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3e jour de recherches du terroriste qui a tué la soldate Noa Lazar, inhumée hier

Des centaines de personnes ont assisté à ses obsèques ; son commandant a rappelé qu’elle avait participé à déjouer de nombreux attentats terroristes durant son service

La sergente Noa Lazar, tuée au cours d'un attentat à l'arme à feu à Jérusalem-Est le 8 octobre 2022. (Crédit : Armée israélienne)
La sergente Noa Lazar, tuée au cours d'un attentat à l'arme à feu à Jérusalem-Est le 8 octobre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

La soldate abattue à un poste de contrôle de Jérusalem-Est par un tireur palestinien, au cours du week-end, a été inhumée lundi soir, alors que la chasse à l’homme pour retrouver le suspect entrait dans son troisième jour.

La sergente Noa Lazar, 18 ans, a été inhumée dans un cimetière de Kfar Yona, près de sa ville natale de Bat Hefer, dans le centre d’Israël.

Des centaines de parents et amis ont assisté à la cérémonie, en fin de soirée, qui s’est tenue dans la plus stricte intimité.

La famille a attendu le retour des grands-parents de la défunte, à l’étranger au moment de la tragédie, pour organiser les obsèques lundi soir, après le premier jour de la fête de Souccot.

À notamment pris la parole, lors des obsèques, Hagai Sin Itzik, le chef du bataillon Erez de la police militaire dans lequel Lazar servait.

« Malgré les difficultés, tu n’as jamais reculé. Tu as rapidement compris l’importance de ce travail, que tu as fait avec beaucoup de sérieux, dévouement et professionnalisme », a déclaré Itzik, selon des informations obtenues par le site d’information Ynet.

« Nous avons été impressionnés par la rapidité avec laquelle tu as appris et intégré les informations et nous avons appris à te faire confiance. Tu as réussi à déjouer des attentats terroristes et contribué de manière significative à renforcer la sécurité du pays et de ses citoyens », a poursuivi son commandant.

« En peu de temps, tu es devenue une figure connue et reconnue de tous au sein de l’unité. Tu étais aimée, entourée, pleine de joie et ton rire était contagieux. Tu as eu une influence sur nous tous. »


 
Amis et connaissances de Lazar ont écrit leur peine en apprenant la nouvelle de sa mort, dimanche matin.

« C’était une fille merveilleuse, brillante, souriante, drôle, belle et tellement gentille », se souvient Lihi Avizohar, qui a connu Lazar grâce aux scouts de Bat Hefer, près de Netanya.

Un autre ami a écrit : « Mon bel ange, je refuse de croire la nouvelle. Je t’aime. Tu es ma meilleure amie. J’ai le cœur brisé. »

La présidente du Conseil régional d’Emek Hefer, Galit Shaul, a évoqué une « matinée douloureuse et difficile pour Emek Hefer » et offert tout son soutien à la famille et aux amis de Lazar.

Lazar a été abattue samedi soir par un homme armé qui a ouvert le feu à un poste de contrôle, à proximité du camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem-Est.

Un garde civil israélien a également été visé et a été hospitalisé dans un état grave.

Lazar, transportée d’urgence à l’hôpital, a succombé à ses blessures peu de temps après son admission.

Le tireur présumé est présenté par les médias israéliens comme étant Udai Tamimi, un jeune homme âgé de 22 ans vivant dans le camp de réfugiés de Shuafat.

Udai Tamimi, 22 ans, originaire du camp de réfugiés de Shuafat, est le tireur présumé de l’attentat meurtrier du 8 octobre 2022, au cours duquel une femme soldat a été tuée à bout portant à un poste de contrôle près du camp de Jérusalem-Est. (Crédit : Photo utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Les autorités israéliennes sont toujours à la recherche de Tamimi, ce mardi matin, avec le renfort de nombreux policiers, soldats et agents des services de sécurité du Shin Bet.

Le suspect aurait semble-t-il réussi à retourner dans le camp de réfugiés après les faits, a indiqué la police.

Au moment des faits, Tamimi est nonchalamment descendu d’un véhicule blanc arrêté au poste de contrôle, avant de s’approcher d’un groupe de soldats sur lequel il a ouvert le feu à bout portant.

La vidéo de l’incident, publiée dimanche, permet de voir deux soldats, à terre après la fusillade, et d’autres, tenter de se protéger en se jetant au sol. On voit le tireur continuer de tirer sur une personne déjà à terre avant de s’enfuir, manifestement après que son arme se soit enrayée.

Selon une information du site Ynet, les premiers éléments de l’enquête auraient révélé que la fusillade avait eu lieu au moment où s’effectuait le changement d’équipe, moment sensible en termes de sécurité qui requiert normalement une procédure spéciale pour garantir la sécurité des personnels.

L’incident devrait entraîner le licenciement de certains des commandants, a indiqué Ynet.

Quatre personnes, soupçonnées d’avoir joué un rôle dans cet attentat, ont été interpellées dans la nuit de samedi à dimanche et resteront en détention jusqu’au 16 octobre au moins, le temps que l’enquête se poursuive, a précisé un communiqué de la police.

Selon les médias israéliens, la mère, le père et le frère du suspect ont également été arrêtés.

Le frère a été interrogé par les autorités israéliennes, tout comme le conducteur du véhicule d’où Tamimi est sorti, a précisé Ynet.

Le conducteur et trois autres passagers du véhicule nient avoir eu connaissance des intentions de Tamimi, a rapporté Haaretz.

L’accès au camp de réfugiés de Shuafat et à d’autres zones de Jérusalem-Est a été fortement limité pour les besoins des recherches.

Les forces de l’ordre qui ont pénétré dans Shuafat, dimanche, ont fait face à des dizaines de Palestiniens qui leur ont lancé des pierres et des feux d’artifice, a indiqué la police, vidéo à l’appui.

Les affrontements ont repris lundi, tandis que les autorités tentaient de retrouver Tamimi dans le secteur de Shuafat.

Les forces de l’ordre israéliennes sur les lieux d’une fusillade survenue à un poste de contrôle, aux abords du camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem-Est, le 8 octobre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La fusillade de samedi est le dernier incident en date d’une série qui témoigne du regain de violence qui frappe la Cisjordanie.

Israël mène des opérations nocturnes en Cisjordanie depuis une série d’attentats terroristes contre des Israéliens, au printemps, qui a occasionné la mort de 19 personnes.

Les tirs israéliens ont tué une centaine de Palestiniens depuis le debut de ces opérations, ce qui en fait l’année la plus meurtrière dans ce territoire depuis 2015. L’armée israélienne assure que la plupart des victimes étaient membres de groupes terroristes ou des émeutiers qui mettaient en danger la vie des soldats.

Ces derniers mois, des hommes armés palestiniens ont pris pour cible des postes militaires, des soldats déployés le long de la barrière de sécurité en Cisjordanie, des implantations israéliennes ou des civils sur les routes.

Lors d’opérations menées en Cisjordanie tôt ce mardi, 10 Palestiniens ont été interpelés et plusieurs armes à feu ont été saisies, a indiqué Tsahal.

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