10 ans de prison pour l’auteur des fausses alertes à la bombe de centres juifs
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10 ans de prison pour l’auteur des fausses alertes à la bombe de centres juifs

Le juge du tribunal de district de Tel Aviv a rejeté l'affirmation de la défense selon laquelle M. M., 20 ans, qui est atteint d'autisme, ne comprenait pas la gravité de ses actes

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

M., un Israélo-américain reconnu coupable d'avoir fait de fausses alertes à la bombe contre des centres communautaires juifs et d'autres cibles à travers le monde, arrive devant le tribunal de district de Tel Aviv le 22 novembre 2018 pour sa sentence. (Jacob Magid/Times of Israel)
M., un Israélo-américain reconnu coupable d'avoir fait de fausses alertes à la bombe contre des centres communautaires juifs et d'autres cibles à travers le monde, arrive devant le tribunal de district de Tel Aviv le 22 novembre 2018 pour sa sentence. (Jacob Magid/Times of Israel)

Le tribunal de district de Tel Aviv a condamné jeudi un homme israélo-américain, reconnu coupable d’avoir lancé des milliers de fausses alertes à la bombe contre des centres communautaires juifs américains et d’autres cibles dans le monde, à 10 ans de prison.

Le jeune homme de 20 ans, M., dont le nom complet est sous embargo en Israël, a été diagnostiqué autiste et souffre également d’une tumeur au cerveau qui, selon ses parents et son avocat, a entièrement affecté son comportement. Mais si le juge Tzvi Gurfinkel a reconnu l’état de santé de M., il a conclu qu’il était néanmoins responsable de ses actes et qu’il comprend la différence entre le bien et le mal.

La peine, qui inclut une amende de 60 000 shekels (15 000 euros), est de trois ans plus longue que les sept années demandées par l’accusation. Gurfunkel a statué que la peine de M. M. sera comptée à partir de son arrestation en mars 2017.

M. a été reconnu coupable en juin de centaines de chefs d’accusation d’extorsion, de publication de fausses informations qui ont provoqué la panique, d’infractions sur ordinateur et de blanchiment d’argent, entre autres accusations.

Les autorités affirment qu’il a passé des milliers d’appels de menaces, principalement vers des centres communautaires et des écoles aux États-Unis, de janvier à mars 2017, en utilisant un service d’appel en ligne qui lui a permis de dissimuler sa voix et son identité. Il a également ciblé des centaines de compagnies aériennes et d’aéroports, de centres commerciaux et de postes de police aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande, en Australie et en Grande-Bretagne, et a tenté d’extorquer le sénateur républicain Ernesto Lopez du Delaware.

Ses menaces ont entraîné des brouillages des communications d’avions de chasse, des largages de carburant et des atterrissages d’urgence, des évacuations d’écoles et de nombreuses autres conséquences désastreuses. Il a parfois menacé d’exécuter des enfants qu’il prétendait détenir en otage.

M. a admis avoir fait quelque 2 000 faux appels d’alerte à la bombe à des hôpitaux, des compagnies aériennes, des écoles et diverses institutions juives par ennui.

Les fausses alertes à la bombe, qui se sont produites au beau milieu d’une montée de l’extrême droite aux États-Unis, ont effrayé les communautés juives et fait craindre une montée de l’antisémitisme.

Son avocat a déclaré aux médias israéliens en juin qu’il avait tenté de se suicider au moins cinq fois en prison, depuis son arrestation en mars dernier. Plus tôt cette année, il a brièvement échappé à la surveillance de la police après une audience devant un tribunal de district de Jérusalem.

En plus d’être passible d’une longue peine d’emprisonnement en Israël, M. a été inculpé de crimes de haine par le ministère américain de la Justice, ce qui lui aurait valu une lourde peine de prison dans ce pays.

Le mois dernier, le tribunal de district de Tel-Aviv a émis une nouvelle série d’actes d’accusation contre M. M., l’accusant d’avoir lancé trois autres fausses alertes depuis la prison et d’avoir tenté de s’échapper de sa garde à vue.

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