nuira donc aux intérêts occidentaux et israéliens, a-t-il dit, « et permettra à l’Iran de se transformer en un État de seuil nucléaire et de poursuivre ses actions terroristes ».

Dans une pique manifeste à la politique d’Obama, Yaalon a déclaré que le régime de Téhéran « est le problème et non la solution ».

L’accord qui est actuellement en cours de construction – avec chaque pièce mobile risquant d’influencer une série d’autres pièces connexes – est « un mauvais accord », poursuit-il, celui qui va aider l’Iran à sortir « de sa situation financière et lui permettre de continuer à enrichir de l’uranium ».

Yaalon, un ancien chef d’état-major qui, en tant que membre du cabinet de sécurité, a différé avec Netanyahu le calendrier d’une éventuelle frappe militaire israélienne contre l’Iran, a déclaré que « nous ne transigerons pas sur la sécurité des citoyens d’Israël, agirons par tous les moyens, et parlerons partout des dangers qui nous menacent ».