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Séance houleuse à la commission des Arrangements

Les tensions entre les deux blocs, gagnant et perdant, ont été vives lors de la première réunion de la commission qui était présidée par le député du Likud, Yoav Kisch

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le député du Likud Yoav Kisch, deuxième à partir de la gauche, ouvrant la première réunion de la commission des Arrangements de la Knesset, à la 25e Knesset, le 16 novembre 2022. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)
Le député du Likud Yoav Kisch, deuxième à partir de la gauche, ouvrant la première réunion de la commission des Arrangements de la Knesset, à la 25e Knesset, le 16 novembre 2022. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)

Les législateurs devaient approuver mercredi la composition de la commission des Arrangements, qui devrait comprendre 10 membres de la coalition et neuf membres de l’opposition.

Selon la loi, la présidence de la commission doit revenir à un membre du parti du nouveau Premier ministre Benjamin Netanyahu. Elle sera assurée par le député du Likud Yoav Kisch.

En attendant la liste définitive de ses membres, le porte-parole de la commission a confirmé qu’elle devrait être composée des députés suivants :

Likud : Yoav Kisch, Shlomo Karhi, Amichai Chikli, Galit Distal Atbaryan, Ophir Katz

Yesh Atid : Merav Ben Ari, Boaz Toporovsky, Ron Katz

HaTzionout HaDatit-Otzma Yehudit : Yitzhak Wasserlauf, Simcha Rothman

HaMahane HaMamlahti : Michael Biton, Sharren Haskel

Shas : Michael Malkieli, Moshe Arbel

Yahadout HaTorah : Yaakov Asher

Yisrael Beytenu : Evgeny Sova

Raam : Walid Taha

Hadash-Taal : Ahmad Tibi

Avoda : Efrat Rayten

Les tensions entre les deux blocs gagnant et perdant ont été vives lors de la première réunion de l’influente commission des Arrangements de la Knesset, qui était présidée par le député Kisch.

Le député du Likud Yoav Kisch, à gauche, parlant au député du parti HaTzionout HaDatit, Itamar Ben Gvir, à la Knesset, à Jérusalem le 16 novembre 2022. (Crédit : Danny Shem Tov/Knesset)

« La politique est comme une grande roue en mouvement – parfois vous êtes en bas et parfois vous êtes en haut. Au cours de la dernière année et demie, nous étions en bas. Tout le monde se souvient de la façon dont nous avons été traités au cours de cette dernière année et demie… depuis, la roue a tourné », a déclaré Kisch.

En souhaitant la bienvenue à ses 18 collègues législateurs qui l’ont rejoint au sein de la commission, Kisch a déclaré : « Bonjour à mes collègues – certains sont des amis, d’autres ne le sont pas ».

Les propos prononcés par Kisch ont été constamment interrompus par les députés dont les formations vont rejoindre les rangs de l’opposition et notamment par la législatrice de Yesh Atid, Michal Shir.

« Bonjour et bienvenue à cette commission à laquelle, pendant un an et demi, vous avez refusé de venir », a hurlé Shir – qui avait rejoint Yesh Atid après avoir été élue sous l’étiquette du parti Tikva Hadasha – à l’intention des députés du Likud.

La députée Michal Shir s’exprime lors d’une réunion de la commission du Travail et des Affaires sociales à la Knesset, le 20 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« De quel parti êtes-vous déjà ? » a répondu la députée du Likud, Galit Distal Atbaryan.

En entrant dans la réunion, le leader de la faction Yesh Atid et chef sortant de la coalition, Boaz Toporovsky, a dit qu’il espérait que le bloc de Netanyahu (droite, religieux et extrême-droite) ne cherchera pas à imposer des changements de commission au bloc perdant.

« Nous voulons que cette Knesset soit respectueuse et nous en ferons partie », a déclaré Toporovsky.

« C’est une bonne chose d’avoir le sens de la plaisanterie », a répondu Kisch, qui avait accepté, en amont, des changements effectués « dans le cadre d’un accord ».

La commission des Arrangements est chargée de l’établissement des structures des commissions de la 25e Knesset. La répartition des partis dans la commission a été approuvée par le plénum de la Knesset mercredi par 47 voix contre 1.

Le Premier ministre Yair Lapid, à droite, et le ministre de la Défense Benny Gantz lors d’une cérémonie commémorative officielle en hommage aux soldats tombés au combat lors de la guerre du Kippour, dans la salle commémorative du cimetière militaire du mont Herzl, le 6 octobre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

De son côté, le parti HaMahane HaMamlahti a critiqué le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, pour son contrôle exercé sur les partis d’opposition qu’il est censé représenter en tant que chef de l’opposition.

Une source anonyme du parti HaMahane HaMamlahti a déclaré aux journalistes que le parti « continuera à faire ce qui est bon pour le pays d’une manière objective et non d’une manière qui sert exclusivement les besoins de Lapid, dont nous avons déjà vu les résultats ».

Le bloc idéologiquement hétéroclite de Lapid a perdu face aux 64 sièges remportés par le nouveau probable Premier ministre Netanyahu lors des élections législatives du 1er novembre.

« Lapid a prouvé qu’il n’a aucune capacité à diriger l’opposition ou la coalition ; mais nous ne l’avons toujours pas entendu assumer la responsabilité de ses échecs », a déclaré une source du parti HaMahane HaMamlahti. « Lui et les siens font ce qu’ils font le mieux – calomnier les autres », a ajouté la source dans une déclaration relayée par différents médias israéliens.

Peu après la prestation de serment de la nouvelle Knesset mardi, Lapid a réuni le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Gantz, le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, la cheffe du parti Avoda, Merav Michaeli, et le dirigeant de Raam, Mansour Abbas, pour ce que son bureau a appelé « une réunion des dirigeants des partis de la coalition sortante ».

Le député Hadash-Taal, Ahmad Tibi, a rencontré séparément le leader de la faction Yesh Atid, Boaz Toporovsky. Hadash-Taal n’est pas aligné sur le bloc dirigé par Lapid, mais a la volonté d’être un parti d’opposition engagé.

« Avec tout le respect que je dois à Yesh Atid, je n’ai aucune dette à votre égard », a déclaré Tibi.

« Vous avez organisé une réunion des leaders de l’opposition. Quelqu’un vous a-t-il obligé à ne pas nous y convier ? En conséquence, est-ce que je vous dois quelque chose ? Je refuse catégoriquement de vous rencontrer pour une réunion de coordination », a ajouté Tibi, faisant référence à la réunion de mardi.

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