3 suspects français arrêtés à Netanya pour avoir usurpé l’identité de Le Drian
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3 suspects français arrêtés à Netanya pour avoir usurpé l’identité de Le Drian

D'après une source proche de l'enquête, ils auraient usurpé l'identité du ministre des Affaires étrangères pour escroquer leurs victimes françaises de plusieurs millions d'euros

Une photo prise le 26 mars 2018 montre le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian (C) sur le mont Scopus surplombant Jérusalem lors de sa visite en Israël et dans les territoires palestiniens. (Crédit : AFP / Ahmad GHARABLI)
Une photo prise le 26 mars 2018 montre le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian (C) sur le mont Scopus surplombant Jérusalem lors de sa visite en Israël et dans les territoires palestiniens. (Crédit : AFP / Ahmad GHARABLI)

Ils auraient usurpé l’identité du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian pour escroquer leurs victimes françaises de plusieurs millions d’euros: trois personnes ont été arrêtées fin février en Israël, a-t-on appris jeudi de source proche de l’enquête.

Le coup de filet des policiers israéliens s’est déroulé le 26 février à Netanya, dans la banlieue de Tel-Aviv, a affirmé cette source qui a salué « la très bonne coopération entre les autorités françaises et israéliennes » dans une affaire jugée « emblématique ».

Selon la source confirmant une information du journal Le Parisien, ce trio de Franco-israéliens s’inspirait d’une arnaque qui avait déjà visé Jean-Yves Le Drian en 2015 alors qu’il était ministre de la Défense sous le président socialiste François Hollande.

Ce genre d’escroquerie, dite aux « faux ordres de virement » (Fovi) ou « fraude au président », est un classique où les malfaiteurs se font généralement passer pour le patron d’une entreprise pour se faire transférer de grosses sommes d’argent par des collaborateurs.

Agés de 37 à 47 ans, les trois suspects auraient usurpé depuis l’automne 2018 l’identité du ministre des Affaires étrangères ou de son chef de cabinet pour soutirer à des hommes d’affaires ou des personnes réputées fortunées d’importantes sommes d’argent.

Pour convaincre leurs proies, ils affirmaient que ces fonds serviraient à libérer des otages français en toute discrétion pour ne pas contrevenir à la ligne officielle de Paris qui consiste à ne pas verser de rançon.

Coups de téléphone, courriels, conversations via Skype mettant en scène un faux ministre: le scénario de l’arnaque reprenait un modus operandi déjà utilisé par d’autres escrocs dans un passé récent.

En juillet 2015, les ministères français de la Défense et des Affaires étrangères avaient d’ailleurs déjà signalé de tels faits au parquet de Paris. L’enquête avait été confiée à l’Office central de répression de la grande délinquance financière également à la manœuvre, côté français, dans cette nouvelle affaire.

Multipliant les tentatives, cette nouvelle équipe d’escrocs a réussi à flouer une victime et à la délester de quelque 8 millions d’euros qui ont transité sur des « comptes-rebonds » en Europe puis en Asie avant de s’évaporer en partie dans le maquis des circuits financiers opaques.

Alors qu’ils s’apprêtaient à escroquer une nouvelle proie, les policiers spécialisés français ont décidé d’accompagner la victime ciblée par le trio de malfaiteurs pour non seulement déjouer l’arnaque mais aussi remonter leur piste. Celle-ci a abouti à la banlieue de Tel Aviv.

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